Qui est Sandrine Mathon, la nouvelle présidente de Crealead ?

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Sandrine Mathon est la nouvelle présidente de coopérative d'entrepreneurs Crealead à Montpellier.
Sandrine Mathon est la nouvelle présidente de coopérative d'entrepreneurs Crealead à Montpellier. (Crédits : Crealead)
La coopérative d’activités et d’emploi (CAE) montpelliéraine Crealead vient d’élire sa nouvelle présidente, Sandrine Mathon. Cette entrepreneuse, consultante en organisation et spécialiste en agilité, succède à Frédéric Sanchez et pilotera cette coopérative de près de 300 co-entrepreneurs en binôme avec un nouveau directeur général, Farba Ndour.

Sandrine Mathon, fondatrice de Wembla Conseil, conseil en organisation et spécialiste en agilité, vient d'être élue présidente par le conseil d'administration de la coopérative d'activités et d'emploi (CAE) Crealead, à Montpellier. Elle succède à Frédéric Sanchez qui quitte la structure après vingt ans (dont 14 en tant que P-dg), pour devenir responsable Outre-Mer de la Confédération générale des Scop. Sandrine Mathon pilotera la CAE en binôme avec Farba Ndour, nommé directeur général.

Crealead existe depuis dix-huit ans à Montpellier. Ce modèle économique, qui souffre encore d'une certaine méconnaissance, a pourtant fait ses preuves. Regroupement économique solidaire d'entrepreneurs individuels, cette forme d'entrepreneuriat collectif offre un cadre juridique (plusieurs identités commerciales mais un seul numéro Siret partagé), une gestion administrative, fiscale et comptable mutualisée, et un statut d'entrepreneur-salarié en CDI aux co-entrepreneurs, leur conférant une protection sociale. Le co-entrepreneur peut alors se concentrer sur son activité, tout en bénéficiant de l'expertise et des retours d'expérience des autres entrepreneurs.

A ce jour, Crealead compte aujourd'hui 196 co-entrepreneurs salariés et 84 co-entrepreneurs en contrat CAPE (contrat d'appui au projet d'entreprise), pour un chiffre d'affaires annuel de 10,7 millions d'euros.

Mode agile

Ingénieure diplômée de l'École Centrale de Paris - « avec une spécialisation en électronique même si j'ai toujours travaillé dans l'informatique », précise-t-elle - Sandrine Mathon est originaire de Saint-Etienne. A Montpellier depuis 2004, elle est co-entrepreneur chez Crealead depuis quatorze ans, associée et accompagnatrice d'activités et animatrice de collectifs depuis neuf ans.

« Avec Wembla Conseil, je travaille surtout avec de petites entreprises d'informatique, qui font appel à moi pour gérer leurs projets ou repenser leur organisation en mode agile par exemple, raconte-t-elle. Pour Crealead, je suis devenue accompagnateur d'activité, c'est à dire que j'accompagne au niveau individuel les co-entrepreneurs qui arrivent et ont besoin de travailler leur posture d'entrepreneur et de développer leur activité, mais aussi au niveau collectif. »

La coopérative d'entrepreneurs compte désormais cinq pôles d'activité (au lieu de trois historiquement), qui permettent aux entrepreneurs de se rencontrer, d'échanger des bonnes pratiques ou de mutualiser des travaux : Évolution (consultants et coachs), agence (TIC et communicants), Bâtiment, Design, et Formation.

Les vertus de l'entrepreneuriat salariés durant la crise

La nouvelle présidente confie avoir déjà partagé avec le conseil d'administration de possibles futures orientations à déployer, mais les pistes requièrent un temps de réflexion.

« La question de grossir se pose et pas mal d'acteurs régionaux nous poussent à prendre plus de place, souligne-t-elle notamment. Aujourd'hui, la coopérative d'entrepreneurs attire déjà des gens spontanément. Et il nous arrive d'en refuser, parce qu'il s'agit d'une activité qu'on ne peut pas accompagner, comme les activités réglementées, parce que les activités ne sont pas matures, ou parce que les personnes n'ont pas l'expérience ou la formation requises. »

Avec la crise, le modèle coopératif a démontré toutes ses vertus : « Pour les co-entrepreneurs salariés, nous avons obtenu qu'ils aient accès au chômage partiel, et nous avons augmenté les facilités de trésorerie. Pour les co-entrepreneurs en contrat CAPE, qui étaient exclus de toutes les aides accordées aux TPE, nous avons obtenu qu'ils aient droit au dispositif d'aide complémentaire de soutien à l'économie régionale et à l'emploi mis en place par la Région Occitanie ».

Les co-entrepreneurs ont également reçu le soutien de leurs référents au sein de Crealead et ont pu participer à des ateliers de relance d'activité au sortir du confinement.

« Nous avons enregistré quelques départs, principalement des contrats CAPE stoppés en plein vol, mais sinon, les effets ont plutôt été limités pour le moment », précise la nouvelle présidente.

Création d'une Fédération nationale des CAE

L'élection de Sandrine Mathon à la tête de Crealead coïncide avec un virage pour les CAE : le 1er décembre, a eu lieu la création officielle de la Fédération nationale des CAE, dont se réjouit la nouvelle présidente de Crealead.

« Jusqu'à présent, les CAE dépendaient de la Confédération générale des Scop, contextualise-t-elle. Il y avait eu un premier pas de fait sous François Hollande, avec la loi ESS de 2014 qui reconnaissait la spécificité des CAE. Mais il fallait aller plus loin. L'ambition est de faire connaître le modèle méconnu des coopératives d'entrepreneurs, d'appuyer leur développement et celui de l'entreprenariat salarié, et de favoriser les mises en réseau. Cette fédération des CAE va nous donner un vrai poids auprès du gouvernement pour la prise en compte de nos spécificités dans l'élaboration des lois. Et elle va aussi nous permettre de créer des collaborations entre CAE. »

En France, il existe 150 CAE, dont 18 en Occitanie, pour 12.000 co-entrepreneurs et un chiffre d'affaires global de plus de 200 millions d'euros (fin 2018, le chiffre établi le plus récent). Quelque 92 d'entre elles adhèrent à la nouvelle fédération.

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