Béziers se dote d’une agence de développement économique

Un an après l’arrivée du nouvel exécutif à la tête de l’agglomération Béziers Méditerranée, la collectivité se dote d’une agence de développement économique, qui sera pilotée par l’ancien président du tribunal de commerce Michel Aimes. Objectif : booster l’attractivité et la notoriété du territoire pour y attirer des entreprises. Robert Ménard, le président de l’agglomération, exhorte ses troupes à travailler ensemble…
Cécile Chaigneau

5 mn

Michel Fréjaville et Michel Aimes, vice-président et président de la nouvelle agence de développement économique de Béziers.
Michel Fréjaville et Michel Aimes, vice-président et président de la nouvelle agence de développement économique de Béziers. (Crédits : Cécile Chaigneau)

La Ville de Béziers et l'agglomération Béziers Méditerranée viennent officiellement, ce 29 juin, de créer leur propre agence de développement économique. Un outil « voulu par l'ensemble des organisations patronales - Medef, CPME 34, FFB - ou la CCI Hérault, et par Robert Ménard », souligne d'emblée celui qui prend la présidence de l'agence, Michel Aimes, ancien président du tribunal de commerce.

« Au fond, c'est juste une promesse tenue !, lance Robert Ménard, maire de Béziers et président de l'agglomération depuis juillet 2020. Il y a sept ans, c'était déjà un sujet... Avec cette agence, on veut dire qu'il y a des gens dynamiques autour de cette ville, capables d'accueillir d'autres gens dynamiques. »

La nouvelle agence rassemblera le service économique existant de l'agglomération et ceux de Viaterra, société d'économie mixte locale (SEM) dont le capital social est détenu majoritairement par des partenaires publics, qui accompagne les collectivités et les investisseurs dans la définition et la réalisation de leurs projets d'aménagement.

« Je vous demande de bosser tous ensemble »

« Avant, on avait Viaterra d'un côté, et de l'autre le développement économique de l'agglomération, et ils se faisaient la guerre, comme si on avait ici le luxe de se faire la guerre, plaide Robert Ménard. Chacun était dans ses bureaux, aujourd'hui ils vont être ensemble au 4e étage des bureaux de l'agglo. Je vous demande de bosser tous ensemble. On a tous intérêt à ce que ça marche ! »

Un territoire en mal d'image et de notoriété ?

« Qu'on m'aime ou pas, Béziers est connue de toute la France ! Il faut utiliser cette notoriété, transformer cet essai », assure l'édile biterrois.

Comme son nom l'indique, la nouvelle agence a donc vocation à contribuer au développement économique du territoire ouest héraultais.

« L'objectif de l'agence, c'est d'être un facilitateur, de constituer un guichet unique pour simplifier la vie des chefs d'entreprises, pour faciliter les démarches administratives et l'implantation des entreprises, énonce Michel Aimes. Nous recenserons les aides financières, les offres de formation, nous accompagnerons tous les créateurs d'entreprises et les entreprises déjà implantées... L'agence devra aussi faire la promotion du territoire auprès d'entreprises susceptibles de s'y installer. Nos points forts, c'est une industrie en pleine mutation - avec notamment le projet Genvia -, la viticulture et l'hôtellerie. Il faudra faire un travail sur l'offre de formation en lien avec les besoins des entreprises, c'est un enjeu majeur car les jeunes ne viendront pas ou ne resteront pas s'ils ne trouvent pas de travail. »

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Le directeur de l'agence le promet : « Notre vocation n'est pas politique mais économique ». Et Robert Ménard renchérit : « Je ne vais pas me mêler des affaires de l'agence, je vais aider, donner des moyens. Le budget des deux ou trois trucs que je dirige, c'est autant que celui du Vatican ! Cet argent doit servir et être efficace pour attirer des entreprises à Béziers ».

L'édile cite lui aussi la belle opportunité que constitue la création de la gigafactory Genvia à Béziers, sur le site industriel de Cameron (filiale de Schlumberger), où seront fabriqués des électrolyseurs haute température à oxyde solide destiné à la production d'hydrogène décarboné.

« Luc Mas (le dirigeant de Cameron, NDLR) a fait en sorte que Schlumberger décide de moderniser son usine de Béziers et d'y développer ses piles à hydrogène, lance-t-il. Si on rate cette occasion, on n'en aura pas pendant vingt ans ! Ce serait une folie de rater ça... Il faut faire le travail en amont sur la formation pour qu'ils trouvent les gens dont ils ont besoin. »

Attirer des cadres et des ingénieurs

Quid des futures relations de la nouvelle agence avec l'agence de développement économique de la Région Occitanie, Ad'Occ ? « On les a rencontrés », répond Michel Aimes, laconique.

Michel Fréjaville, fondateur et dirigeant de l'entreprise de transports T.M.F., est vice-président de la nouvelle agence. Il promet des synergies vertueuses avec les autres acteurs du territoire : « Je peux témoigner que lorsqu'on veut s'implanter quelque part, on se heurte à beaucoup de difficultés administratives. Avec l'agence, on veut éviter de perdre des opportunités d'implantation. Nous allons faire un inventaire du foncier disponible sur le territoire de l'agglomération, regarder les dossiers reçus par le service économique de l'agglomération et voir aussi si on peut relocaliser des entreprises biterroises. On veut offrir un guichet unique sur ces questions d'implantation ».

Dans les tuyaux, selon Michel Fréjaville, « l'implantation d'un data center qui serait facteur d'attractivité pour les entreprises ». Le vice-président de l'agence dit aussi la volonté d'attirer des CSP+, cadres et ingénieurs, ce que le territoire biterrois peine à faire pour le moment...

Cécile Chaigneau

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