Pourquoi Nîmes réclame une meilleure connexion entre ses deux gares

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La gare TGV Nîmes Pont-du-Gard a été inaugurée en décembre 2019 sur la commune de Manduel, à une douzaine de kilomètres de Nîmes centre.
La gare TGV Nîmes Pont-du-Gard a été inaugurée en décembre 2019 sur la commune de Manduel, à une douzaine de kilomètres de Nîmes centre. (Crédits : Guillaume Mollaret)
Les collectivités locales, Nîmes Métropole en tête, réclament à la SNCF la construction d’une 3e voie entre la gare de centre-ville et la nouvelle gare TGV Nîmes Pont-du-Gard, dont le seul but serait d’assurer la navette entre les deux infrastructures.

Est-ce parce que la SNCF espace, pandémie oblige, le cadencement de ses trains ? Il y avait en tous cas plus d'élus que de voyageurs, vendredi matin 26 mars, à la gare TGV Nîmes Pont-du-Gard...

La raison de cette affluence inédite : un « cri d'alarme » en forme de coup de gueule des collectivités territoriales et parlementaires gardois, emmenés par le président de Nîmes Métropole Franck Proust (LR) au sujet de la construction d'une voie à quai vouée à permettre en train la navette entre la gare historique de Nîmes centre et la gare TGV inaugurée en décembre 2019 sur la commune de Manduel.

A ce jour, cette « 3e voie », comme elle est appelée ici, n'existe pas. Selon les collectivités, son budget de 12 millions d'euros était pourtant provisionné dans le budget de réalisation de l'infrastructure nouvelle.

« Une gare du bout du monde »

« C'est une gare cul-de-sac. Une gare du bout du monde ! Les correspondances y sont aussi difficiles qu'hasardeuses malgré les efforts de la Région Occitanie qui tente d'harmoniser les correspondances TGV avec le passage de ses 44 TER », détaille Franck Proust.

Marc Duchenne, le directeur des transports de Nîmes Métropole, complète en soulignant que « l'enjeu de cette troisième voie, c'est de dissocier l'arrêt des trains desservant la gare de la circulation générale. Cette nouvelle voie permettrait par ailleurs à la navette d'attendre les voyageurs en cas de retard des TGV ».

Aujourd'hui, plus de 50% des correspondances TGV/TER sont considérées comme mauvaises, avec une attente de plus de 45 minutes entre un TGV et un TER. Pour y pallier, Nîmes Métropole a mis en place une ligne de bus direct (coût : 300.000 euros). Un bus qui met, lui, environ 30 minutes pour relier les deux gares quand un train dédié n'en mettrait que dix.

Les élus gardois font front

L'agglomération nîmoise n'est pas la seule collectivité à hausser le ton. Christophe Rivenq, président d'Alès Agglomération, s'émeut qu'Alès « s'éloigne de Paris » avec cette mauvaise connexion, tandis que la Région, fustige, par la voix de son vice-président aux transports Jean-Luc Gibelin, le coût de la gare pour sa collectivité.

« Le service n'est pas pleinement rendu aux voyageurs, et pourtant cela coûtera, en frais de fonctionnement, 2,2 millions d'euros à la Région cette année et 1,3 millions d'euros chaque année suivante du fait que des TER s'arrêtent dans cette gare", souligne-t-il.

De son côté, la députée du Gard Françoise Dumas (LREM) indique avoir alerté le ministre des Transports sur cette situation. Le débat autour de la construction de cette troisième voie promet également d'être abordée au Sénat par le parlementaire Laurent Burgoa (LR).

Entre les études d'impact et les travaux, pas moins de trois ans seront nécessaires avant l'éventuelle mise en service de ce nouvel équipement. Dans cette hypothèse, c'est la voie de la médiation que collectivités locales, État, et SNCF doivent mettre sur les rails.

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