Le grand oral des candidats aux régionales face au BTP

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Les cinq têtes de liste, après la fin de leurs interventions, le 20 octobre, au Corum de Montpellier, lors de l'AG de la FRTP L-R
Les cinq têtes de liste, après la fin de leurs interventions, le 20 octobre, au Corum de Montpellier, lors de l'AG de la FRTP L-R (Crédits : Anthony Rey)
Les cinq grands candidats aux élections régionales de décembre ont été entendus par la FTRP L-R en clôture de son assemblée générale, le 20 octobre à Montpellier. Au cœur des échanges : les moyens de relancer des chantiers alors que l’investissement public chute.

Menée au pas de charge (5 questions, deux minutes par réponse), la série d'interventions des cinq têtes de liste concourant aux élections régionales est intervenue en clôture d'une assemblée générale aussi morose que l'an passé. Le président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP L-R), Olivier Giorgiucci, a rappelé qu'en 2014, son organisation disait craindre un recul de 20 % de l'investissement public. Selon les derniers chiffres à jour, la baisse s'est finalement chiffrée à 12,5 %, occasionnant tout de même un recul de l'activité de 9 % à l'échelle régionale (15 % pour les seuls travaux routiers).

Retrouver une capacité d'action

Les débats, face à une audience fournie de 500 personnes, ont donc tourné autour des moyens de ranimer l'investissement public au sein des collectivités territoriales, et donc de relancer des chantiers. Dans l'ensemble, les candidats se sont montrés rassurants, s'affichant réalistes mais assez optimistes sur leur capacité d'action, au point de s'attirer des applaudissements, à une ou deux exceptions près, à chacune de leur réponse.

"Les candidats aux élections régionales ont raison de dire que les caisses sont vides, souligne Gérard Onesta (tête de liste EELV). Mais le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées sont deux des régions les moins endettées de France : actuellement, Midi-Pyrénées emprunte à 0 % ! Nous commettrions une faute, en période de crise, si nous n'utilisions pas tous les outils à notre disposition, et l'endettement est un vrai levier."

"Le paradoxe de la situation est que le crédit n'a jamais été aussi bon marché, et que le pétrole n'a jamais été aussi bas, relève Dominique Reynié (Les Républicains). C'est bien qu'il existe un problème français. Je propose donc la création d'un plan routes de 200 M€ annuels, avec un effet levier de 1 Md € en co-financement avec les Conseils départementaux et l'Europe ; un plan de 10 000 primes de 10 000 € pour les bénéficiaires du prêt à taux zéro afin d'élargir l'accession à la propriété ; et deux bourses régionales de cotation, à Toulouse et à Montpellier, pour attirer des investisseurs sur des procédures plus rapides que les procédures administratives."

2016, année blanche ?

Rebondissant sur une remarque d'Olivier Giorgiucci, craignant que les chantiers ne soient décalés à 2016 au moins en raison d'une séquence électorale chargée depuis 2014, les candidats ont aussi insisté sur nécessité d'agir vite.

"Si je suis élue, 2016 ne sera pas une année blanche, promet Carole Delga (PS). Nous assumerons des projets qui peuvent se lancer tout de suite, tels que la RN88, où nous pouvons recueillir très rapidement des engagements financiers de l'Etat, ou le réseau ferroviaire, comme les travaux sur la ligne Toulouse-Tarbes, où 400 M€ sont engagés. Nous devrons aussi trouver de nouvelles modalités d'accès aux marchés publics, avec des allotissements fins pour permettre aux TPE-PME de concourir, et en créant une avance forfaitaire de 15 % sans garantie."

"Oui, le nouveau président de région devra trouver des financements, pour des projets déjà en cours ou à moitié financés, sur les ports, les transports, etc., observe Louis Alliot (FN). Mais il devra aussi protéger les marchés publics de nos régions. Est-il normal que le chantier de la caserne des pompiers de Perpignan ait été confiée à une entreprise espagnole ? Je n'ai rien contre les Espagnols, mais il faut revenir sur tout ça, en appliquant un minimum de protectionnisme, en fonction de deux critères, l'un écologique, l'autre social."

La question des LGV

Alors que les autres candidats rivalisaient de "réalisme", Philippe Saurel (Citoyens du Midi), n'a pas manqué de s'inscrire dans cette ligne, reprenant son discours de candidat émancipé des partis, notamment sur le dossier des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan.

"Dans la nouvelle région, nous aurons besoin d'une équité, d'un équilibre territorial qui ne s'obtiendra que par le courage politique, estime-t-il. Il faut donc dire la vérité sur les deux LGV. J'ai récemment déjeuner avec Guillaume Pépy (président de la SNCF, NDLR) et il m'a confirmé qu'aucun financement n'a été acté. Nous devrons donc faire un grand diagnostic de ce territoire, qui ne sera pas seulement la somme de deux régions. C'est une nouvelle région, qui impose de repenser le fonctionnement territorial, sur les routes, les voies ferrées, les trains régionaux, qui méritent un nouveau schéma régional, ou sur le réseau routier, qui doit être repris."

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