Maison de la Région à New York : l'Occitanie s’affiche sur la 5e Avenue

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Mathilde Bernard a récemment pris ses fonctions à la Maison de New York
Mathilde Bernard a récemment pris ses fonctions à la Maison de New York (Crédits : Pauline Compan)
La Maison de la Région à New York joue la carte premium avec des locaux face à la Trump Tower, sur la célèbre 5e Avenue. Si l'activité se concentre sur l’exportation des vins Sud de France, la nouvelle directrice Mathilde Bernard prévoit une augmentation des demandes dans le domaine des nouvelles technologies.

Comme sa cousine londonienne, la Maison de New York est un outil de la Région Occitanie et de la marque Sud de France, et une agence de prospection et de conseils pour les entreprises désirant pénétrer le marché américain. Le budget 2017 des quatre Maisons de l'Occitanie dans le monde était de 2,7 M€.

Face à la Trump Tower, la Région joue la carte de l'image et en profite pour louer sa salle d'une centaine de m², pour des événements d'entreprises, « dans une ville ou une salle se loue entre 10 000 et 15 000 dollars à la journée », assure Mathilde Bernard.

Aux États-Unis, un marché de 350 millions de consommateurs, l'antenne régionale a déjà accompagné plus de 2 400 entreprises via la marque Sud de France. Elle fête cette année ses dix ans d'existence.

+ 61 % du prix hectolitre pour le vin

« En dix ans, nous avons augmenté de 61 % le prix de l'hectolitre des vins Sud de France ! », assure Mathilde Bernard.

La nouvelle directrice (en poste depuis deux mois, après plusieurs années au sein de la Maison) est fière du chemin parcouru par la production régionale, face à la concurrence des Bourgogne, Bordeaux ou des vins locaux. « La valeur à l'export à augmenter de 25 %, entre 2016 et 2017, pour 67 000 hectolitres importés l'année dernière », rajoute-t-elle.

Le résultat d'un travail d'information et de sourcing des importateurs locaux. La Maison organise entre dix et quinze événements dans l'année pour faire connaître les producteurs. Deux journées phares, baptisées "Sud de France Calling", auront lieu le 25 et 26 février 2019. Elles regroupent une centaine d'acheteurs et 50 importateurs américains, pour 35 producteurs de vins régionaux.

« Trente importateurs sont issus du territoire new yorkais, le reste de tous les États-Unis, précise Mathilde Bernard. C'est un gros travail de prospection, mais ces rencontres permettent d'organiser des dégustations, un point essentiel dans un pays où le marketing est roi. »

Le boom du rosé

Sur les goûts des consommateurs, Mathilde Bernard constate un engouement particulier pour le rosé depuis trois ans, et une forte attirance pour les vins à cépages (une réalité courante dans le monde anglo-saxon, que l'on retrouve chez les Anglais).

« À New York, il y a de plus en plus d'amateurs et nous enregistrons plus de demandes sur les appellations, commente Mathilde Bernard. Le Corbières se vend bien, tout comme le Cahors, le Picpoul ou le Saint-Chinian, qui aura son propre événement à la Maison le 22 octobre prochain. »

Pour continuer à éduquer le consommateur américain, l'antenne intervient dans des programmes de formation universitaire sur la restauration, notamment avec l'université de Cornwell.

« Le bio suscite également l'intérêt des importateurs, poursuit Mathilde Bernard. Un quart d'entre eux en demande. Les États-Unis ne reconnaissent pas le label AB, donc il faut ensuite travailler la certification côté américain. »

Les start-ups : nouvelles cibles pour la Maison de New York ?

Si l'accompagnement à l'importation se concentre principalement sur les produits agro-alimentaires Sud de France (tapenade, huile d'olive, confiture), la Maison de New York enregistre depuis trois ans un bond des sollicitations de la part des start-ups, recommandées par la Région. Elle travaille notamment sur la délégation annuelle au CES de Las Vegas, dont la prochaine édition se déroulera en janvier 2019.

« Les entreprise sollicitent notre salle pour présenter leurs produits aux acheteurs. Vaonis avait lancé son télescope ici le 16 mai dernier, ils sont aujourd'hui vendus dans un grand magasin électronique sur la 34e avenue de New York. »

Selon la directrice, les start-ups françaises bénéficieraient d'une belle notoriété aux États-Unis. Elle les encourage surtout à démarcher directement dans la Silicon Valley. Si aucune antenne de la Maison n'est prévue sur la côté ouest, Mathilde Bernard croit que la présence d'une personne sur place pourrait, à terme, être utile à la Région.

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