Gilets jaunes : quel est le coût économique des blocages ?

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(Crédits : Rémi Benoit)
Après une nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes, le 1er décembre, l'inquiétude grandit au sein des chambres de commerce de l'ex-LR. Les enquêtes de terrain réalisées au cours des derniers jours font état de chiffres d'affaires et de taux de fréquentation en baisse, plus ou moins forte selon les départements.

Alors que les caméras se braquaient à nouveau vers les Champs-Élysées, pour la nouvelle journée d'action des gilets jaunes organisée le 1er décembre, les opérations de blocage se poursuivent aussi en région, se focalisant parfois sur des points névralgiques de l'écosystème local. Après l'usine de Royal Canin, le 22 novembre à Aimargues (30), ce sont notamment deux dépôts de Système U, à Clermont-l'Hérault (34) et à Vendargues (34), qui ont été bloqués le 29 novembre.

Or les CCI de l'ex-LR s'activent pour mesurer l'impact économique de ces actions. Les dernières données disponibles ont été collectées, entre le 17 et le 27 novembre, lors d'"enquêtes flash" réalisées auprès des TPE-PME des territoires concernés.

Tous les secteurs touchés

Dans le Gard, la CCI indique que 58 % des entreprises interrogées affichent une baisse de fréquentation (de l'ordre de 44 %), et 60 % une perte de chiffre d'affaires (de 36 % en moyenne). Parmi ces entreprises, 59 % font part de problèmes de livraison, mais seule une minorité (48 %) enregistre des problèmes d'absentéisme ou de retard du personnel.

"Tous les secteurs d'activité sont touchés par les opérations de blocage des gilets jaunes. Les commerçants semblent être d'avantage touchés. Les difficultés de livraison concernent les industriels, les commerçants et les entreprises de la construction. Les commerces et services à vitrine font également face à une baisse de fréquentation de la clientèle", commentent les services de la CCI Gard.

Dans les Pyrénées-Orientales, l'impact semble plus fort, selon les relevés de la chambre de commerce : 67 % des entreprises indiquent une perte de chiffre d'affaires (d'environ 34 %), tandis que la fréquentation fléchit chez 68 % d'entre elles, avec un pic à 91 % chez les commerçants du centre-ville de Perpignan.

"Certains secteurs d'activité sont plus fortement impactés. C'est le cas pour les professionnels du commerce de gros (impact négatif à hauteur de 94%), la restauration (89 %), les domaines viticoles (89 %), et le secteur des transports (85 %)", évalue la CCI 66.

"Un enlisement de l'économie"

Par ailleurs, dans l'Hérault, la CCI indique que 71 % des commerçants seraient touchés, avec une baisse de fréquentation (60 %) et de CA (55 %) là encore. "Centres villes et centres commerciaux, pôles urbains et centres bourgs, tous sont touchés", précise-t-elle.

"L'initiative des gilets jaunes devient très préjudiciable dans son enlisement pour l'économie régionale et je dirais particulièrement pour celle du département de l'Aude, à partir du moment où elle entrave, voire empêche, un grand nombre de commerces et d'entreprises d'exercer leurs activités. J'en appelle à la responsabilité de chacun, citoyens et élus. L'expression populaire et le droit de manifester sont certes légitimes ; néanmoins la situation économique départementale restant fragile, voire inquiétante selon les filières, avec un nombre d'établissements fortement sinistrés lors des dernières inondations, tout évènement perturbateur supplémentaire ne ferait qu'aggraver cette situation", déclare Bernard Ballester, président de la CCI de l'Aude.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2018 à 21:53 :
Gilets jaunes : quel est le coût économique des blocages ? Le peuple est souverain, donc demandez au responsable qui leur impose ce mode d'action!!
a écrit le 03/12/2018 à 19:48 :
Rien qui ne soit rattrapable! il n'y a que le temps de perdu et... merci qui?
a écrit le 03/12/2018 à 17:06 :
et le coût économique pour les français avec la rem : hausse de la CSG et augmentation du prix des carburants ; tous perdant avec cette politique sauf les plus riches
a écrit le 03/12/2018 à 11:01 :
Le Président de la république M. #EmmanuelMacron semble en avoir pleinement conscience: «La France n'est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n'y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes. Dès qu'on peut éviter les réformes, on le fait.» disait-il il y a quelques temps ce que conforte le mouvement des #GiletsJaunes qui ne « chassent » pas sur les bonnes terres et se trompent de cible 🎯.
Pour exemple: 30 emplois fictifs pendant dix ans pour un budget de près de 11 millions €... et pas un seul Gilet Jaune sous les fenêtres de la Mairie de Montpellier: https://www.google.fr/amp/s/amp.lefigaro.fr/politique/2016/01/26/01002-20160126ARTFIG00286-le-maire-de-montpellier-decouvre-une-trentaine-d-emplois-fantomes-dans-sa-municipalite.php
Réponse de le 03/12/2018 à 21:36 :
E. Macron a déjà fait des reformes, suppressions des produits financiers sur l'ISF, je crois même que c'est la première reforme qu'il a fait (tres vite d'ailleurs) , par contre la suppression de la taxe d'habitation...bah on verra plus tard ! on verra bien avec la reforme des retraites et la suppression des régimes spéciaux , comment ça va évoluer, mais je suis sur d'une chose c'est que le régime particulier des politiciens, lui par contre va être conservé !!! déjà les formulaires d'imposition des sénateurs et autres députés n'est même pas disponible sur internet ??? auraient ils des choses à cacher au peuple ?
On peut reformer un pays si la reforme est équitable, mais aujourd'hui c'est loin d’être le cas, les "gilets jaunes" c'est tombé sur Macron, mais ça fait une décennie que ça couvait !

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