L'opposition régionale lance son projet pour 2021

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De g. à d. : Jean-François Fons, Fatima Dahine, Christophe Rivenq, Stéphan Rossignol et Joseph Francis
De g. à d. : Jean-François Fons, Fatima Dahine, Christophe Rivenq, Stéphan Rossignol et Joseph Francis (Crédits : Anthony Rey)
Emmenés par le président du groupe UEDC à la Région, Christophe Rivenq, six élus ont présenté, le 28 septembre à Montpellier, le processus qui portera l'opposition vers des États généraux et l'écriture d'un projet pour les élections de 2021. Faisant le bilan de 18 mois de présidence de Carole Delga, ils l'accusent d'effacer tous les marqueurs frêchistes de la politique menée par l'ex-Région Languedoc-Roussillon.

Six élus siégeant, au Conseil régional, dans le groupe Union des Élus de la Droite et du Centre (Fatima Dahine, Jean-François Audrin, Jean-François Fons, Joseph Francis, Stéphan Rossignol et le président du groupe, Christophe Rivenq) viennent de présenter la feuille de route de l'opposition d'ici les prochaines élections régionales*, en 2021. Après un séminaire qui réunissait l'ensemble des élus UEDC, les 22 et 23 septembre à Tarbes (65), le schéma suivant a été défini : une tournée des départements sera organisée avant la fin 2017 afin de préparer, d'ici deux à trois ans, des États généraux.

L'UEDC a "l'Occitanie au coeur"

Sur un rythme mensuel, la tournée des départements, qui visitera également des communes et les chambres consulaires, permettra de collecter les avis des acteurs concernés. Puis, les futurs États généraux, baptisés "L'Occitanie au coeur", suivront et déboucheront sur l'écriture d'un nouveau programme politique.

"Nous voulons travailler à l'alternance politique de 2021 en lançant, d'abord, un programme régional, explique Christophe Rivenq. Nous allons le co-construire avec les territoires car la région est si vaste et les solutions si diverses qu'elles ne sont pas les mêmes à Cahors et à Montpellier."

En outre, les six élus UEDC, après avoir rappelé que le groupe a observé une certaine neutralité (ou approche "constructive", désormais baptisée "positive") le temps que le nouveau Conseil régional Occitanie se mette en route, a dressé un premier bilan après dix-huit mois de présidence par Carole Delga (PS). D'après eux, une recomposition politique au sein de la Région semble inévitable avant la fin de la mandature.

"La majorité régionale est instable, avec une aile gauchisante extrême où Gérard Onesta (ex-candidat EELV aux régionales de 2015, actuel président du bureau de l'assemblée à la Région, NDLR) menace régulièrement de ne pas apporter les 10 ou 15 voix nécessaires à Carole Delga pour avoir une majorité, commente Stéphan Rossignol. Cela ne pourra pas durer longtemps comme ça."

La fin du frêchisme

Sur le plan économique, le groupe UEDC dénonce une gestion peu claire ("Personne ne connaît le coût d'une assemblée délocalisée de Toulouse vers Montpellier") et un déséquilibre au coeur de la politique régionale ("Le prisme toulousain a tendance à tout absorber, Montpellier est clairement perdante"). Plus précisément, il accuse Carole Delga d'en finir avec les politiques impulsées depuis l'ex-Languedoc-Roussillon.

"LoRdi est désormais placé sous condition de ressources, et aura totalement disparu dans un an. Le TER à un euro représente moins de 2 % du trafic régional, et n'a pas été étendu à l'ex-Midi-Pyrénées. Les PRAE (parcs régionaux d'activités économiques, NDLR) sont à moitié vides et la Région réfléchit à diluer leur gestion avec les territoires et les EPCI. Autrement dit, Carole Delga est train de supprimer les marqueurs forts du frêchisme régional", juge Christophe Rivenq.

Sur le dossier chaud de la LGV Montpellier-Perpignan (LNMP), le groupe UEDC dénonce la "brutalité" des annonces d'Emmanuel Macron, qui évoque un gel possible des projets en cours, et réclame une union de tous les élus régionaux sur la question. Il propose des solutions de financement alternatives au cas où l'État confirmerait son retrait financier de la LNMP.

"Sur un projet à 5 Mds €, la Région veut investir 300 M€ mais ne pourra pas porter le dossier seule, estime Joseph Francis. Ces 300 M€ sont donc une base pour aller chercher d'autres financements, mais uniquement à la condition d'inscrire la LNMP dans un projet structurant, qui reposerait lui-même sur des filières d'excellence régionales. Par exemple, c'est un projet utile pour le fret (la LNMP est une LGV mixte voyageurs/fret, NDLR), ce qui supposera d'autres aménagements sur la future gare de la Mogère. Il serait aussi possible de faire un emprunt et  louer des services à la SNCF pour rembourser la différence sur trente ou quarante ans. L'emprunt est mauvais quand il sert à financer du fonctionnement, comme le fait l'État, mais jamais pour investir. Les solutions existent, il y a des milliards disponibles."

  * : les municipales, initialement prévues en 2020, pourraient être décalées d'un an et regroupées avec les autres élections locales (régionales, départementales) de 2021, selon un scénario à l'étude au Parlement.

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