L’Occitanie est-elle sur la carte de France de François Fillon ?

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(Crédits : Hermès Court de Béru)
Le candidat des Républicains à l’élection présidentielle souhaite revoir la délimitation des régions appliquée depuis le 1er janvier 2016 dans le cadre de la réforme territoriale. Parmi les cibles de cette révision figure l’Occitanie. Yves d’Amécourt, porte-parole national de François Fillon, précise le projet du candidat.

« Parmi les nouvelles régions, certaines sont équilibrées, nous les conserverons, certaines sont notoirement trop vastes. Il faudra les réduire. » Tel est l'un des points du programme de François Fillon. Et parmi lesdites régions « trop vastes » figurent l'Occitanie.

« Il faudra revoir le redécoupage des plus grandes régions et cela concerne notamment la Nouvelle-Aquitaine, l'Auvergne-Rhône-Alpes et l'Occitanie », confirme Yves d'Amécourt, porte-parole national de François Fillon délégué aux territoires, contacté par Objectif Languedoc-Roussillon le 12 décembre.

Cette révision vise à « revoir le découpage à la marge, en bordure des régions », c'est-à-dire les territoires qui se trouvent en position excentrée par rapport aux nouveaux centres de décision.

A priori, rien de nouveau

Dans le cas de l'Occitanie, Yves d'Amécourt cite le cas du Gard où « les gens se sentent divisés entre l'Occitanie et Paca ». Mais l'élu girondin évoque également les Pyrénées-Orientales « où les gens se posent des questions » et le Gers.

Sous cet angle, la proposition de François Fillon ne bouleverse pas la réforme territoriale engagée en janvier 2014 par François Hollande : la loi procédant au redécoupage des régions prévoit une disposition qui permet à un département de quitter une région pour une autre dans certaines conditions.

« Un département et deux régions contiguës peuvent demander, par délibérations concordantes de leurs assemblées délibérantes, adoptées à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, une modification des limites régionales visant à inclure le département dans le territoire d'une région qui lui est limitrophe », indique le texte de la loi n°2015-29 du 16 janvier 2015 (article 3-I-2°).

Les départements consultés

Néanmoins, sous l'impulsion d'une volonté politique en faveur d'un nouveau redécoupage des régions, ces modifications « à la marge » pourraient prendre une toute autre dimension. Davantage proactif que le texte législatif, François Fillon envisage d'organiser des consultations sur le territoire.

« Nous prendrons le contre-pied de la démarche de François Hollande en consultant les élus du territoire et notamment ceux des départements », précise Yves d'Amécourt. Le calendrier sur ce sujet n'est pas encore défini mais l'objectif sera de mettre en évidence le sentiment des départements vis-à-vis de leur appartenance aux différentes régions.  »

Ce débat pourrait faire émerger des velléités d'indépendance dans des départements  qui ne sont pas limitrophes d'une autre région. En d'autres termes et dans le cas de l'Occitanie, ce n'est pas seulement le Gard qui pourrait soulever la question d'un départ d'Occitanie mais aussi certains élus héraultais désireux de retrouver leur place centrale dans l'ancienne région Languedoc-Roussillon. D'ailleurs, Philippe Saurel, le maire et président de la Métropole de Montpellier s'est récemment exprimé dans ce sens dans la presse régionale.

Retour vers le Languedoc-Roussillon ?

Sous cet angle, le projet de François Fillon ne serait pas qu'une évolution « à la marge » qui maintiendrait constant le nombre de région car il occasionnerait la renaissance d'ancienne région.

Interrogé sur cette perspective, Yves d'Amécourt botte en touche mais laisse entrevoir la possibilité qu'une région Languedoc-Roussillon renaisse de ses cendres.

