Covid-19 : pourquoi et comment la Métropole de Montpellier passe en zone d’alerte maximale

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Avec le passage de la métropole montpelliéraine en zone d'alerte maximale, les bars du périmètres vont devoir fermer à nouveau à compter du 13 octobre.
Avec le passage de la métropole montpelliéraine en zone d'alerte maximale, les bars du périmètres vont devoir fermer à nouveau à compter du 13 octobre. (Crédits : DR)
Dans l’Hérault, la dégradation sanitaire se poursuit, se traduisant par une forte hausse des cas de contamination et du nombre des hospitalisations. Comme annoncé en fin de semaine dernière, la Métropole mais aussi 7 autres communes alentours basculent le 13 octobre en zone d’alerte maximale. La veille, le préfet de l’Hérault et le président de la Métropole font le point.

La nouvelle est tombée dimanche soir 11 octobre : le préfet de l'Hérault Jacques Witkowski annonçait alors que la métropole de Montpellier (31 communes) ainsi que 7 communes attenantes (Saint-Gély-du-Fesc, Saint-Clément-de-Rivière, Teyran, Palavas-les-Flots, Saint-Aunès, Mauguio et Montarnaud) étaient placées à compter du mardi 13 octobre en zone d'alerte maximale.

« Nous avons dépassé dans le week-end les trois critères retenus au niveau national pour franchir ce seuil d'alerte maximale, dernier palier avant de revenir à des mesures plus compliquées (faisant ainsi référence à de possibles reconfinements locaux évoqués par le Premier ministre, NDLR), a souligné le préfet devant les élus du Conseil métropolitain de Montpellier, réunis lundi matin 12 octobre. Ce qui est surtout inquiétant dans notre département, c'est bien sûr le taux d'incidence qui a atteint les 251,5 pour 100 000 habitants hier midi (au niveau national, le taux d'incidence pour 100 000 habitants était de 158,8 sur les 7 derniers jours, selon Santé publique France, NDLR). Mais surtout, ce qui m'inquiète au plus haut point, c'est le transfert d'infection entre les moins de 40 ans vers les personnes de plus de 40 ans. Aujourd'hui, dans le département, 70 % des gens durement touchés ont plus de 60 ans, 70 % des personnes hospitalisées pour Covid ont plus de 70 ans mais on voit aussi que 30 % ont largement moins de 60 ans. Nous sommes quasiment recordman de France du taux d'incidence parmi les plus de 65 ans puisqu'il dépasse les 270 pour 100 000, avec taux de positivité qui va au-delà de 16 %, ce qui est beaucoup trop (il était de 11,5 % le 11 octobre en France, selon Santé publique France, NDLR) ! »

« D'autres EPCI devront basculer »

Pour expliquer ce nouveau cap franchi et signifier son inquiétude, le représentant de l'État dans le département rappelle que plus de 160 personnes étaient hospitalisées dimanche soir 11 octobre, dont une cinquantaine en réanimation, et que depuis le début de la pandémie, le département a enregistré 197 décès, « et on était à 164 début septembre », a précisé Jacques Witkowski, ajoutant également que « nos établissements de santé sont entrés depuis une bonne semaine dans des phases de déprogrammation d'opérations ».

Les communes des intercommunalités du pays de Lunel, du pays de l'Or, mais aussi désormais du Grand Pic Saint-Loup, du Clermontais et de la Vallée de l'Hérault, sont placées en zone d'alerte renforcée (en dehors des communes classées en zone d'alerte maximale), « et nul doute que d'autres EPCI devront basculer d'ici la fin de la semaine au regard des données que l'on a aujourd'hui », prévient le préfet de l'Hérault.

Bars, casinos et salles de jeux fermés

Ce changement de statut en zone d'alerte maximale entraîne de nouvelles mesures de protection. Sont donc désormais interdits : les événements de plus de 1 000 personnes (y compris les manifestations sportives), les foires et salons, les fêtes étudiantes, les rassemblements de plus de 10 personnes sur la voie publique ou dans des lieux ouverts au public et les rassemblements à caractère festif ou familial dans des salles des fêtes ou salles polyvalentes.

