S. Hervé (Medef) : « C’est une course contre la montre qui s’engage »

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Samuel Hervé, président du Medef Montpellier Hérault.
Samuel Hervé, président du Medef Montpellier Hérault. (Crédits : DR)
Samuel Hervé, le président du Medef Hérault Montpellier, fait le point sur la situation trois jours après l’ordre de confinement général. Il recommande aux chefs d’entreprises de panacher les différents dispositifs d’accompagnement et surtout de prendre attache avec les banques pour gérer au mieux le problème majeur que pose la crise : la trésorerie.

Comment s'organise les services du Medef localement ?

« Nous avons mis en place une permanence. J'ai participé à la visioconférence avec Geoffroy Roux de Bézieux (président national du Medef, NDLR) sur le décryptage des mesures pour qu'on se les approprie bien. Sophie Garcia (présidente du Medef Occitanie, NDLR) a créé groupe WhatsApp pour tout le territoire afin de faciliter le partage et la diffusion des informations. Au niveau local, la permanence n'a pas reçu tant d'appels que ça, mais les chefs d'entreprises reçoivent 30 messages par jour de tous les côtés et qui font 20 pages chacun ! On essaie de faire une synthèse de tout ça. Et nous travaillons déjà sur la préparation de l'après-crise. »

Quelles sont les consignes ?

« J'ai assisté à une réunion téléphonique organisée par la préfecture mardi 17 mars : le signal envoyé, ce n'est pas un arrêt complet de l'activité économique. On laisse aux employeurs la responsabilité de la santé et de la sécurité de leurs collaborateurs. Ce qui est problématique dans certains secteurs comme le bâtiment. Pour ce secteur, le préfet dit qu'il faut finir les chantiers urgents, comme sur les établissements de santé par exemple, mais sinon qu'il faut laisser les artisans disponibles pour les urgences et les nécessités au quotidien. Ainsi, les promoteurs sont invités à suspendre les levées de réserves et les réceptions de logements, ce qu'ils font pour 90 % d'entre eux. »

Comment réagissent les chefs d'entreprises ?

« Il y a trois cas de figures possibles. Pour ceux qui sont fermés depuis samedi, comme les commerces, les hôtels, les restaurants, ils doivent mettre en œuvre les mesures présentées par le gouvernement pour être sûrs d'avoir un peu de trésorerie. Au 17 mars, seulement 77 autorisations de chômage partiel avaient été enregistrées sur l'Hérault. La plate-forme a été en panne car les serveurs sont surchargés, mais l'État réagit bien, ce sont de vraies bonnes mesures. Pour ceux qui doivent continuer une activité de 1e nécessité, comme les établissements de santé, la restauration collective ou les électriciens, c'est le rôle de l'employeur de faire un plan de continuité d'activité, de voir comment s'organiser avec des salariés en moins. Il faut expliquer que le chômage partiel, ce n'est pas 0 ou 100, on peut moduler. Enfin, pour ceux qui peuvent faire du télétravail, il faut se dire qu'il peut s'organiser avec un formalisme exceptionnellement allégé. Il est important que les chefs d'entreprises panachent les différents dispositifs existants. »

Sur quoi portent majoritairement leurs inquiétudes ?

« Beaucoup se demandent comment on va indemniser les entreprises et je leur réponds que l'Etat ne pourra pas indemniser 100 % du chiffre d'affaires de toutes les entreprises de France. Il faut tout faire pour préserver la trésorerie car c'est une affaire de temps ! Les dirigeants doivent immédiatement contacter leur banque. Elles sont obligées de suivre. Ensuite, la question, c'est quels seront les taux, avec quels frais et quels délais d'instruction car c'est une course contre la montre qui s'engage. Il faut rappeler qu'aller chercher des lignes de trésorerie à la banque, c'est aussi payer nos fournisseurs et ne pas assécher encore plus l'économie. La solidarité et la responsabilité, c'est aussi ça. Les banques sont là pour faire des crédits, pas les fournisseurs ! »

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Commentaires
a écrit le 20/03/2020 à 8:50 :
Merci Samuel pour ce message .
A ESII on agit comme cela (message a nos collaborateurs de ce début de semaine) :


D’un point de vue général les entreprises ont a favoriser l’activité « utile » a leurs clients et a elles même : Il ne faut pas geler les choses s’il y a un besoin d’activité sans risques.
o La présence de personnel à ESII est bien sur autorisée et à faire si nos collaborateurs ne peuvent pas réaliser leurs tâches en télétravail.
 Bien sur s’il n’y a pas de travail il faut passer en chômage partiel mais aussi liquider les congés et RTT pour pouvoir ensuite être en condition de repartir a fond.

Une réflexion est a finaliser de façon urgente sur l’adaptation de nos produits aux besoins de nos clients liés au virus, a court terme et a moyen terme : Le court terme est la période de confinement (2 mois) et le moyen terme (quelques mois ensuite ) ou l'on devra avoir des solutions qui protègent tant que le risque du virus est présent.

Concernant les personnes en télétravail ou en activité dans ESII, chaque directeur ou responsable contacte quotidiennement ses collaborateurs pour faire le point et coordonne les activités (ou mise en chômage ou congés ou RTT) de son service.
Le tableau d'activité est a tenir quotidiennement à jour et a valider chaque fin de semaine)

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