InSpace, l’institut des applications spatiales, officiellement lancé à Toulouse

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Philippe Escudier, président du directoire d'InSpace
Philippe Escudier, président du directoire d'InSpace (Crédits : Alexandre Léoty)
InSpace, l’institut des applications spatiales, cofinancé par l’État et la Région Midi-Pyrénées, a été officiellement lancé ce mercredi 29 avril à la Cité de l’espace, à Toulouse. La mission de cette nouvelle structure : faire remonter les besoins du marché, et notamment ceux des collectivités, et favoriser la diffusion des applications spatiales par le biais d’expérimentations de terrain.

Le petit monde du spatial midi-pyrénéen s'est rassemblé aujourd'hui 29 avril à la Cité de l'Espace, à Toulouse, à l'occasion du lancement officiel de l'Institut des applications spatiales, InSpace. Une association qui compte parmi ses membres fondateurs les deux géants du marché - Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space - ainsi qu'une trentaine d'acteurs régionaux du secteur. Sa mission : favoriser la diffusion des applications terrestres du spatial, notamment par le biais d'expérimentations de terrain.

Pour Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées, cette nouvelle structure a toute sa place dans le paysage régional.

"Nous avons la chance fabuleuse de compter dans notre territoire un quart des effectifs européens et la moitié des effectifs nationaux de l'espace, se réjouit-il. Les usages des applications spatiales vont aller en se multipliant, que ce soit dans les domaines de la météo, de la climatologie, de la géolocalisation ou même de la silver économie. Ce marché a de beaux jours devant lui. Et nous pouvons faire de la nouvelle grande région l'un des leaders, si ce n'est le leader européen du secteur."

Un avis partagé par Pascal Mailhos, préfet préfigurateur de la nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, qui rappelle que le marché global des applications spatiales est estimé à 100 milliards de dollars pour les trois années à venir. "L'écosystème de Languedoc-Roussillon peut permettre de trouver de nouveaux usages aux applications spatiales développées en Midi-Pyrénées", assure-t-il.

Tout en posant une équation : "La construction spatiale représente 12 000 emplois dans la région, mais le secteur des applications seulement 2 000. Tout reste donc à imaginer."

Déployer les solutions sur le terrain

C'est justement tout l'enjeu d'InSpace, qui permet à la fois aux collectivités de faire remonter leurs besoins et aux entreprises du secteur spatial de déployer leurs solutions dans des territoires pilotes. "Deux missions qui ont du sens à être menées conjointement", estime Pascal Mailhos. "Bien sûr, prévient Bernard Plano, président du conseil de surveillance d'InSpace, nous n'allons pas capter l'ensemble du marché des applications spatiales. Mais nous pouvons faire beaucoup mieux qu'aujourd'hui." Avec une ambition : qu'InSpace devienne à terme, dans les deux à trois ans, une société indépendante. "Avec ses produits et son chiffre d'affaires", prévoit Bernard Plano.

Pour Philippe Escudier, président du directoire de l'institut, il y a clairement "la place pour développer des solutions astucieuses adaptées à des besoins spécifiques. C'est un potentiel qui n'est pas encore exploité."

Pour faire rencontrer les usages avec les solutions portées par les sociétés régionales, InSpace s'appuie sur des expérimentations grandeur nature.

"Pour les entreprises, ce sont de premières références, un support de développement commercial, assure Philippe Escudier. Et pour les collectivités, ce sont des solutions adaptées à leurs besoins réels."

Des besoins qui peuvent être de toute nature. Comme ceux exprimés par la communauté de communes du Bassin de Decazeville-Aubin, territoire pilote qui accueille justement l'une de ces expérimentations. "Plusieurs applications sont testées, explique André Martinez, président de la collectivité aveyronnaise. L'une d'entre elles concerne la gestion des déchets, avec le contrôle en temps réel du déplacement des véhicules de collecte, mais aussi du stockage." Cette expérimentation, menée avec la société Novacom Services, basée à Ramonville-Saint-Agne, vise à "optimiser les flux et améliorer les conditions d'exploitation". La collectivité travaille par ailleurs sur les questions de prévention des risques miniers et des risques d'inondation, en s'appuyant là encore sur des applications spatiales.

Autre expérimentation, celle menée dans le Piémont pyrénéen dans le champ de la e-santé. "Notre territoire souffre d'une problématique de désertification en matière de médecine, regrette Josette Durrieu, sénatrice des Hautes-Pyrénées. En partant de nos besoins, de ceux exprimés par la population, nous avons décidé d'expérimenter des solutions liées à la téléradiologie sur sites fixes, à la télémédecine pour les maisons de santé, aux objets connectés, mais aussi à la télé-échographie au bénéfice de la médecine pénitentiaire." D'autres champs d'application, comme la gestion des ressources naturelles, l'e-éducation, la mobilité urbaine et même le tourisme, peuvent par ailleurs bénéficier des innovations spatiales portées par les entreprises de la région.

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