« Je ne suis pas sur place, indique-t-il. Tout dépendra de la volonté des territoires de revenir au Languedoc-Roussillon ou pas. Il faut s'affranchir des raisonnements purement politiques. La question à se poser est "Où sont les métropoles ?" car une région s'organise à partir d'elles. Une région où coexistent deux métropoles crée de la concurrence. Ce n'est ni bénéfique pour le territoire, ni cohérent. Il faut construire des régions autour d'une ville à vocation métropolitaine. »

Une fusion départements/région ?

Une troisième voie est également proposée par l'équipe de campagne de François Fillon aux départements ambivalents sur leur appartenance régionale.

« Il est possible de transformer les Départements en établissements publics sous responsabilité de la Région afin de conserver de la proximité, indique Yves d'Amécourt. Il y a des nombreuses organisations possibles. »

Quoiqu'il en soit, ce projet est porté par une autre ambition, celle de fusionner les départements et les régions afin de réduire le nombre d'échelons administratif. Le candidat à la présidentielle souhaite la création d'un statut de conseiller territorial unique (déjà créé en 2010 puis abrogé par François Hollande).

« Les économies permises par une telle fusion  ne sont pas encore chiffrées, commente le porte-parole. Cela permettrait tout de même de passer de 6 000 à 3 000 élus. François Fillon met en place actuellement les groupes de travail destinés à préciser son projet. »

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Commentaires
a écrit le 16/12/2016 à 15:00 :
Il est manifeste qu'à l'exception du nord audois, la mayonnaise ne prend pas entre l'ex-Languedoc-Roussillon et l'ex-Midi-Pyrénées. On se situe plus sur le terrain de la compétition que de la collaboration entre les deux territoires. Et puis ce n'est pas la même culture, la même histoire, la même organisation de l'espace. D'un côté, Toulouse qui écrase tout Midi-Pyrénées par sa puissance économique. De l'autre, en Languedoc-Roussillon, un chapelet de villes tournées vers la méditerranée. La région unique avec deux métropoles et 13 départements n'était pas la bonne option. Le retour à une région Languedoc-Roussillon serait plus en accord avec la sensibilité des territoires. Le partenariat récemment affiché entre la métropole de Montpellier, les agglos de Sète, Nîmes et Alès est déjà un signe favorable à ce retour d'une région Languedoc-Roussillon. Son rétablissement aurait aussi l'avantage de rétablir une référence à l'identité catalane particulièrement méprisée par la réforme territoriale Hollande-Valls et la majorité PS-EELV.
a écrit le 15/12/2016 à 12:59 :
Bonjour les commentateurs,
je me rappelle de la suffisance des socialistes après la décision de supprimer l'Alsace "de toute façon, vous ne reviendrez pas dessus". Et bien peut-être que le mépris des socialistes pour les régions à forte identité sera corrigé. Il est évident que des régions sans cohérence comme N.A. ou Grand Est ne veulent rien dire. Par contre pour les Bretons le retour au pouvoir de l'ancien premier ministre de Sarkozy risque de faire très mal, puisque celui-ci avec son bras droit Mr Retailleau est favorable à la suppression de la Bretagne et la création d'un ensemble technocratique dit "Grand Ouest ", un peu sur le modèle PDL. En arrière pensé est peut-être de justifier le bétonnage des 2000 ha de bocage préservé à NDDL ( comme aéroport régional) , mais surtout de tordre le cou à la réunification du Val-de-loire qui menace PDL.
Dans tous les cas, une nouvelle réforme territoriale en cas d'alternance est inévitable.
Bon courage aux alsaciens.
a écrit le 15/12/2016 à 0:07 :
A quoi vous vous attendiez avec Fillon?
C'est un homme du passé. Il va vouloir supprimer les régions parce que c'était bien mieux quand il n'y avait que des départements. Il va rétablir la dîme et nous gouverner depuis son château familial entre deux séances de photo pour Point de Vue.
a écrit le 14/12/2016 à 16:07 :
Je suis émerveillé par les commentaires !
Le représentant du candidat ouvre un dialogue sur le fond,
Pour préparer des mesures qui seront soumises au vote des citoyens concernés et cela ne satisfait pas les démocrates !
Comparez donc avec la démarche du flou imposé...
Partons du principe que le prochain élu sera démocratiquement habilité à conduire cette évolution des régions et départements comme prévu.
Un avis individuel n'a pas valeur de loi tant qu'il n'est pas devenu
majoritaire, restons modeste et démocrate...et respectons ceux qui se soumettent aux verdict des citoyens.
a écrit le 14/12/2016 à 4:18 :
Le filou est un petit technocrate. Un politicard sans envergures. Il ne sera pas elu. Ca c'est certain et pourtant il continue de croire qu'il sera en haut de l'affiche. Son socle electoral est ridicule. La droite en France est stupide de croire en ce type.
a écrit le 14/12/2016 à 1:42 :
Oui certaines regions sont trop grosses, comme nlle aquitaine, occitanie ou rhone alpes auvergne, il faut revenir a des regions de 4 ou 5 départements puis supprimer les departements.
a écrit le 14/12/2016 à 0:00 :
Il n'y aura pas d'économies.
Peut être 3000 élus en moins mais les 3000 restant seront payés plus puisque l'indemnité varie en fonction de la population, donc avec les mega régions, les rescapés pourront voir leur indemnités quasiment doublées

