Faute de candidats, les travaux publics recrutent des réfugiés

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Olivier Giorgiucci (FRTP), Frédéric Wilms (Eurovia), Sarah Sanchez (GEIQ Hérault), un bénéficiaire du programme Hope, Laurent Cueille (AFPA Nîmes) et Philippe Blachère (Pôle Emploi)
Olivier Giorgiucci (FRTP), Frédéric Wilms (Eurovia), Sarah Sanchez (GEIQ Hérault), un bénéficiaire du programme "Hope", Laurent Cueille (AFPA Nîmes) et Philippe Blachère (Pôle Emploi) (Crédits : DR)
La Fédération régionale des travaux publics et ses partenaires ont présenté, le 11 février à Montpellier, un nouveau programme d’accompagnement des réfugiés vers l’emploi. Pensée comme un moyen de lutter contre la pénurie de compétences, cette action a déjà permis l’embauche de 12 personnes ayant obtenu le droit d’asile.

Depuis le 3 février 2020, 12 réfugiés, signataires d'un contrat d'insertion républicain, ont commencé leur CDD au sein d'entreprises spécialistes des travaux publics dans les départements du Gard et de l'Hérault. Pour les professionnels, le programme "HOPE", qui a permis ces embauches, représente une opportunité pour un secteur en tension.

"On cherche des solutions pour résoudre les problèmes de recrutement rencontrés par nos entreprises, explique Olivier Giorgiucci, président de la FRTP Occitanie Méditerranée, qui détaille d'emblée la situation du secteur pour répondre à certaines polémiques visant le programme. On s'adresse à toutes les personnes qui vivent sur nos territoires, et les réfugiés titulaires d'une carte de séjour sont autorisés à travailler. Le secteur a besoin de près de 20 000 personnes dans les dix ans à venir sur tous les postes, car nous n'avons pas assez investi sur l'entretien de nos infrastructures. Il faut trouver des solutions pour former à nos métiers et faire face à la concurrence des autres filières. Nous sommes prêts à élargir nos opportunités."

Un programme national, lancé pour la 1ère fois sur le territoire

La FRTP s'est donc tournée vers le programme HOPE, co-piloté par les ministères de l'Intérieur, et du Travail, mais aussi l'Afpa et l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), suite à deux expérimentations positives du programme en Île-de-France et dans les Hauts-de-France en 2017.

Lancée en novembre 2019, cette promotion de 12 réfugiés (ils étaient 14 initialement), est donc la première sur le territoire de l'ex-Languedoc-Roussillon. Elle est le fruit d'une collaboration entre la FRTP, l'Afpa, l'OFII, mais aussi Constructys, le Pôle Emploi et les Groupements locaux d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GEIQ).

Les stagiaires ont d'abord bénéficié de trois mois de formation en langue française, sur les spécificités de leur secteur, mais aussi de conseils pratiques pour la vie quotidienne comme la gestion d'un compte en banque et la résolution des problématiques de mobilité et de logement.

Objectif CDI au bout d'un an

Ils sont aujourd'hui en contrat d'un an, payé au Smic avec plusieurs entreprises du secteur comme Eiffage, Colas, Eurovia, Bouygues ou encore Joulié TP.

"L'objectif est de les embaucher en CDI dans un an, détaille Frédéric Wilms, chef d'agence chez d'Eurovia. Pour cette raison, nous prenons le temps de les former et de leur faire obtenir un diplôme. Le côté humain joue aussi, le programme correspond à nos valeurs et il est très bien organisé par tous les partenaires."

Les employeurs annoncent surtout des besoins sur le poste de maçon VRD (voirie et réseaux divers). Sur l'insertion, ils estiment avoir en général 70 % de réussite après un an de professionnalisation.

Les 12 réfugiés participant au programme sont des Afghans, des Soudanais et des Pakistanais sous protection internationale. Présents depuis moins de deux ans sur le territoire, ce sont souvent des hommes seuls que l'OFII veut autonomiser en les sortant des structures classiques d'hébergement.

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Commentaires
a écrit le 12/02/2020 à 10:15 :
Je dis à la Fédération régionale des travaux publics: commencez à payer normalement vos collaborateurs et vous susciterez des candidatures! Votre démarche est criminelle. Ce pseudo-humanisme dégoulinant nous conduit tout droit dans le mur.

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