Autoconsommation : comment fonctionne la première communauté énergétique de Beoga

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La première communauté énergétique expérimentée par la start-up montpelliéraine Beoga, située dans le village de Le Cailar (30), comprend six maisons et une installation sportive.
La première communauté énergétique expérimentée par la start-up montpelliéraine Beoga, située dans le village de Le Cailar (30), comprend six maisons et une installation sportive. (Crédits : DR)
Produire, consommer et partager son électricité verte en circuit court au sein d’une communauté énergétique. C’est ce que commence à expérimenter la start-up montpelliéraine Beoga, qui démarre sa première expérimentation à Le Cailar, dans le Gard, où les occupants de six maisons et une installation sportive partageront une électricité 100% renouvelable produite sur place.

Un lotissement de six maisons et une installation sportive constituent la première communauté énergétique expérimentée par la start-up montpelliéraine Beoga. Baptisée Smart Lou Quila et située dans le village de Le Cailar, dans le Gard, cette communauté est officiellement lancée ce 26 mars, en partenariat avec Enedis et le fournisseur d'énergies 100% renouvelables Planète Oui.

Ses membres vont se partager une électricité 100% renouvelable et locale, car produite par des panneaux photovoltaïques installés sur leurs toits et sur celui du stade municipal (cinq installations pour 18 kWc). Cette communauté énergétique dispose, en complément, de trois équipements de stockage, des batteries stationnaires de 10 kWh chacune, ainsi que deux véhicules électriques, des vehicules-to-grid (V2G), et des bornes bidirectionnelles.

Beoga a mis au point un écosystème comprenant une offre d'accompagnement à la création de communautés énergétiques et une solution technologique pour leur optimisation.

Révéler l'énergie non exploitée

Dans cette première communauté énergétique expérimentale, le banc d'essai fonctionnera selon deux principes : l'échange d'énergie de pair à pair par le pilotage des ressources distribuées, et l'agrégation des capacités de stockage (batterie, voiture électrique...).

Les membres de la communauté maîtrisent leur consommation et leur production quasiment en temps réel grâce à l'interface développée par Beoga. En développant des algorithmes spécifiques, l'écosystème Beoga révèle l'énergie non exploitée, la pilote et la partage entre tous.

« Notre solution permet d'optimiser l'autoconsommation collective et l'échange d'électricité entre particuliers, explique Amaury Pachurka, président de Beoga. Elle permet également de mobiliser des ressources énergétiques non exploitées par les utilisateurs et d'en faire profiter tout le réseau. Cela fonction avec une application smartphone pour les usagers, qui permet de voir l'état de ses propres installations et l'état des installation de la communauté en termes de production, de consommation, de surplus éventuel, etc. Chacun peut connaître l'énergie disponible dans la communauté, ce qu'il peut consommer et choisir de lancer ou pas certaines charges. Notre solution pilote les charges lourdes et les batteries stationnaires mais pas la domotique. Mais les membres de la communauté restent connectés au réseau, ils sont en autoconsommation pas en autonomie. Ainsi, le surplus qui n'est pas utilisé par la communauté est revendu au réseau. La valeur est répartie au sein des membres en fonction de leur comportement car tout est tracé. L'objectif est de déclencher des modifications comportementales et d'usages. »

Habitat individuel ou immeuble

À terme, Beoga ambitionne de diminuer la facture énergétique de la communauté de 15% et d'injecter 20% d'énergie renouvelable.

« L'avantage que présente la communauté énergétique en autoconsommation, c'est de mutualiser les investissements et de produire plus, avec un impact sur le prix de l'électricité, ajoute le dirigeant. L'expérimentation démarre, la production et le stockage fonctionnent, la collecte de données a déjà commencé. Deux doctorants travaillent pour continuer à développer l'algorithme. »

La jeune entreprise innovante vise aussi bien les habitats individuels que les immeubles : « Nos canaux pour atteindre les possibles communautés énergétiques sont les fournisseurs, les collectivités et les bailleurs, précise Amaury Pachurka. Notre objectif est de proposer une rentabilité à treize ans ».

