Robotique et mesure : après le nucléaire, Innowtech se développe dans d’autres industries

SERIE CLEANTECH (3/4) - Face à des opportunités de marché à l’international, notamment en Australie, la société gardoise Innowtech, spécialisée dans les robots capteurs pour la mesure en milieux sensibles, vise la phase d’industrialisation et diversifie ses marchés cibles. Une ouverture de capital pourrait être annoncée dès 2022.

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RIM (Robot for Investigation Measurement), le premier robot conçu par Innowtech pour prendre des mesures dans des milieux irradiants, a servi de base technologique pour les robots de mesure suivants.
RIM (Robot for Investigation Measurement), le premier robot conçu par Innowtech pour prendre des mesures dans des milieux irradiants, a servi de base technologique pour les robots de mesure suivants. (Crédits : Innowtech)

Basé aux Angles (Gard), Innowtech développe, depuis sa création il y a tout juste trois ans, des outils modulables, autonomes, pour collecter des mesures dans des milieux contraints ou hostiles.

Incubée au BIC Innov'up et accompagnée par le CleanTech Booster, la startup (aujourd'hui sept personnes) s'est d'emblée positionnée sur le marché du nucléaire. En partenariat avec l'entreprise gardoise Adapt Nuclear (spécialisée dans la création et la transformation d'instruments et de systèmes), elle a développé son premier robot RIM (Robot for Investigation Measurement), prototype compact, téléopéré, modulable et autonome, capable de mesurer l'impossible en collectant des données dans des milieux irradiants.

« RIM nous a permis d'assembler toutes nos briques technologiques : autonomie sans fil, facilité de déploiement, légèreté (moins de 5 kg, NDLR), pilotage autonome, caméra embarquée, etc., résume Alain Godot, fondateur d'Innowtech. Il a ainsi servi de base à de nouveaux produits, dont le dernier système de mesure robotisé Conta-Rim dédié au marché australien. »

Intégrer l'écosystème européen de la robotique

Contraint par la crise sanitaire à ralentir sa stratégie commerciale, Innowtech s'est recentré sur le développement technologique. Au plus fort de la lutte contre le Covid-19, l'entreprise a collaboré avec trois autres sociétés du CleanTech Booster (Sirea, Sterixène et Fadilec) pour proposer une solution innovante permettant de répondre aux besoins de décontamination et désinfection des locaux. Le prototype, baptisé ReCOVery, a été testé à l'hôpital de Bagnols-sur-Cèze.

« Le projet est toujours en cours de développement mais le marché de la désinfection de surface n'est plus une priorité », admet Alain Godot.

Début 2021, la société a été sollicitée par EDF pour faire de la mesure de décontamination au sol d'installations nucléaires, notamment le démantèlement d'un réacteur en Bretagne. Après cette collaboration, toujours en cours, Innowtech vient de signer un contrat avec ANSTO (Australian Nuclear Science and Technology Organisation), agence publique au service de la médecine nucléaire.

« L'objectif final est de généraliser l'utilisation du produit dans la totalité des installations ANSTO », avance le dirigeant d'Innowtech.

Dans la foulée, la société va participer, avec deux autres partenaires (le français EyeSnap et le suisse TotalYmage) au projet européen RIMA (Robot pour l'inspection et la maintenance) pour développer un robot présentant une fonction complète pour l'inspection dans les installations industrielles (vidéos 360°, IA embarquée...). Un projet ambitieux sur quatorze mois, financé par l'UE, dont la finalité est la conception d'un prototype qui sera expérimenté en France, en Espagne ou en Slovénie.

« Cela va nous permettre de nous retrouver dans un écosystème de la robotique pour l'inspection au niveau européen », se réjouit Alain Godot.

Investir dans un outil de production

Pour accélérer son développement, Innowtech diversifie également les marchés industriels en allant sur le pétrole, le gaz et le bâtiment. En phase de structuration commerciale, la société projette de se lancer d'ici deux ans sur les marchés chinois, anglais, espagnol et allemand.

En attendant, sa priorité est d'industrialiser en petite série ses robots (commercialisés entre 15.000 et 80.000 euros) : « Nous voulons les fabriquer nous mêmes de manière à maitriser la chaine de valeur, les coûts, la qualité, et créer des emplois », précise Alain Godot.

Après une première levée de fonds au printemps dernier (montant confidentiel), le dirigeant envisage une nouvelle ouverture de capital courant 2022. Innowtech pourrait alors doubler ses effectifs, passant de 7 à 14 salariés, et déménager « mais en restant dans le Gard », annonce le dirigeant. En 2020 la société gardoise a réalisé un chiffre d'affaires de 180.000 euros, et elle vise les 750.000 euros en 2022.

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