Ensuite il faudra bien que les charges accomplies actuellement par les départements soient pris en charge par les conseils régionaux. On rebaptisera les agents, mais il faudra en garder la grande majorité. Idem pour les locaux.

Il suffit de voir la gabegie engendrée par la fusion des régions pour comprendre qu'on ne fera pas d'économies.

Les frais de transport et d'hotellerie ont explosés. Dans la région Grand Est certains élus ont 4h de route avant de pouvoir rejoindre le siège de Strasbourg, et je pense que c'est pareil ailleurs. Il a fallu adapter des locaux, en déménager d'autres, et finalement en construire.
Les méga régions sont une énorme bétise. Les élus doivent maintenant prendre des décisions concernant des territoire qu'ils ne connaissent pas.
Autre effet indésirable, certaines régions vont avoir un pouvoir supérieur à celui de l'état central, ce qui va de facto transformer notre pays en une fédération.

Il eut fallu fusionner régions et départements dans l'ancienne configuration. Ca aurait un sens et les limites des régions étaient rentrées dans les têtes et les moeurs. Fusionner maintenant c'est créer un gigantesque b...l.

Et si en plus on veut toucher aux imites de régions alors que les administrations viennent à peine de se mettre à jour (et ca a un cout non négligeable), c'est le ponpon...
a écrit le 13/12/2016 à 21:34 :
Le Conseiller de Canton de terrain et de proximité, que chacun connait, et qui connait la vraie vie : élu sur son nom, doit Sièger à la Région, l'assemblée départementale donc ainsi supprimée. et l'irresponsable-planqué-militant, ACTUEL conseiller Régional, que personne ne connait 2600 eur/Mois pour un minimum d'assiduité de deux plénières, SUPPRIMé.
a écrit le 13/12/2016 à 20:49 :
Encore des décisions prises par des politiques en fonction de leurs plans de carrière en dehors de la volonté des habitants : la fusion des départements avec les régions est une aberration : autant elle peut se concevoir pour les "départements" de la couronne parisienne de création récente, autant le département reste une réalité têtue dans le reste de la France : que M. Fillon se le dise, la distance géographique d'un point à un autre d'un département existe bel et bien et ce n'est ni un décret ni une loi qui pourra la rayer. Il faudrait que ces politiques cessent de se comporter comme des petits seigneurs des lieux à la tête de leurs féodalités.
a écrit le 13/12/2016 à 20:02 :
Quel idiot je savait pas que c'etait a ce point, les Pyrénées orientales doit rejoindre l'Espagne pendant qu'on y est, quel idiot, il ne sera jamais président !

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