1% des foyers français

Beoga, qui est hébergée au BIC de Montpellier et a rejoint l'accélérateur Cleantech Booster fin 2020, emploie aujourd'hui dix salariés : « Nous avons un plan de recrutement de trois personnes par semestre sur les trois prochaines années, plutôt sur des profils R&D, développement et rapidement commercial, mais nous avons du mal à recruter », souligne le dirigeant.

Sa trajectoire prévoit de lancer la commercialisation des offres d'accompagnement à la création de communautés énergétiques dès le mois de juin prochain, de façon à ce qu'elles soient prêtes à fonctionner à la mi-2022.

« Nous ciblons les collectivités en premier, comme par exemple des métropoles qui auraient des projets d'éco-quartiers. Mais notre offre peut intéresser des zones commerciales, on échange avec des enseignes... Nous visons 1% des foyers français. Et ensuite certains marchés internationaux, notamment dans des pays développés ayant une réglementation qui permet l'autoconsommation. »

La start-up, qui jusqu'à présent s'est financée sur fonds propres et grâce à des aides publiques, devrait lancer, en juin prochain également, une levée de fonds en crowdfunding de 500.000 euros sur la plateforme Wiseed.

« Initialement, on pensait lever 2 millions d'euros en 2021 mais nous avons pivoté : comme nous avons été sélectionnés pour le prochain Montpellier Capital Risque, nous allons mieux nous préparer. Par ailleurs, nous sommes aussi sélectionnés pour le concours I-Lab (Bpifrance, NDLR), ce qui nous donnera également des ressources. »

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Commentaires
a écrit le 28/03/2021 à 13:55 :
wow
la belle idee
le petit souci c'est que sur la facture, 80% sont des taxes car l'etat socialiste a faim
comment vont ils etre imposes et payer des taxes pour financer l'etat et la secu? ( sachant bienentendu que si on les rajoute a la fin, ce qui va vite etre le cas, tout de suite le projet sera moins interessant ( c'est aussi pour ca que le chauffage au bois est interdit; c'est pas ecolo, vu qu'on peut acheter des steres au noir, ou pas trop cher, ce qui est contre le socialisme gourmand et les taxes dont hollande pense qu'il n'y en n'a pas assez ( pour les autres)
a écrit le 27/03/2021 à 11:12 :
Encore un article progressiste, merci beaucoup de nous le publier et merci à cette start up d'avoir une cette idée génial. L'autonomie et l'indépendance terrifiant notre classe dirigeante cela n'a pas du être simple et ce ne le sera certainement pas pour faire grandir et prospérer cette idée. Courage a eux et qu'ils tiennent bon ce sont eux qui ont raison.
Réponse de le 27/03/2021 à 20:50 :
L'autonomie électrique, à part chagriner EDF, a l'intérêt immense de faire autant d'électricité à ne PAS produire, comme les aspirateurs économes, les grille pain qui ne chauffent qu'une fente quand y a pas deux tranches de pain, l'éclairage économe, tout ça est destiné à avoir moins d'électricité à produire (c'est laborieux, le gaz & pétrole ça se 'récolte'). Si vous êtes totalement autonome, tant mieux pour vous. EDF aura de toute façon les industriels comme clients, eux peuvent difficilement être autonomes, en sidérurgie, un four à arc, ça affole le compteur électrique.
Le Danemark est autonome, en bilan, il vend du courant et en achète quand besoin, bilan = 0, mais déconnecté des pays voisins il aurait des ennuis.
A une époque on parlait de pile à combustible à mettre dans le garage, alimentée au méthanol, chacun aurait la sienne et pas de compteur Enedis, mais ça a disparu, reste que celle à hydrogène, dommage.
Réponse de le 28/03/2021 à 9:49 :
C'est pour cela qu'ils nous ont imposé en force le compteur linky en fait, pour nous imposer des abonnements à savoir on pourra se passer d'eux mais faudra payer une compensation exactement comme quand il faut en payer une à véolia si on veut installer des toilettes sèches afin de compenser leur manque à gagner.

Le néolibéralisme n'est qu'un nihilisme économique mais me confirme que nous sommes bien en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.

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