Comment Devenys Cybersecurity recrute (et garde) ses salariés

Sur le secteur de la cybersécurité, la guerre des compétences fait rage. A Montpellier, Devensys Cybersecurity a mis en place une politique RH à même de faciliter les recrutements mais aussi de préserver ses talents. Salaires fixes pour tous, actionnariat ouvert aux salariés, 4,5 jours de travail, etc. Le cofondateur Alexandre Marguerite s’explique.
Cécile Chaigneau
Devensys Cybersecurity annonce une croissance de plus de 500% entre 2017 et 2021, soit une multiplication par huit de son chiffre d'affaires (4,85 millions d'euros en 2021).
Devensys Cybersecurity annonce une croissance de plus de 500% entre 2017 et 2021, soit une multiplication par huit de son chiffre d'affaires (4,85 millions d'euros en 2021). (Crédits : DR)

Plus de doute : la conscience du danger cyber a fait son chemin dans le monde de l'entreprise, même si la route est encore longue, notamment dans les PME...  L'entreprise de service numérique montpelliéraine Devensys Cybersecurity (créée il y a neuf ans et qui compte aussi un bureau à Paris) s'est spécialisée dans les domaines des tests d'intrusion, de la sécurité cloud et infrastructure et de la sécurité managée. Elle compte parmi ses clients des PME mais aussi des institutionnels et des grands groupes (Crédit Agricole, Groupama, Swile, Dataiku, Groupe Roullier, Vinci, l'OTANn...).

Alexandre Marguerite, l'un des trois cofondateurs de Devensys Cybersecurity et son directeur général, annonce une croissance de plus de 500% entre 2017 et 2021, soit une multiplication par huit de son chiffre d'affaires, notamment passé de 3,4 millions d'euros en 2020 à 4,85 millions d'euros en 2021.

« Au premier semestre 2022, l'entreprise a déjà gagné 34% de croissance par rapport au premier semestre 2021 et nous prévoyons un chiffre d'affaires de 6,3 millions d'euros en 2022 », ajoute Alexandre Marguerite.

Ne pas conditionner la performance commerciale

L'entreprise emploie aujourd'hui une quarantaine de salariés, et vient de nommer, par évolution interne, Adrien Giuliani, 30 ans, au poste de directeur général adjoint. Alors que la guerre des compétences fait rage dans de nombreux secteurs, la cybersécurité n'y échappe pas. Alexandre Marguerite prône une politique des ressources humaines décalée par rapport aux pratiques habituelles afin de sécuriser ses effectifs, tant dans le recrutement que dans la préservation de ses salariés.

C'est ainsi que l'entreprise applique depuis quatre ans une politique de rémunération fixe pour tous, y compris pour les commerciaux, au nombre de cinq aujourd'hui.

« La rémunération fixe même chez les commerciaux permet de ne pas conditionner la performance commerciale à la rémunération variable, explique-t-il. Nos commerciaux travaillent en visant le long terme et en évitant les biais court-termistes. Nous gagnons également en efficacité commerciale puisque personne ne perd de temps à recalculer ses objectifs et chacun se concentre pleinement sur le business. Les relations entre commerciaux sont meilleures, ils peuvent s'entraider sur les dossiers... Ce mode de fonctionnement nous aide aussi dans la relation entre l'équipe technique et l'équipe commerce : les commerciaux font plus attention à ce qu'ils vont vendre et l'équipe technique part du principe que le commercial a voulu bien faire et pas seulement gagner une commission. Cela fait des équipes plus soudées et crée un cercle vertueux. Enfin, cela nous permet de faire des no-go si un projet ne nous intéresse pas. Et ça devient même un argument commercial auprès de nos clients qui savent qu'on ne va pas leur vendre quelque chose à tout prix. »

Un socle de collaborateurs actionnaires

Devensys Cybersecurity propose également depuis quatre ans à des salariés qui le souhaiteraient d'entrer au capital de l'entreprise. Ils sont huit à ce jour à posséder 10% de la société, dont Adrien Giuliani.

« Cela nous permet de créer un premier socle de fidèles collaborateurs actionnaires, fait observer Alexandre Marguerite. Notre volonté est de permettre ça à tous les postes. »

Un plan d'intéressement collectif uniforme entre tous les salariés est en place, proportionnel au temps passé dans l'entreprise durant l'année, et non proportionnel aux salaires.

Autre politique maison : la possibilité d'étaler la semaine de travail sur 4,5 journées, sous réserve d'avoir travaillé 38,5 heures par semaine, et la possibilité de télétravailler jusqu'à 30% du temps de travail.

Trois bornes de recharge pour véhicules électriques ont été installées sur le site de l'entreprise, qui vient de doubler la superficie de ses locaux. Ce qui lui permet d'anticiper sur l'arrivée de nouvelles recrues.

Moins de turn-over

Devensys Cybersecurity recrute ainsi six collaborateurs d'ici la fin 2022 : trois consultants cybersécurité (avec des spécialisation cloud & Microsoft 365, réseau & firewall, red team & pentest), un analyste SOC, un consultant gouvernance et conformité, et un responsable technique de compte.

Si les recrutements restent parfois compliqués, le jeune dirigeant assure que la politique RH de l'entreprise est un atout attractivité : « C'est un secteur en tension mais il l'est un peu moins à Montpellier qu'à Paris où il y a plus de concurrence. Notre politique RH nous permet de garder les talents, d'avoir moins de turn-over ».

En neuf années, l'entreprise n'a réalisé aucune levée de fonds, mais Alexandre Marguerite ne ferme pas la porte.

« Mais nous tenons à ces valeurs RH et à notre indépendance, souligne-t-il. En dix ans, le marché est devenu mature et une levée de fonds permettrait d'accélérer et de nous positionner un cran au-dessus. »

Cécile Chaigneau

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.