Comment Mycea veut réduire l’usage des pesticides grâce aux champignons

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Les équipes de Myrcea travaillent sur les vertus des champignons pour lutter contre l'usage des pesticides.
Les équipes de Myrcea travaillent sur les vertus des champignons pour lutter contre l'usage des pesticides. (Crédits : Myrcea)
Spécialisée dans les biotechnologies appliquées à l’agriculture, la société montpelliéraine Mycea propose des solutions visant à réduire l’usage intensif de pesticides et engrais chimiques dans les agrosystèmes. Son créneau : utiliser certaines propriétés naturelles des champignons.

En juillet dernier, la toute jeune société Mycea (créée en avril 2018) a procédé sa première levée de fonds. Objectif ? Poursuivre activement sa recherche de solutions naturelles pour lutter contre les maladies phytopathogènes de cultures.

Inscrivant sa démarche au cœur des enjeux planétaires de protection de l'environnement, Mycea veut réduire, voire stopper l'usage intensif d'engrais et pesticides chimiques en agriculture, en utilisant certaines propriétés naturelles des champignons.

« Nous nous intéressons aux champignons car ils ont une diversité extraordinaire - 1,5 million d'espèces, seulement 10 % connues -, de vastes propriétés chimiques et des propriétés biologiques naturelles puisqu'ils sont présents dans tous les écosystèmes et associés à la quasi-totalité des végétaux », explique Dominique Barry-Etienne, présidente et fondatrice associée de Mycea.

Des solutions de bio-stimulation dès 2021

Afin de disposer de son propre laboratoire et d'avoir suffisamment d'espace pour accueillir l'équipe composée aujourd'hui de 8 salariés (majoritairement des femmes), la société Mycea est hébergée depuis l'été dernier à Minéa, l'incubateur d'Irstea à Montpellier.

Dans le laboratoire de R&D, les équipes travaillent sur deux axes principaux : le bio-contrôle (recherche des extraits ou molécules permettant de lutter contre les maladies fongiques des végétaux) et la biostimulation (recherche de champignons mycorhiziens utilisés pour biostimuler la croissance des plantes).

« L'an dernier, nous avons fait nos proof of concept et démarré un programme de R&D biostimulation portant dans un premier temps sur la vigne et les espaces verts urbains, et qui va être étendu à d'autres agrosystèmes, énonce la présidente, coordinatrice scientifique. Pour ce qui est du biocontrôle, nous venons d'amorcer le programme et travaillons sur les maladies de grandes cultures et de cultures spécialisées. Grâce à ces deux pôles prometteurs, nous pensons fournir des solutions de bio-stimulation à partir de 2021 et de bio-contrôle à l'horizon 2025. »

Identifier des champignons dans des matrices complexes

Sur la base d'un business model classique, Mycea mise à terme sur des partenariats industriels pour « pousser la technologie et les produits sur le marché ». Elle est soutenue et accompagnée par le BIC de Montpellier, la BPI, la SATT AXLR, la Région Occitanie et l'Europe (dans le cadre du programme DIVA).

Forte de son expertise, la société a développé une activité commerciale sur la détection et l'identification des champignons dans des matrices complexes comme le sol, le bois ou les végétaux.

« Nous recevons des échantillons de bois issus d'arbres malades et nous identifions le champignon cause de dégradation, précise Dominique Barry-Etienne. Par exemple, le mérule qui attaque les structures en bois des maisons. »

Pour aller encore plus loin dans ses prospections, Mycea développe actuellement un appareil d'imagerie permettant de suivre tous les phénomènes biologiques se passant dans le sol. Sorte de scanner, cet appareil, autonome en énergie, prend des images qui sont retransmises sur une plate-forme web qui les analyse.

Dédié au marché de l'agronomie, l'appareil devrait être commercialisé d'ici 2020. Un chef de projet va prochainement être recruté pour sa commercialisation et sa distribution.

Bénéficiant d'un contexte réglementaire favorable (plan Ecophyto 2025), la société Mycea a son rôle à jouer et ambitionne, d'ici dix ans, de devenir un des leaders européens de la transition agro-écologique.

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