Pollution plastique des océans : [email protected] signe ses 1ers contrats avec des industriels

La start-up [email protected], incubée à l’Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer, étudie les effets des plastiques dans les écosystèmes marins et accompagne les entreprises dans leur transition vers des produits plus respectueux de l’environnement. Elle voit aujourd’hui son activité commerciale décoller avec la signature de six clients industriels et des perspectives de croissance pour 2021.
Anne-Leila Meistertzheim, P-dg de Plastic@Sea.
Anne-Leila Meistertzheim, P-dg de [email protected] (Crédits : [email protected])

L'Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer (66), connu sous le nom de "laboratoire Arago", est un lieu privilégié pour l'étude marine, et abrite aussi un petit incubateur pour des start-ups issues de la recherche. C'est dans cet environnement que se développe l'activité de [email protected], une jeune pousse qui veut lutter contre l'impact écologique de la pollution plastique.

Une question d'autant plus cruciale qu'une étude inédite de l'agence scientifique du gouvernement australien (CSIRO) vient d'estimer que 14 millions de tonnes de plastiques jonchent les fonds des océans.

Créée par deux chercheurs, Anne-Leila Meistertzheim (docteur en biologie marine et toxicologue) et Jean-François Ghiglione (docteur en écotoxicologie microbienne), [email protected] a démarré son activité commerciale en janvier 2019. Outre ses recherches sur la biodégradabilité et la toxicité des plastiques en milieu marin, l'entreprise développe des prestations de consulting pour proposer aux industriels des méthodes alternatives aux emballages plastiques.

"Nous travaillons notamment, avec d'autres laboratoires en France, sur l'établissement d'une nouvelle norme sur la non-toxicité des plastiques en mer, détaille Anne-Leila Meistertzheim, P-dg de [email protected] Il nous faut aussi établir une méthode pour évaluer la biodégradabilité des plastiques en mer, car il existe aujourd'hui des normes terrestres mais pas marines. Une fois dans les eaux, les plastiques deviennent de plus en plus petits, mais ne se dégradent pas."

Des acteurs de l'emballage professionnel

Avec ses clients industriels, [email protected] propose tout d'abord un bilan de la toxicité et de la biodégradabilité des plastiques utilisés dans leurs activités.

"Nous recherchons ensuite des alternatives et nous testons des prototypes avec de nouvelles matières, directement dans les lignes de production du client, explique Anne-Leila Meistertzheim. Une étape importante, car certaines manipulations sur la matière peuvent changer les réactions des bactéries responsables de la biodégradation. Il faut donc tester les solutions en situation."

[email protected] vient de signer plusieurs partenariats avec des industriels, et comptera six clients dès janvier 2021, pour un chiffre d'affaires estimé à 400 000 €.

"Nous communiquerons sur un premier gros client, un transformateur, dès l'année prochaine, mais pour le moment, la majorité de notre portefeuille sont des acteurs de l'emballage professionnel, veut bien préciser la dirigeante. Nous espérons bientôt travailler avec des entreprises de l'industrie agro-alimentaire."

Une activité lancée avec le ministère de la Transition écologique

C'est une étude commandée par la Ministère de la Transition écologique qui a lancé l'activité de l'entreprise. La recherche devait identifier des alternatives aux microbilles plastiques dans les cosmétiques, qui sont interdits sur le marché depuis l'application de la loi Biodiversité du 1er janvier 2018 (qui a également interdit le coton-tige à usage unique à partir du 1er janvier 2020).

Mais [email protected] participe aussi à des missions de collecte et d'analyse des déchets marins, notamment avec la Mission Microplastiques 2019 organisée par Tara Océan de mai à novembre 2019. Elle participe aussi aux expéditions de l'ONG 7e continent ou de la fondation Race for Water.

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