En 2015, Arterris étendra son empire

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Jean-François Renoux, président d'Arterris et Jacques Logie, directeur général.
Jean-François Renoux, président d'Arterris et Jacques Logie, directeur général. (Crédits : DR)
Leader régional de l'agro-industrie, le groupe coopératif audois (703 M€ de CA) poursuivra en 2015 sa politique de fusion-rapprochement et accélèrera la structuration amont et aval de ses filières métiers.

« Arterris est toujours le premier employeur de l'Aude après le Conseil général ».

Encore cette année, la boutade de Jean-François Renoux, président du groupe coopératif audois (1 771 salariés, 20 000 adhérents), vient étayer les bons résultats financiers du groupe, présentés lundi 15 décembre à la presse : en 2014, Arterris affiche un chiffre d'affaires consolidé de 703,9 M€ (744 M€ en comptes combinés suite au rapprochement en 2012 avec Sud Céréales), confortant sa position de leader sur le marché français du blé dur, et de premier multiplicateur de semences en France (23 000 ha pour la production de semences et légumes, représentant 7 % de la sole* des grandes cultures de la coopérative).

« Arterris est aujourd'hui une ferme de 297 200 ha cultivés entre la frontière italienne et l'ouest toulousain sur les trois régions Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d'Azur », se réjouit Jean-François Renoux, qui entend conforter cette assise stratégique dans les domaines des grandes cultures, la viticulture, l'arboriculture, le maraîchage, la multiplication de semences végétales et les productions animales.

Malgré une baisse du chiffre d'affaires (- 10 % par rapport à 2013 avec 777,6 M€) « due à la chute du prix des céréales de 50 à 70 € la tonne, et des engrais lié aux cours pétroliers », le groupe régional agro-industriel poursuit sa stratégie de regroupement avec d'autres ensembles coopératifs et la structuration amont et aval de ses filières métiers.

Main mise sur la distribution

La politique d'acquisition du groupe, menée tambour battant en 2014 (rachat de la conserverie Larroque à Montauban le 31 juillet 2014, et reprise de la coopérative légumière Sylvacane à La Roque d'Anthéron dans les Bouches-du-Rhône, représentant 25 producteurs et 290 ha pour un CA de 4 M€), se poursuit via la fusion, début décembre, avec la coopérative de Mazamet dans le Tarn. « C'est une petite coopérative d'élevage pesant un CA de 2,2 M€, mais elle est au centre de notre territoire et nous ne souhaitions pas que d'autres viennent se mettre au milieu de notre jardin », observe Jacques Logie, directeur général du groupe.

Faisant de la sécurisation des marchés de ses 20 000 adhérents une priorité, Arterris s'attaque désormais à l'aval de ses filières métiers. La coopérative, qui possède déjà 43 magasins grand public Gamm Vert (43,8 M€ de CA en 2014), fait main mise sur le négoce et la distribution. « Le rachat de Larroque, en plus de constituer pour nos éleveurs un débouché pour 50 000 canards, a déjà permis au groupe d'accroître le nombre de ses points de vente directs au travers de trois magasins situés à Balma, Montauban et Toulouse », observe Jacques Logie.

Pour écouler les produits de ses adhérents, Arterris lançait il y a quelques mois, en partenariat avec InVivo, le magasin expérimental Frais d'Ici, un concept de supermarché achalandé en produits frais (fruit et légumes, viande, etc.) « mais avec un sourcing ultra local, uniquement à base de produits de nos terroirs », précise Jean-Franois Renoux. La comparaison avec Picard, en version frais, est lancée pour ce site pilote inauguré le 15 octobre dernier à Portet-sur-Garonne près de Toulouse (31). Il pourrait, si les objectifs de rentabilité sont atteints, être dupliqué d'ici trois ans avec l'ouverture d'un second site en Bourgogne.

* : étendue de terre labourable destinée à une certaine culture pendant une période donnée de la rotation.

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