Le Stade de la Mosson sera reconverti en hôtel d'entreprises

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Le Stade de la Mosson serait reconverti, à compter de 2019, en mini hôtel d'entreprises, selon le projet décrit par Philippe Saurel
Le Stade de la Mosson serait reconverti, à compter de 2019, en mini hôtel d'entreprises, selon le projet décrit par Philippe Saurel (Crédits : MHSC)
Philippe Saurel, président de la Métropole de Montpellier, a fait le tour de ses priorités en 2018 et au-delà, lors d'un débat de la Lettre M organisé le 7 février. Parmi celles-ci : l'aménagement, la mobilité, et les équipements tels que le futur stade de foot, dont la construction entraînera une nouvelle orientation donnée à l'actuel.

Maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole (M3M), Philippe Saurel, face à 200 participants, a passé en revue les dossiers majeurs de sa politique de développement économique et d'aménagement du territoire. Ce point d'étape intervient quelques jours après un bilan 2017 jugé très positif en matière de foncier d'entreprise.

Le futur stade de football Louis Nicollin : "Le projet sera présenté dans sa forme technique et juridique en juillet 2018. Sur ce dernier point, nous avons opté pour une SEMOP, une société de projet liée à un événement unique. Ce statut nous permet d'agir avec le privé tout en laissant la gouvernance à M3M, car je ne veux pas que nous tombions dans les dérives observées dans la création de stades. Le budget de l'opération se monte à 130 M€. La première pierre sera posée lors de la journée d'ouverture de la Coupe du monde de football féminin organisée à Montpellier en 2019 (parmi neuf villes hôtes, NDLR) - une discipline que Louis Nicollin avait créée à Montpellier."

Le devenir de l'actuel Stade de la Mosson : "Celui-ci étant construit en zone inondable, la loi nous empêche de reconstruire tout équipement à sa place si nous le détruisons. Mon idée est de conserver les infrastructures du stade et, d'une part, de les rehausser pour laisser passer les eaux en cas d'inondation (ce qui nous coûte 6 M€ de rénovation à chaque crue !). D'autre part, dans les creux laissés par les tribunes, nous pourrons construire des plateaux pour y installer des entreprises. La pelouse aura un autre usage : pourquoi pas un parc ou un jardin urbain comme d'autres villes l'ont fait ? La première pierre de ce projet sera aussi posée en 2019."

Les difficultés de Montpellier Events : "Le Zénith et le Corum sont du ressort de la Ville, tandis que l'Arena et le Parc des Expositions dépendent de la Région. Ce découpage, imposé par Georges Frêche, ne posait pas de problème quand il dirigeait les deux institutions. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Or le Zénith et le Corum sont bénéficiaires, alors que le reste est très largement en déficit, si bien que les bénéfices de deux premiers renflouent les deux autres. Si nous restons en l'état, cette société va dans le mur. J'ai donc passé un deal avec la présidente de Région, Carole Delga. Nous relançons les DSP (délégations de service public, NDLR) pour la partie qui nous concerne chacun, tout en créant deux nouvelles sociétés. La première que je présiderai (où nous aurons 60 % du capital et la Région 40 %), et une deuxième qu'elle présidera (avec 60 % pour la Région et 40 % pour nous). Au-dessus, nous installerons un GIE dirigé par l'actuel directeur de Montpellier Events, Cédric Fiolet. Cette nouvelle structure ne sera pas en déficit puisque la Région va injecter 53 M€ pour financer ce nouveau montage, pour rénover le Parc des Expositions, dont les installations ne sont plus à niveau..."

Le soutien à l'aéroport Montpellier Méditerranée : "En 2017, j'ai réduit notre contribution à la promotion des flux touristiques autour de l'aéroport de 565 000 à 5 000 € annuels, car j'estime que la destination des aides de la Métropole n'est pas assez visible dans ce groupement de commandes. Mais il n'y a aucune perte puisque le Conseil départemental de l'Hérault vient de décider de revenir au financement de la plate-forme, tandis que la CCI Hérault a elle aussi revu sa contribution à la hausse. Je suis prêt à discuter du financement pour la création de nouvelle lignes car dans cette hypothèse, l'effort de la Métropole sera visible."

