GRDF, acteur engagé de la transition énergétique

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André Sautet, directeur territorial régional LR de GRDF.
André Sautet, directeur territorial régional LR de GRDF. (Crédits : DR)
En Occitanie, outre la distribution du gaz, GRDF construit avec ses partenaires l’avenir énergétique de la Région via le développement du biométhane et de la mobilité propre au BioGNV.

GRDF (Gaz Réseau Distribution France) distribue le gaz pour le compte de 46 fournisseurs sur l'ensemble du territoire à travers un réseau de 200 000 km.

«  Entre ce réseau et les stockages souterrains, nous avons à peu près 4 à 6 mois de consommation de la France, ce qui nous donne une grande sécurité d'approvisionnement. Cette sécurité est le socle de notre activité », estime André Sautet, directeur territorial Languedoc-Roussillon

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Le biométhane, énergie renouvelable

Fort de ses missions de service public, GRDF Occitanie, qui dessert en gaz naturel 823 communes pour quelque 877 526 clients, est engagé aux cotés des collectivités locales sur les enjeux de gestion, de sécurité du réseau et de qualité du gaz. Mais l'opérateur veut aller plus loin, convaincu de l'avenir du gaz dans la transition énergétique.

« Le gaz naturel est l'énergie fossile la moins productrice de CO2, rappelle André Sautet. Il faut aujourd'hui faire en sorte qu'il soit produit sur le territoire et non en le puisant dans le sol. Trois techniques sont prometteuses :  la méthanisation, la méthanation et la gazéification. »

Procédé innovant, la méthanisation est connue pour produire du biogaz (composé de CO2 et CH4) à partir de déchets fermentescibles (industriels, agricoles, ordures ménagères ou boues de stations d'épuration) acheminés sur une unité de méthanisation et insérés dans un digesteur où ils sont chauffés et brassés. Une fois épuré, le biogaz devenu du biométhane, gaz vert qui possède les mêmes caractéristiques que le gaz naturel, est injecté dans le réseau de distribution.

« Le biométhane est une source d'énergie alternative, renouvelable et propre qui réduit les émissions de gaz à effet de serre et améliore la qualité des sols en substituant les engrais chimiques par un engrais organique, détaille André Sautet. En partenariat avec la Région, nous travaillons sur une cinquantaine de projets de méthanisation. »

Deux viennent d'ailleurs de se concrétiser : Biometharn à Aiguefonde (81), première unité de méthanisation agricole de la Région, et une centrale de méthanisation des boues de la station d'épuration de Perpignan (66).

Un réseau entièrement vert

Constituant une source supplémentaire d'énergie renouvelable, pyrogazeification - gaz créé à partir du bois ou combustibles solides de récupération comme les matières plastiques - et méthanation sont deux techniques prometteuses. Pour rappel, à la différence de la méthanisation, la méthanation est un process industriel consistant à faire réagir du dioxyde de carbone ou du monoxyde de carbone avec de l'hydrogène, lui-même créé à partir d'eau (H20) en utilisant l'électricité photovoltaïque ou éolienne non consommée.

« L'un des engagements de Carole Delga était de faire de l'Occitanie la première région à énergie positive d'Europe. Cela induit une baisse de la consommation d'énergie par habitant et la fabrication d'électricité et de gaz renouvelables. Dans ce contexte, les gaz renouvelables ont un rôle structurant en proposant des solutions innovantes et compétitives. En combinant la baisse des consommations de gaz et les 3 techniques, on arrivera à l'objectif de produire 100 % de gaz renouvelable en 2050 »,  affirme le directeur territorial Languedoc-Roussillon.

De belles perspectives liées au BioGNV

Injecté dans le réseau de gaz naturel, le biométhane peut être utilisé pour le chauffage, l'eau chaude sanitaire, mais surtout comme carburant : on parle alors de bioGNV. Actuellement peu répandu en France, le bioGNV présente pourtant de nombreux atouts : quasi absence de particules, peu d'oxydes d'azote, 50 % de bruit de moteur en moins, 30 % moins cher que le diesel et une autonomie jusqu'à 500 km.

«  L'ensemble des bus de Montpellier Métropole fonctionnent avec ce carburant et ceux de Béziers Agglomération sont en train d'y passer. Nous travaillons avec les agglomérations pour que les gros véhicules (bennes à ordures ménagères, poids lourds, bus...) passent au bioGNV », commente André Sautet.

Le BioGNV permettant, de plus, de réduire de 95 % les émissions de GES (CO2), toutes les parties prenantes, dont l'ADEME, sont d'accord sur le fait que sa valorisation la plus vertueuse est son utilisation en BioGNV pour une mobilité propre. L'Agence et l'Etat ont d'ailleurs lancé un appel national à projet « Solutions intégrées de mobilité GNV ». Accompagnée par GRDF et d'autres entreprises régionales, soutenue par une quinzaine de présidents d'agglomération, la start-up montpelliéraine Seven Occitanie a décroché un marché de 20 stations GNV, dont 17 en Occitanie.

« Jusqu'à présent on tournait un peu en rond, reconnaît André Sautet. Les industriels ne voulaient pas financer de réseau tant que le parc de véhicules n'était pas développé et peu voulaient acheter des véhicules car il n'y avait pas assez de stations GNV. Avec le projet de Seven Occitanie, une dynamique collective est lancée. C'est même une lame de fond. L'Occitanie va avoir le meilleur maillage de France en stations bioGNV. »

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Commentaires
a écrit le 15/11/2018 à 15:12 :
Bonjour,
Malheureusement, la production d'énergie par traitement thermique des déchets n'a rien de renouvelable. La réglementation considère que la gazéification et l'incinération sont partiellement renouvelables au regard du carbone biogénique dont il s'agit (bois, papier, etc.), mais le traitement thermique de déchets qui pourraient être recyclés est contre-productif au niveau environnemental. En tout état de cause, cela n'est pas vert car guère soutenable à terme, et polluant, en particulier pour ce qui concerne les combustibles solides de récupération (déchets constitués de toutes sortes de matières, type plastique, textiles, bois, etc.).
Bien à vous,

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