Les forestiers privés du Languedoc-Roussillon se regroupent

Le contraste entre la ressource considérable que représente la forêt (1,2 million d’hectares en région) et son exploitation parfois défaillante pousse les forestiers privés à renouveler leur stratégie. Ceux-ci l’ont dévoilée à Montpellier, le 8 septembre.
La forêt occupe un tiers du territoire régional.
La forêt occupe un tiers du territoire régional. (Crédits : ERDF)

En région, la forêt représente une ressource considérable mais encore sous exploitée et peu valorisée. Inverser la tendance est un enjeu économique et environnemental qui passe par une mobilisation des forestiers privés. C'est le Languedoc paradoxe.

« Avec 1,2 million d'hectares, la forêt occupe un tiers du territoire régional, faisant du Languedoc-Roussillon la 5e région forestière de France, riche d'essences variées. Mais aujourd'hui, seuls 30 % de l'accroissement annuel sont récoltés » résume Jean-Marc Auban, directeur du Centre Régional de la Propriété Forestière, établissement public chargé d'orienter et de développer la gestion des forêts des propriétaires privés.

 La topographie (60 % des forêts sont en zone difficilement exploitable), une faible productivité des peuplements méditerranéens, l'insuffisance de la desserte sont autant de raisons qui expliquent cette sous exploitation. Mais pas seulement.

« Les trois quarts des bois appartiennent à 129 000 propriétaires privés dont 80% détiennent 20% de la surface. Ce morcellement pose des problèmes de gestion et de renouvellement des forêts alors qu'il existe un vrai potentiel en termes de création d'emplois et de valeur ajoutée », poursuit Jean-Marc Auban.

Structurer la filière

D'où la nécessité de mieux mobiliser cette ressource. « Les débouchés existent, encore faut-il pouvoir répondre aux attentes des opérateurs, confirme Sylvie Coisne, présidente de l'Union Régionale de la Forêt Privée du Languedoc-Roussillon. Et tant que l'approvisionnement ne sera pas assuré de façon stable et significative, la filière ne pourra pas se développer. »

Une logique qui oblige les petits forestiers à se regrouper et à structurer, autour de stratégies locales. Président du Groupement de développement forestier du Gard, Jean-François Dromel a ainsi lancé une opération test dans le massif de Saint Cau en pays viganais, au travers d'une Association syndicale libre de gestion forestière. Un système dans lequel les adhérents restent maîtres de leurs biens et de la gestion mais qui permet de mutualiser les coupes et la commercialisation.

Objectif : « trouver une utilisation économique notamment en développant la filière bois énergie pour pouvoir replanter et assurer les mutations de la forêt face au changement climatique », souligne Jean-François Dromel.

« Les contraintes naturelles sont des atouts : elles nous obligent à trouver de nouvelles essences, sources de biodiversité et d'applications supplémentaires : chimie verte, arbres médicinaux... », renchérit Jeannine Bourrely, présidente du CRPF LR. En l'occurrence, les forêts languedociennes qui ne sont plus adaptées au climat et au sol dépérissent.

 Fibre écologique

« La forêt est un acteur majeur du développement durable car véritable pompe à carbone, premier contributeur aux énergies renouvelables... Pour sensibiliser les propriétaires, le discours passe autant par une approche économique qu'écologique, sachant qu'il existe des solutions techniques et des aides publiques notamment pour améliorer la desserte forestière mais aussi d'industriels, pour le reboisement », poursuit Sylvie Coisne.

Les instances des forêts privées ne restent pas non plus les bras croisés. En ligne de mire ? L'organisation d'un forum régional financé par les acteurs économiques et les entreprises de la filière et parrainé par le Conseil Régional, le 8 octobre à Montpellier.

« Par ce biais, nous voulons donner l'envie et des clés aux propriétaires pour devenir de véritables sylviculteurs, sortir du bois, faire connaître et reconnaître le rôle économique, social et environnemental que joue la forêt sur le territoire, y compris auprès du grand public, victime d'idées reçues. »

Le message s'adresse aussi aux élus : « rien ne peut se faire sans politique d'accompagnement. Dans le cadre de la reconduction du contrat triennal AGIR pour la Forêt et le Bois qui sera signé par la Région le 21 septembre, nous allons batailler pour essayer d'obtenir plus. »

Une dynamique est en marche, qui constituera une contribution à l'élaboration de la stratégie régionale Midi Pyrénées/Languedoc- Roussillon. Histoire d'assurer un avenir sans embûche, à la filière bois.

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