Montpellier vise la neutralité carbone en 2050

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S. Jannin et P. Saurel, vice-présidente et président de la Métropole, dévoile les grandes orientations du prochain Plan Climat
S. Jannin et P. Saurel, vice-présidente et président de la Métropole, dévoile les grandes orientations du prochain Plan Climat (Crédits : M3M)
Le maire de Montpellier Philippe Saurel a révélé, le 21 octobre, les grands axes du 2e Plan Climat de la Métropole, en cours de révision. Parmi les objectifs figurent notamment les 100 % d'énergies renouvelables dans la consommation du territoire d'ici 2050.

Montpellier Méditerranée Métropole (M3M) complète son dispositif de lutte contre le réchauffement climatique : après la refonte du Schéma de cohérence territoriale (Scot, voté en novembre prochain) sanctuarisant deux tiers d'espaces agricoles et la publication de son Manifeste pour une ville écologique et humaniste, largement mis en avant lors du dernier Sommet du Pacte de Milan, elle s'attaque à la révision de son Plan Climat. L'objectif global est d'arriver à la neutralité carbone à l'horizon 2050 : cette stratégie vise un état d'équilibre à atteindre entre les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine et leur retrait de l'atmosphère.

"Le Plan Climat un document obligatoire pour toutes les intercommunalités, mais j'ai voulu qu'il soit intégré au futur plan local d'urbanisme intercommunal (le PLUI, qui entrera en discussion en 2020, ndlr) de sorte qu'il inspire la rédaction de ce document stratégique, d'une part, et qu'il irrigue les politiques publiques de la Métropole pour les 30 ans à venir, d'autre part", annonce Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de M3M.

Après une première mouture qui couvrait la période 2013-2019, le futur Plan Climat de la Métropole, rédigé pour une durée de six ans lui aussi, intègre d'abord une orientation stratégique tournée vers l'atténuation des émissions de CO2. Selon Stéphanie Jannin, vice-présidente de M3M déléguée au développement durable, elle nécessitera d'arriver à un taux de 90 % de rénovation thermique du parc urbain en 2050.

Parmi les autres signaux forts évoqués pour ce premier degré d'intervention d'ici 2050 : les 100 % d'énergies renouvelables (ENR) dans la consommation du territoire (dont 50 % produits localement) ; les 100 % d'approvisionnement du réseau de chaleur et de froid par des ENR ; les 0 % de déchets non valorisés, etc.

Désimperméabiliser les sols

Ensuite, le futur Plan Climat intégrera un deuxième volet décrivant des actions pour "l'adaptation des comportements et des pratiques". Stéphanie Jannin cite notamment l'objectif de "zéro artificialisation nette" en 2050, qui vise à désimperméabiliser les sols de la Métropole.

"Il s'agit de la traduction d'une volonté nationale (du législateur, ndlr) mais aussi d'un changement de culture d'urbanisation. Nous posons l'obligation d'intégrer des espaces en terre aménagés au sein de quartiers qui sont 100 % imperméables aujourd'hui. Nous l'avons fait pour les espaces publics du Plan Campus, et nous l'envisageons aussi pour des parkings de supermarchés, de salles de spectacle, ou encore des cours de récréation dans les écoles. Dans le cadre du futur PLUI, nous poserons cette obligation à l'échelle de la parcelle : la règle est qu'un tiers de l'espace soit rendu perméable", souligne Philippe Saurel.

Parmi les autres pistes d'actions présentées pour ce 2e volet figurent aussi : les 100 % de parcelles du territoire métropolitain engagées en agroécologie d'ici 2050 ; les 100 % de produits bio et locaux dans les cantines en 2030 ; la séquestration du carbone à travers la plantation d'arbres ; l'accompagnement des entreprises vers leur propre transition écologique à travers le Conseil de l'industrie positive ; les 100 % d'habitants sensibilisés à ces sujets d'ici 2030, etc.

Ces différentes actions sont des premières orientations données par M3M à la suite du diagnostic réalisé, lors d'un conférence publique au Corum de Montpellier le 27 mars 2019, et validées par les 31 maires de la Métropole. Un plan définitif sera annoncé, présenté et mis à disposition du public en novembre.

Comme le premier Plan Climat, cette nouvelle version fera l'objet d'une évaluation, au bout de trois ans, conduite par le Conseil métropolitain, le Conseil de développement de la Métropole, le Conseil de l'industrie positive, ainsi qu'un conseil scientifique formé de chercheurs et d'experts indépendants créé à cette fin.

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Commentaires
a écrit le 22/10/2019 à 13:36 :
Nous autres régions méridionales n'avons aucune excuse de ne pas être à la pointe de ces nouvelles énergies du fait de nos surfaces maritimes pouvant accueillir en masse éoliennes offshore et marée motrice.

Et de vaste plans pour remplacer les toits par des panneaux solaires pourrait ajouter un gain supplémentaire non négligeable nous permettant de vendre l'énergie quand le soleil est haut...

AH mais j'entends Total et EDF qui sont pas d'accord bizarrement...

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