La Cour des comptes épingle la politique touristique de l'ex-Languedoc-Roussillon

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La Cour souligne les atouts touristiques de l'ex-LR, dont le patrimoine historique, mais aussi plusieurs insuffisances stratégiques.
La Cour souligne les atouts touristiques de l'ex-LR, dont le patrimoine historique, mais aussi plusieurs insuffisances stratégiques. (Crédits : Site du Pont du Gard)
Le rapport annuel de la Cour des comptes, publié le 7 février, relève des insuffisances dans les politiques touristiques conduites dans l'ex-LR , entre 2010 et 2016. L'économie touristique apparaîtrait fragile, avec des difficultés en matière d'emploi. La Cour incite la Région Occitanie à engager des évolutions indispensables.

Le rapport annuel de la Cour des comptes rappelle que le territoire de l'ex-Languedoc-Roussillon possède des atouts touristiques majeurs : son climat, sa façade maritime, ses massifs montagneux ou encore son patrimoine historique. En 2015, le tourisme représentait 12,7 % du PIB, soit autant qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur, malgré des différences notables.

Manque de dynamisme

Le taux d'occupation moyen des hébergements marchands (42,4 % dans l'ex-LR), est inférieur à la moyenne nationale (44,3 %) et au concurrent PACA (46,2%), en 2015.

Le rapport de la Cour des comptes relève un hébergement hôtelier de "faible qualité et une qualité de services qui ne répond pas aux attentes". Ces facteurs entraîneraient un déficit de "notoriété touristique", les atouts n'étant pas "clairement identifiés et la mise en valeur de l'identité locale insuffisante".

Le tourisme est marqué par une forte saisonnalité, surtout sur le littoral. La Cour observe que c'est une contrainte pour l'emploi touristique, qui varie fortement (5 et 10 %) au cours de l'année.

L'ex-LR est marqué par un fort de chômage, et les politiques publiques, selon le document, "n'ont pas permis de faire progresser les effectifs salariés dans l'hôtellerie restauration".

Sud de France dans le viseur

En 2014, les collectivités territoriales du territoire ont consacré 69 M€ en faveur du fonctionnement touristique et 27 M€ en investissements. Mais le rapport note une défaillance de l'ex-Conseil régional qui n'a pas "assumé son rôle de planification et coordination des actions, à l'égard du tourisme".

La Cour des comptes épingle particulièrement le schéma régional de 2010 à 2015 et une stratégie adoptée en 2011, où le CRT a transféré ses principales compétences à la SEM Sud de France Développement.

"Ce conseil régional s'est appuyé pour la promotion du tourisme sur la marque « Sud de France » dont l'objet principal est de favoriser le développement à l'international des entreprises régionales. Or la société s'est cantonnée à attribuer la marque aux produits régionaux, sans véritable sélection, en aidant principalement les filières de la viticulture et de l'agro-alimentaire, lesquelles ne représentent que 18 % des 14 Mds € d'exportations de l'Occitanie. La société a surtout accompagné des entreprises régionales leaders sur leur marché et déjà bien développées à l'international, produisant des effets d'aubaine."

De nouvelles perspectives avec l'Occitanie ?

Avec la fusion des deux régions au 1er janvier 2016, les caractéristiques du tourisme ont évolué, avec un tourisme littoral côté L-R et un tourisme hivernal et religieux côté M-P. Un nouveau schéma régional, adopté en juin 2017 met le cap sur l'innovation et prévoit 55 millions de nuitées en cinq ans. Toutefois, "les conditions d'intervention du Conseil régional sont encore à préciser dans un contexte de partage de la compétence tourisme par une multitude d'acteurs institutionnels".

"Le Conseil régional devrait redonner au CRT les missions confiées par la loi NOTRe, notamment celle de coordonner les interventions touristiques des collectivités. L'incitation des intercommunalités à participer activement aux politiques touristiques en fait partie. La SEM Sud de France Développement pourrait s'insérer dans ce dispositif, au même titre que d'autres organismes déjà en charge de la promotion touristique sur le territoire de l'Occitanie (SEM N'Py), en se recentrant sur sa compétence d'origine, l'appui à l'internationalisation, en prenant en compte l'ensemble des filières de la nouvelle Région."

La Cour des comptes préconise de formaliser avec les acteurs de l'emploi des contrats d'objectifs et de moyens pour le schéma régional de formation dédié au tourisme, de gérer directement l'ensemble des aides accordées aux entreprises touristiques et de préciser les objectifs du schéma de juin 2017, pour pouvoir en évaluer les résultats.

L'État est aussi encouragé à procéder à une évaluation du dispositif de dérogation permettant aux stations  touristiques de conserver des compétences touristiques et un office de tourisme communal, dès lors que l'ensemble des dossiers auront été instruits.

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Commentaires
a écrit le 08/02/2018 à 8:00 :
Ce n’est pas faute d’avo alerté l’opinion publique sur l’hérésie de la DUP de l’A9 qui a fait la promotion de VINCI Autoroute qui lui-même va considérablement accentuer ce fléau ce que la Cours des Compte dénonce. On se demande alors le rôle de la CCI MONTPELLIER et l’intérêt de ses dirigeants: "Ce conseil régional s'est appuyé pour la promotion du tourisme sur la marque « Sud de France » dont l'objet principal est de favoriser le développement à l'international des entreprises régionales. Or la société s'est cantonnée à attribuer la marque aux produits régionaux, sans véritable sélection, en aidant principalement les filières de la viticulture et de l'agro-alimentaire, lesquelles ne représentent que 18 % des 14 Mds € d'exportations de l'Occitanie. La société a surtout accompagné des entreprises régionales leaders sur leur marché et déjà bien développées à l'international, produisant des effets d'aubaine."
Illustration: https://m.facebook.com/MONTPELLIERA9/photos/a.280024582101376.54364.165903733513462/822569867846842/?type=3&source=54

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