Train des primeurs Perpignan-Rungis : un opérateur pour l’été 2021 ?

 |  | 602 mots
Lecture 3 min.
La ligne de fret ferroviaire entre Perpignan et Rungis, dite train des primeurs, pourrait-elle être à nouveau opérationnelle à l'été 2021 ?
La ligne de fret ferroviaire entre Perpignan et Rungis, dite "train des primeurs", pourrait-elle être à nouveau opérationnelle à l'été 2021 ? (Crédits : VIIA)
Le 15 décembre, Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports, annonce le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt pour la reprise d'un "train des primeurs" entre Perpignan et Rungis. Objectif de reprise du trafic : été 2021, l’État se disant prêt à accompagner financièrement si nécessaire.

Nouvel espoir pour la ligne de fret ferroviaire entre Perpignan et Rungis, connue sous l'appellation du « train des primeurs » ? Après plusieurs annonces infructueuses, le gouvernement rallume la flamme...

La crise sanitaire a souligné la nécessité de disposer de circuits d'approvisionnement en produits alimentaires qui soient rapides, efficaces et durables. Afin de permettre la reprise d'un service de fret ferroviaire entre le marché de Perpignan/Saint-Charles (Pyrénées-Orientales) et et le marché d'intérêt national (MIN) de Rungis, en région parisienne, l'État lance le 15 décembre un appel à manifestation d'intérêt pour que les opérateurs de fret ferroviaire puissent présenter des projets de reprise de ces acheminements pour l'été 2021.

Cette ligne de fret ferroviaire (800 km) est à l'arrêt depuis la mi-juillet 2019. Elle permet notamment l'acheminement de produits frais et primeurs sous température dirigée, et représente un trafic annuel de quelque 400 000 tonnes des fruits et légumes, soit "un trafic de 9.000 camions par an", précise le ministère.

Solutions avortées

Refroidis par la vétusté du matériel et l'important investissement nécessaire pour en financer la modernisation, les deux clients historiques de la ligne, les sociétés de transport Rey et Roca, n'avaient pas renouvelé le contrat.

La ministre de Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, avait alors promis une solution opérationnelle pour le mois de novembre 2019. Finalement, le 31 octobre 2019, le même Jean-Baptiste Djebbari annonçait que l'opérateur de transport combiné Novatrans (ancienne filiale de la SNCF, propriété du groupe Charles André depuis 2013) affrèterait des trains dès décembre 2019 avec une solution de transport combiné (caisses de camions sur les wagons du train).

Mais les quais de Rungis n'étant pas adaptés à la solution « combinée », une ligne entre le marché de Perpignan et la plate-forme multimodale de Valenton avait été imaginée par Novatrans, mais sur des créneaux horaires peu adaptés. Des transporteurs s'étaient désengagés et faute de volumes et de rentabilité économique, Novatrans avait jeté l'éponge...

L'État se dit prêt à soutenir financièrement

Le gouvernement dit aujourd'hui avoir consulté les acteurs concernés, parmi lesquelles les collectivités locales d'Ile-de-France et d'Occitanie, avant de lancer cet appel à manifestation d'intérêt.

« Cette consultation est très ouverte afin de permettre aux acteurs de proposer tous types de solutions et de faire émerger le meilleur projet possible, énonce le communiqué du ministère. Dans une optique de reprise rapide, l'État est prêt à accorder un accompagnement financier public au démarrage si cela s'avère nécessaire. La ligne pourra évoluer à terme pour s'inscrire dans l'ambition du plan de relance consistant à créer plusieurs nouvelles autoroutes ferroviaires, notamment entre Dunkerque et Barcelone. »

Le ministère rappelle que cette démarche s'inscrit dans la volonté, affichée par le Premier ministre en juillet dernier, de mettre en œuvre des mesures fortes de soutien au fret ferroviaire, « comprenant notamment un renforcement significatif de la prise en charge par l'État d'une partie des coûts d'accès au réseau SNCF au bénéfice des opérateurs de fret ferroviaire, mais aussi un soutien accru à la création de nouveaux services d'autoroute ferroviaire ».

Les dossiers de réponse des opérateurs candidats devront être transmis au plus tard le 29 janvier 2021.

Pour quel type de solution ? Les quais de la gare de Rungis seront-ils adaptés ? Le trafic sud-nord et nord-sud sera-t-il assuré pour garantir un modèle écologiquement vertueux et une rentabilité économique ? Le feuilleton du « train des primeurs » se poursuit...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :