Créalia vise 3 M€ de prêts d'honneur en 2020

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Invités par Crealia à Nîmes, quatre chefs d'entreprises évoquent la question du financement.
Invités par Crealia à Nîmes, quatre chefs d'entreprises évoquent la question du financement. (Crédits : Stéphanie Marines)
Le fonds régional Créalia, octroyant des prêts à taux zéro, est présent sur l’ensemble de la région Occitanie. Une trentaine de dossiers a été soutenue en 2019. En clôture de son Innovation Tour Occitanie à Nîmes, Créalia invite quatre dirigeants d’entreprises à débattre de la question du financement.

"Le fonds régional Créalia a soutenu cette année 39 projets pour un montant de 2,4 M€ et vise les 3 M€ de prêts en 2020," a, en substance, expliqué Stéphane Marcel, entrepreneur et président de ce fonds abondé en fonds privés et fonds publics afin d'octroyer des prêts d'honneur à 0 % aux chefs d'entreprises innovantes de la région.

Lors d'une rencontre organisée à Nîmes le 12 décembre par Créalia, quatre chefs d'entreprises ont témoigné de l'importance de bénéficier d'un fonds d'amorçage.

"Dans notre secteur de la santé, une entreprise a du mal à lever 2 M€ quand, de l'autre côté de l'Atlantique, des sociétés qui se trouvent à un stade de développement bien moins avancé ont déjà levé plusieurs dizaines de millions d'euros", a ainsi avancé Célia Belline, CEO de Cilcare, société montpelliéraine de services en R&D spécialisée dans les déficiences auditives.

« Privilégier un acteur du cru »

Une analyse sur laquelle l'a rejoint Bertin Nahum (actuel dirigeant fondateur de Quantum Surgical), fondateur du créateur de robots chirurgicaux Medtech. Aujourd'hui cédée à l'Américain Zimmer, cette société avait trouvé de l'argent frais en bourse sans pour autant être valorisée à sa juste valeur.

"Lever des fonds à l'étranger n'est pas plus facile pour une société française, d'autant que le contexte règlementaire, financier et social n'est pas vraiment attractif pour ces investisseurs, a-t-il notamment commenté. En plus, les autres pays ont leurs champions nationaux. En Allemagne, il est difficile de s'imposer car la culture locale est de privilégier un acteur du cru. C'est une façon de faire que l'on n'a pas forcément en France mais Outre-Rhin, pour vendre un produit qui n'est pas vendu sur place, il faut faire une grande différence avec l'industriel local."

De fait, Stéphane Marcel a convenu que "si la question de l'amorçage en début de vie d'une entreprise était réglée (grâce notamment au travail de fonds comme Créalia et de leurs partenaires bancaires, ndlr), ça devient plus compliqué pour le financement des étapes de développement, ce qui explique notre difficulté à davantage générer la création d'ETI".

Créer un champion de son secteur

A l'instar du patron de Phytocontrol (Nîmes, 350 salariés), dont le cofondateur Mikaël Bresson est également vice-président de Créalia, certains chefs d'entreprises ont clamé le fait qu'une dilution du capital par une levée de fonds n'était pas forcément une nécessité pour créer un champion de son secteur.

Présent dans la salle, Frédéric Planche, directeur d'affaires Nextinnov à la Banque Populaire du Sud, est notamment intervenu à ce titre pour rappeler que sa banque avait accordé 30 M€ de prêts en quatre ans aux entreprises innovantes de la région. En commentaire des propos tenus par les chefs d'entreprises présents sur scène, il a convenu de la difficulté des banquiers régionaux "à faire remonter les dossiers d'entreprises régionales à Paris" au sein de sa propre banque.

Signe que la France conserve, même vis-à-vis du monde entrepreneurial, quelques mauvais réflexes vis-à-vis de l'entreprise installée hors d'Ile-de-France...

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