Le 9 octobre, le représentant de l'État a pris un nouvel arrêté pour imposer, à compter du samedi 10 octobre, la fermeture des salles de sport implantées sur les 31 communes de la Métropole ainsi que sur Lunel, La Grande Motte, Montarnaud, Mauguio, Palavas, Saint-Aunès, Saint-Clément-de-Rivière, Saint-Gély-du-Fesc et Teyran.

Les bars, casinos ou salles de jeux seront fermés à partir du 13 octobre. Les restaurants et fast-foods pourront ouvrir de 7h à minuit (avec accueil du dernier client à 22h), les drives de 7h à minuit, les épiceries de nuit de 7h à 22h et les livraisons à domicile de 7h à minuit.

Les restaurants sont désormais obligés de se conformer à une réglementation sanitaire renforcée : service à table uniquement (en intérieur comme en extérieur), distance d'un mètre au moins entre chaque chaise, limitation à 6 personnes par table, port du masque par les professionnels et par les clients lors des déplacements et à l'entrée, et mise en place d'un "cahier de rappel" (noms et numéros de téléphone pour contacter les clients en cas d'alerte sanitaire).

"Deux tranches de saucissons sur une planche..."

Des mesures que les restaurateurs sont fermement invités à respecter par le préfet qui, la semaine dernière, a fait savoir que les contrôles et les sanctions administratives avaient été renforcés suite au non-respect des mesures sanitaires dans certains bars et restaurants. Ainsi, un restaurateur de Lattes s'est-il vu notifier une fermeture administrative d'un mois par le tribunal administratif de Montpellier pour manquement à ces obligations.

« Un bar n'est pas un restaurant, rappelle d'ailleurs le préfet ce lundi matin. Ce n'est pas parce qu'on aligne deux tranches de saucissons sur une planche qu'on devient restaurant. Je n'aurais pas la main qui faiblira ! »

Quant aux grandes et moyennes surfaces, on revient aux mesures appliquées durant le confinement, à savoir une jauge d'un client pour 4 m2 de surfaces de vente, sur laquelle, là aussi, le préfet annonce des contrôles stricts.

« Ma stratégie tient en trois points : pragmatisme, réactivité, efficacité, conclut-il. Tant que nous n'aurons pas de dispositif pour nous protéger du point de vue médical, il faut continuer avec les gestes barrières individuels et collectifs. »

Nouvelle aide au loyer

« Afin de lutter contre la propagation du virus, j'en appelle à la responsabilité de chacun et au respect des gestes barrières, seul moyen pour endiguer la pandémie et préserver la capacité de soins de nos structures hospitalières, a commenté Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole. Dans ce contexte, la Ville de Montpellier et Montpellier Méditerranée Métropole seront pleinement mobilisées aux côtés des acteurs économiques et sociaux du territoire pour les aider à surmonter cette nouvelle crise. Ce lundi, lors du conseil de Métropole, nous voterons plusieurs aides - prêt à taux zéro, prise en charge des loyers... - pour accompagner les entreprises, établissements et associations les plus fragilisés par ces restrictions. Les semaines à venir seront des temps d'épreuves. Nous devons faire preuve de solidarité et de responsabilité. »

L'élu a en effet fait voter, en conseil métropolitain, une nouvelle mesure d'aide aux entreprises : une aide au paiement des loyers professionnels pour le mois d'octobre pour les entreprises les plus impactées occupant des locaux du parc immobilier privé, notamment les salles de sport, les professionnels de la restauration et ceux du tourisme. L'aide pourra atteindre jusqu'à 1 000 €.

« Aujourd'hui, je mesure ce que c'est pour un entrepreneur de recevoir ces restrictions, mais notre devoir est d'accompagner, pas de crier avec les loups », ajoute Michaël Delafosse.

Le préfet, quant à lui, rappelle aussi que dans le cadre du Plan France Relance, le ministre de l'Économie a annoncé un renforcement du dispositif de soutien aux entreprises impactées par les nouvelles restrictions d'accueil au public. Désormais les salles de sport, mais aussi les fleuristes, blanchisseries, graphistes, arts de la table, culture, évènementiel etc., sont bénéficiaires de diverses mesures pour les aider à traverser cette crise (le Fond de solidarité avec des aides allant de 1 500 à 10 000 €, le recours au chômage partiel, l'exonération de charges sociales et des aides de trésorerie).

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