Le plan d’attaque 2021 de la French Tech Méditerranée

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Clément Saad, CEO de Pradeo et président de la French Tech Méditerranée.
Clément Saad, CEO de Pradeo et président de la French Tech Méditerranée. (Crédits : DR)
Malgré une année qui démarre sans grande lisibilité en raison de la crise sanitaire, le président de la French Tech Méditerranée, Clément Saad, veut impulser un plan d’action dynamique. Il opte pour cinq priorités, énoncées par les start-ups du territoire : accès aux marchés, financements, talents, international et deep-tech.

Si le début d'année est pour certains le moment des bonnes résolutions, il est plutôt, pour Clément Saad, le président de la French Tech Méditerranée, celui du plan d'action.

« Au premier confinement, il y avait de l'inquiétude et nous étions sur les mesures pour sauver les boîtes, se souvient-il. A la French Tech Méditerranée, nous nous sommes employés à faire connaître les aides mais aussi à faire en sorte qu'il n'y ait pas d'abus, notamment sur la mesure d'activité partielle. Globalement, la tech a plutôt tiré son épingle du jeu. Les entreprises qui sont en difficulté, ce sont celles dans le tourisme ou l'événementiel... »

Le CEO de Pradeo n'avance pas à tâtons. Alors que l'année 2021 démarre avec un horizon peu dégagé sur le plan de la crise sanitaire et donc de la crise économique, il a au préalable sondé les 200 adhérents de la French Tech Méditerranée (Hérault, Gard et sud Aveyron) pour connaître leurs préoccupations et leurs priorités.

De grands axes qu'il rapporte le 25 janvier, alors qu'il présente les vœux de la French Tech Méditerranée en visioconférence : « Les adhérents ont très nettement trois priorités : l'accès aux marchés, les financements et les talents ».

Dès lors, le plan d'action 2021 de la French Tech Méditerranée s'articulera-t-il autour de ces trois priorités, auxquelles Clément Saad en rajoute deux.

Rencontrer grands groupes, PME et collectivités

La première d'entre elles : l'accès aux marchés.

« Nous lançons Business Link, un programme qui se destine aux start-ups et grands groupes, détaille-t-il. Il se déroulera sous forme de saisons, l'idée étant de privilégier des temporalités pour que start-ups et grands groupes - comme les banques, Orange, SFR, Enedis, EDF, IBM, etc. - se rencontrent et échangent sur des sujets de collaborations commerciale, technique ou financière. Les premières rencontres, en présentiel ou en visio, auront lieu début février, et se répèteront probablement plusieurs fois par an. Et nous ferons la même chose avec les PME et ETI, en association avec Leader Occitanie, la CPME et le Medef, mais aussi avec les collectivités qui sont les donneurs d'ordres publics. »

Autre enjeu majeur pour les start-ups : le financement. Pour leur permettre d'y voir clair et d'identifier rapidement à quels financements et auprès de quels acteurs elles ont droit en fonction de leur niveau d'avancement, la French Tech Méditerranée prépare une cartographie précise listant tous les financements existants.

« Nous nous associerons également à Montpellier Capital Risque (événement organisé par le BIC de Montpellier et Bpifrance, dédié aux entreprises innovantes et permettant aux entrepreneurs de trouver des opportunités d'investissement, NDLR) et à Occitanie Invest (rencontres entreprises-investisseurs, organisées par l'agence régionale de développement économique Ad'Occ, NDLR), ajoute-t-il. Et on pourrait amener une délégation de start-ups au salon IPEM (International Private Equity Market, NDLR), qui est un salon de rencontre avec des investisseurs, s'il y a une demande des start-ups. »

Agir sur l'emploi

Sur la question des talents, et donc de l'attractivité des start-ups et de leurs capacités à recruter les compétences idoines, Clément Saad évoque deux axes.

« Tout d'abord, nous allons continuer à travailler avec les écoles partenaires de la French Tech pour que les étudiants aillent vers nos startups. Et nous mettons en place une plateforme de recrutement collaboratif. L'idée est de mettre des entreprises en relation pour qu'il n'y ait pas de perdant durant la crise. Car il y a des entreprises qui veulent recruter et d'autres qui peuvent avoir besoin d'alléger leur masse salariale de façon provisoire ou définitive. L'objectif de la plateforme, c'est de faire matcher les deux demandes. »

Enfin, le président de la French Tech Méditerranée agira sur deux autres points stratégiques pour les start-ups : l'international et la deep-tech.

« En 2020, nous avions prévu d'emmener une délégation de start-ups à San Francisco, ce que nous n'avons pas pu faire et que nous avons remplacé par des rendez-vous en visio, avec succès puisque des projets ont émergé de ces échanges, rappelle Clément Saad. Cette année, nous avons décidé que c'est la Belgique qui remplacerait San Francisco. Ce qui a motivé ce choix, c'est tout d'abord le contexte : à l'heure où la souveraineté et le protectionnisme européen sont de mise, c'est pertinent de se rapprocher. Et puis il y a de belles entreprises à rencontrer en Belgique, par exemple l'opérateur Belgacom. Nous n'avons pas encore arrêté de date... Si à nouveau on ne peut pas y aller en raison de la crise sanitaire, on fera les rendez-vous à distance. »

Quant à l'action deep-tech, Clément Saad veut réparer un trou dans la raquette : la faiblesse des relations entre les start-ups, les universités et les laboratoires.

« Nous allons faire une sorte de catalogue des bons plans : quelles écoles proposent quels stagiaires sur quelles thématiques. L'objectif est de mieux comprendre les universités et les laboratoires pour faire correspondre leurs calendriers avec celui des start-ups. Car aujourd'hui, ce sont deux mondes qui ne se parlent pas. »

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