L'avenir incertain de la LGV Montpellier-Béziers-Perpignan-Barcelone : "La Région défend davantage la LGV Toulouse-Bordeaux que Montpellier-Perpignan, ce qui se comprend pour une présidente issue de Midi-Pyrénées. Elle vient de lancer une pétition de deux paragraphes : l'un pour soutenir Toulouse-Bordeaux et Perpignan-Barcelone, l'autre pour demander rendez-vous à Emmanuel Macron. Je ne l'ai pas signée. D'abord, je n'ai besoin de personne pour contacter Macron. Ensuite, les Métropoles ne sont pas les façades des Régions. Enfin, Carole Delga a déjà rencontré le Premier ministre, hier, alors que sa propre pétition ne se termine que cette semaine ! Néanmoins, je soutiens les deux projets de LGV. Sur la LNMP, tous les élus sont solidaires. J'ai donc demandé que le voeu récemment voté par la Ville de Montpellier soit raccroché à cette pétition. Il nous faut une action concertée de tous les maires. Pourquoi la pétition de Carole Delga ne mentionne-t-elle pas le maire de Béziers ? Celui-ci ne porte que les intérêts des Biterrois dans ce dossier. Je refuse que l'on utilise la LGV contre Emmanuel Macron, que je soutiens toujours. Je refuse qu'on fasse des collectivités des chevaux de bataille contre le gouvernement."

Le projet d'agence de développement inter-Agglos : "Le contrat de coopération que nous avons signé en 2016 entre les Agglos d'Alès, de Nîmes, de Sète et la Métropole se traduit sur divers sujets tels que la culture, les transports ou le design. Nous avons un projet de d'agence de développement qui rassemblera ces partenaires s'ils le souhaitent. Nous créerons d'abord, dans les prochains mois, une association de préfiguration de l'agence. Montpellier a une grande attractivité mais manque de foncier au regard de toutes les demandes d'entreprises qui lui arrivent. Il est important d'avoir de bonnes relations avec les collectivités voisines pour travailler ensemble sur ces dossiers."

L'environnement de Montpellier : "Nous avions une stratégie reposant sur sept piliers afin de bâtir la Métropole. Celle-ci étant construite, nous devons lui donner de nouveaux outils pour qu'elle s'assoit à la table des grandes métropoles mondiales. Ce sont les villes, où résident 70 % de la population mondiale, qui dialoguent sur le plan international. Ce sont elles qui ont le pouvoir. C'est un nouvel ordre mondial. C'est pourquoi j'ai voulu organiser, les 6 et 7 avril 2019 au Corum de Montpellier, un Forum méditerranéen sur l'écologie. Nicolas Sarkozy avait eu cette intuition en travaillant sur l'Union pour la Méditerranée, mais il est difficile de créer un dialogue entre États. Or les maires ont tous les mêmes problèmes, et parlent tous le même langage. Ce forum est un processus appelé à se renouveler, je l'espère, avec un événement tous les deux ans."

Montpellier candidate pour accueillir le "bouquet géant" de l'artiste Jeff Koons : "J'ai vu la polémique autour du bouquet géant de Jeff Koons. Si l'État n'en veut pas pour l'emplacement prévu à Paris, nous nous portons candidats pour l'installer face à la nouvelle gare TGV Montpellier Sud de France. Un bouquet de fleurs géantes, ce sera le plus beau présage de réussite qui soit pour la future "vitrine" de Montpellier, le nouveau quartier Cambacérès, où nous installerons la gare, Montpellier Business School et d'autres écoles, des unités universitaires, des laboratoires santé, la Halle French Tech, le stade Louis Nicollin, et des industries culturelles et créatives (en plus de notre projet dédié sur l'ex-quartier de l'EAI)."

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Commentaires
a écrit le 09/02/2018 à 15:39 :
Je suis très contente

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