Arkolia Énergies dévoile son méga projet Solarzac malgré les oppositions

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Le projet Solarzac déploierait de 180 à 320 MW de puissance électrique selon les scenarii
Le projet Solarzac déploierait de 180 à 320 MW de puissance électrique selon les scenarii (Crédits : CC by Pixabay)
L'entreprise héraultaise Arkolia Énergies a dévoilé, le 16 avril, les trois scenarii à l'étude pour son projet de parc photovoltaïque à Le Cros (34), qui pourrait mobiliser jusqu'à 600 M€ d'investissement. La phase de concertation préalable, qui s'ouvre, donne lieu à de vives oppositions sur le Larzac.

Spécialisée dans les installations de production d'énergie renouvelable (biomasse, solaire et éolien), Arkolia Énergies porte un projet de parc énergétique de grande envergure, baptisé Solarzac, dans la commune de Le Cros (34), au sein de la Communauté de communes du Lodévois et Larzac. L'entreprise, basée à Mudaison (34), vient d'en dévoiler les caractéristiques dans trois scenarii possibles, mis à l'étude dans le cadre de la procédure de concertation préalable qui s'ouvrait le jour de cette présentation, le 16 avril :

  • un projet de 220 ha en photovoltaïque déployant une puissance de 180 MW ;
  • un deuxième projet du même type, sur 400 ha, pour une puissance de 320 MW ;
  • un troisième projet (400 ha) combinant 180 MW en électrique photovoltaïque et 138 MW en biométhanisation.

"Il y aurait un quatrième projet possible selon ce qui ressortira du débat public", précise Laurent Bonhomme, président d'Arkolia. Lequel rajoute que les trois scenarii envisagés mobiliseraient, respectivement, des investissements de 200 M€, 300 M€ et 600 M€.

De vives oppositions locales

Solarzac serait installé au sein d'une chasse privée de 1 045 ha située dans cette partie sud du Larzac. Depuis l'annonce du projet, de vives oppositions se manifestent localement, au motif notamment que "la zone concernée par cette installation électrique est totalement incluse dans plusieurs sites du réseau européen Natura 2000 se superposant et définis comme tels au titre des deux directives Habitat, Faune flore et oiseaux", selon un communiqué diffusé par l'association Terres de Larzac.

Sur le plan politique, une première motion a été votée, le 21 février, au sein du bureau communautaire (33 élus) de la Communauté de communes du Lodévois et Larzac : ce dernier s'est prononcé contre le projet Solarzac à la majorité, sur quatre griefs. Le conseil communautaire (54 titulaires), quant à lui, n'a pas encore été saisi à ce stade de la concertation.

Preuve des tensions, la Commission nationale du débat public suit de près l'avancement de la procédure. Un garant a été nommé pour veiller à l'information des populations locales le temps de la concertation, qui se terminera le 27 juillet.

Des enjeux financiers et industriels

De son côté, Arkolia fait valoir que Solarzac pourrait se traduire par des créations d'emplois (une trentaine pour l'exploitation du parc dans le scénario 3), et par des retombées fiscales variables, là encore, selon la nature du projet retenu. "Ce sera au moins 1,5 M€ dans le scénario 1, dont 50 % iront directement à la Communauté de communes", indique Laurent Bonhomme.

Mais Arkolia, qui pousse à la réalisation du scénario 3, insiste surtout sur le potentiel industriel de ce projet précis. Ce dernier intègre l'approche dite "power to gas", ou conversion d'électricité en gaz : l'électricité non consommée produite par la centrale solaire est convertie en biogaz (gaz hydrogène) par électrolyse de l'eau. Ce gaz vert peut être, ensuite, directement réinjecté dans le réseau de GrDF.

Le procédé "power to gas" implique aussi d'extraire le CO2 de l'air au moyen d'extracteurs. Arkolia explique qu'en cas de validation du scénario, le projet nécessiterait de construire, ailleurs en région, une usine pour la fabrication d'extracteurs, avec 50 emplois supplémentaires à la clef : 2 500 dispositifs de ce type seraient intégrés au seul projet Solarzac.

"Il y a une vraie concurrence mondiale entre pays industrialisés sur le "power to gas" car on ne pourra pas se passer d'énergies fossiles. Et sans procédé d'extraction volontariste, on ne pourra pas non plus tenir les objectifs de la COP21. Jusqu'ici les opérateurs étaient payés à la tonne de CO2 extraite, mais à travers des fondations et donc des financements trop réduits. Or le "power to gas" permet de monétiser le CO2 extrait dans de plus gros volumes via la production et la revente de biogaz", insiste Laurent Bonhomme.

La concertation en cours est préalable au processus d'urbanisation du projet Solarzac. À la fin de ce dernier s'ouvrira la phase de l'enquête publique, ce qui situerait la livraison du projet à horizon 2024 "dans le meilleur des cas", selon Laurent Bonhomme.

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Commentaires
a écrit le 09/05/2019 à 16:04 :
Projet absurde d'une entreprise privée qui nous servira une électricité coûteuse, ne s'intégrant en aucun cas dans un cadre "développement durable": destruction massive d'habitats (faune et flore), destruction du patrimoine paysager, privatisation de l'environnement collectif par le biais de finances publiques. Au même titre que les champs d'éoliennes.
L'avenir de l'énergie solaire passe d'abord par l'autoconsommation (toits maisons, industries, commerces,...). La géothermie peut servir des projets collectifs tels résidences, lotissements,... L'énergie fournie par les industriels ne doit que suppléer. Affaire de fric
Ce projet ne peut que servir à dépolluer les villes en polluant les campagnes et ne donner que bonne conscience aux écolos bobos des villes gérant l'environnement que par logiciels interposés.
Ce projet ne servira qu'à vendre de l'électricité à d'autres pays européens.
a écrit le 17/04/2019 à 15:48 :
Compte tenu du faible rendement du photovoltaïque, (et de l'éolien) , que la consommation d'électricité et les économies d'énergie ne vont pas dans le sens de la baisse, le nucléaire a de beaux jours devant lui. Un EPR de plus, vite...

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