Biotope met le cap sur l’Afrique

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À Panjin, dans le nord-est de la Chine, Biotope réhabilite une zone littorale de 300 000 ha, abritant la plus grande roselière du monde.
À Panjin, dans le nord-est de la Chine, Biotope réhabilite une zone littorale de 300 000 ha, abritant la plus grande roselière du monde. (Crédits : Biotope)
Biotope, le leader français de l’ingénierie écologique dont le siège est installé à Mèze (34), accentue son déploiement à l’international. Après une filiale en Chine ouverte en 2014, l’entreprise prospecte les terres africaines en vue d’ouvrir une agence en 2016.

Avoir un train d'avance. Parier sur un marché à défricher pour être les premiers quand la prise de conscience et l'activité viendront. Telle est la stratégie visionnaire impulsée par Frédéric Melki, le fondateur et dirigeant de Biotope, spécialiste français de l'ingénierie écologique basé à Mèze (34).

Biotope, 240 salariés dans le monde (dont 75 à Mèze, parmi lesquels 15 en R&D), réalise des évaluations environnementales pour accompagner de gros projets d'aménagement dans la réduction de leur impact sur la nature. L'entreprise accompagne également les collectivités locales dans la mise en œuvre de plans de gestion des aires naturelles protégées afin de concilier activités humaines et conservation de la nature et de ses écosystèmes.

Précurseur en France, où le marché se révèle en ce moment plutôt atone, Frédéric Melki poursuit sa stratégie de développement sur des territoires de la planète où ces thématiques ne sont pas encore forcément très considérées, anticipant ainsi leur inéluctable et prochaine prise en compte. À ce jour, l'entreprise a ouvert trois filiales à l'étranger : Madagascar, Casablanca et, en mars 2014, la Chine.

Un VIE à Casablanca

« Cette année, nous avons accentué l'effort à l'export, confirme Nicolas Roques, coordinateur de l'activité internationale de la société, et responsable des filiales chinoises et marocaines. En 2015, la part de l'export devrait passer de 5 à 15 % du chiffre d'affaires (17 M€ - NDLR). On insiste donc sur une importante montée en capacité des équipes sur l'export. Nous sommes persuadés que ce sont des métiers d'avenir pour tous les continents. »

Nouveau terrain de prospection à fort potentiel : l'Afrique.

« Nous avions un peu laissé en stand by la filière créée en 2012 au Maroc, pour mieux nous concentrer sur la Chine, poursuit Nicolas Roques. Nous avons recruté un VIE (volontariat international en entreprise - NDLR) en mars dernier pour  notre agence de Casablanca. Et nous cherchons à recruter un salarié sur place. Pas mal d'opportunités se dégagent. »

Selon Nicolas Roques, l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest se révèlent également intéressantes pour Biotope.

« Nous ne sommes pas implantés sur place pour le moment mais nous visons une implantation en 2016. Aujourd'hui, nous avons des projets en Côte d'Ivoire, ou encore au Gabon pour l'Agence nationale des parcs nationaux. Nous nous positionnons également au Sénégal, où nous avons obtenu du gouvernement, il y a deux mois, l'agrément pour faire des études environnementales ».

Commission européenne

Par ailleurs, Biotope sera maître d'œuvre du projet sur la compensation aux écosystèmes et à la biodiversité, financé par le FFEM (Fond français pour l'environnement mondial) et qui sera mis en œuvre, en partenariat avec de grandes ONG, dans quatre pays africains : la Guinée, Madagascar, le Mozambique et l'Ouganda.

« Ce projet s'étalera sur quatre ans, précise Nicolas Roques. Nous espérons qu'il nous permettra de nous développer localement. L'Afrique est un continent au potentiel gigantesque pour les décennies à venir. »

Biotope pourrait également s'intéresser à l'Amérique latine dans les mois à venir. En attendant, l'entreprise se réjouit de travailler désormais pour la Commission européenne. Des marchés décrochés il y a quelques mois (notamment sur la thématique de l'économie de la biodiversité) et qui devraient booster l'activité 2015 de Biotope.

« L'atout de ces contrats réside dans la reconnaissance de notre expertise et savoir-faire par cette institution internationale », explique Nicolas Roques.

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