« Centrer nos recrutements sur la diversité est une création de valeur » (Xavier Tabary, Sanofi Montpellier)

INTERVIEW – Le groupe pharmaceutique français Sanofi a lancé une tournée nationale de recrutement dédiée aux jeunes et à l’alternance. Alors qu’il compte deux sites en Occitanie-est, à Montpellier (34) et Aramon (30), la manifestation "Place d’avenir" avait lieu le 17 mai à Montpellier, l’occasion d’y croiser le directeur du site, Xavier Tabary.
Cécile Chaigneau

5 mn

Xavier Tabary, directeur du site Sanofi Montpellier.
Xavier Tabary, directeur du site Sanofi Montpellier. (Crédits : Luc Jennepin)

C'est la deuxième année que le groupe Sanofi organise une tournée nationale de recrutement dédiée aux jeunes et à l'alternance. Baptisée "Place d'avenir", cet événement RH a démarré le 19 avril et se déroule jusqu'au 2 juin prochain dans dix villes (Aix-en-Provence, Bordeaux, Chilly-Mazarin, Compiègne, Gentilly, Montpellier, Lyon, Rouen, Tours et Vitry-sur-Seine.

Le site montpelliérain du groupe pharmaceutique (30 ha) compte 1.000 salariés. Son activité porte essentiellement sur la R&D : études précliniques, développement pharmaceutique des molécules de synthèse administrées par voie orale, plateforme mondiale de la conditionnement et de distribution des produits pour essais cliniques, laboratoire en développement dans le domaine "absorption-distribution-métabolisation-élimination".

Ce 17 mai, "Place d'avenir" avait investi une place du centre-ville de Montpellier et Xavier Tabary, le directeur du site montpelliérain, était lui-même sur place pour échanger avec les jeunes.

LA TRIBUNE - Quelle est la politique de Sanofi en matière d'alternance ?

Xavier TABARY, directeur du site Sanofi de Montpellier - Le groupe s'est engagé à recruter 1.600 alternants par an. Nous en avons une centaine à Montpellier qui restent de six mois à deux ans, donc nous recrutons entre 40 et 50 nouveaux alternants chaque année. Ils vont du bac pro au bac +5... Actuellement, le site de Montpellier accueille 66 alternants et 24 stagiaires, dont 66% de femmes, en formation dans 53 écoles. Parmi eux, 21 sont dans les laboratoires, les procédés et le développement, 14 sur la qualité ou encore 12 sur la supply-chain. L'alternance, c'est un vivier de renouvellement pour nous : 20% en moyenne sont convertis en postes pérennes. L'alternance, c'est aussi de la jeunesse sur le site, ça rajeunit la pyramide des âges et nous apporte des compétences qu'on n'a pas, par exemple en numérique. Et ils nous poussent à être créatifs ! De notre côté, nous leur apportons une expertise métier, la connaissance entreprise, le savoir-être et des savoir-faire. Ceux qui sortent trouvent du travail facilement, chez nous ou ailleurs.

Pourquoi ce format d'aller à la rencontre des jeunes sur une place publique ?

C'est la 2e année que le groupe organise cette manifestation, avec succès, et l'an dernier, Montpellier ne faisait pas partie du circuit. Or il y a, dans le sud, le site de Montpellier mais aussi l'usine d'Aramon dans le Gard et un site à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence, NDLR), même si "Place d'avenir" se déroule aussi à Aix-en-Provence. D'ailleurs, des collaborateurs qui viennent des sites industriels sont présents aujourd'hui pour rencontrer les jeunes... Nous avons voulu centrer nos recrutements sur la diversité. Cette dimension est de plus en plus prégnante chez nous car on considère que c'est une création de valeur. Recruter des jeunes ne venant pas tous du même modèle, du même moule, qui n'ont pas la même histoire, c'est important car un groupe ne peut pas être différent du monde. C'est parfois difficile à mettre en œuvre... S'installer au milieu d'une place publique en pleine ville nous permet notamment d'attirer des jeunes des quartiers prioritaires de la ville qui n'osent pas s'adresser à nous en temps normal. Il y a beaucoup d'inhibition et donc d'appréhension à venir sonner à la porte d'une grande entreprise. Il faut donc amorcer la pompe, et une fois que le système est amorcé, que le jeune est dans l'entreprise, il va en parler autour de lui et ça fera exemple...

Comment ces jeunes des quartiers prioritaires de la ville arrivent-ils jusqu'à cet événement ?

Il y a eu un travail en amont, par exemple avec les Missions locales qui ont fait un pré-sourcing. Et nous menons d'autres actions, avec des écoles et des universités de la région notamment. Nos collaborateurs sont par ailleurs engagés dans d'autres actions RH comme "Capital Filles", car les filles s'auto-inhibent encore beaucoup sur les métiers scientifiques. L'opération "P Tech" permet, en association avec un lycée technique, d'accompagner une classe entière de la 3e au bac, voire au-delà, pour pousser les jeunes vers des études plus longues.

Sur quels métiers cherchez-vous des alternants ?

Sur tous les métiers ! Des techniciens en mécanique pour la maintenance des machines, des biologistes confirmés, des pharmaciens spécialistes, des bio-statisticiens, et dans toutes les fonctions support. Nous proposons des postes d'alternants à Montpellier mais aussi dans toute la France.

Quel message adressez-vous à ces jeunes ?

Je commence par leur dire que je fais un boulot super ! Que travailler dans l'industrie pharmaceutique en France, c'est une vraie chance car c'est travailler pour la santé des gens. Un site de R&D, c'est un métier de passion ! Oui, l'industrie pharmaceutique a encore mauvaise réputation, mais quand on visite le site, on voit les procédures, la rigueur, etc... On est tellement surveillés et "procédurés" qu'il est difficile de nous prendre à défaut. Et surtout, une fois qu'ils sont chez nous, je les invite à être curieux car le site de Montpellier compte 40 activités différenciées : c'est l'occasion de tout voir et d'enrichir ses connaissances.

En 2020, dans le cadre de la réorganisation de sa branche Recherche & Développement, Sanofi avait annoncé la suppression d'environ 1.700 emplois, dont 364 en France. Le site de Montpellier était concerné à hauteur de 55 postes. Ont-ils été supprimés ?

Oui... Mais depuis, nous avons recruté d'autres salariés, notamment sur la chemical supply qui œuvre pour la préparation des lots pour les études cliniques... Nous investissons en permanence sur le site : ce sera 7 millions d'euros cette année et j'ai demandé 12 millions d'euros pour l'an prochain.

Cécile Chaigneau

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