Offre premium et IGP régionale : les deux priorités des vins du Languedoc

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De g. à d.: Jérôme Villaret, délégué général du CIVL, Philippe Coste, Xavier de Volontat, Frédéric Jeanjean, René Moreno.
De g. à d.: Jérôme Villaret, délégué général du CIVL, Philippe Coste, Xavier de Volontat, Frédéric Jeanjean, René Moreno. (Crédits : M.C.)
Les AOP du Languedoc et les IGP Sud de France viennent de présenter leur stratégie pour les 3 prochaines années. Si l’objectif de montée en gamme est atteint, l’heure est venue de consolider la notoriété grâce à une offre premium et la conquête de nouveaux marchés au travers d’une IGP régionale.

Le vignoble languedocien va bien. C'est le premier message envoyé par les représentants de la filière lors d'une conférence de presse du Conseil interprofessionnel des AOC/AOP du Languedoc et des IGP Sud de France (CIVL), le 4 février, à Montpellier.

« Du côté des AOC, nous avons enregistré 5 ans de croissance depuis 2009, indique Xavier de Volontat, le président du CIVL. Avec 1,4 Mhl commercialisés, le chiffre d'affaires actuel est de 450 M€, soit une progression de 58 % en 5 ans. »

Idem du côté des IGP avec « 1,7 Mhl commercialisés et un chiffre d'affaires annuel de 335 M€ en 2015, soit une progression de 25 % en trois ans », complète René Moreno, président de la section IGP du CIVL.

L'une des raisons de ce succès est une montée en gamme des vins régionaux qui s'est accompagnée d'une diminution notable de la production régionale. Une évolution qui a permis aux vins régionaux d'accroître leurs notoriété et valorisation. Mais la filière n'est pas au bout du chemin.

« Premiumisation »

 « L'objectif est de pérenniser cette embellie car la guerre n'est pas gagnée », note Xavier de Volontat. Et pour cause, « nous sommes jeunes, les AOC viennent de fêter leur trente ans et il reste encore du travail pour accroître notre notoriété », complète Philippe Coste, le représentant des producteurs au CIVL.

Le jeu en vaut la chandelle car « plus le prix d'une bouteille augmente, plus on vend de vins », résume-t-il. Une récente étude du CIVL révélait en effet que ce sont les segments au-dessus de 4 € qui progressaient le plus en grande distribution. Aujourd'hui, 57 % du CA des vins rouges du Languedoc est réalisé sur des bouteilles à plus de 4 €, cette proportion était de 24 % en 2007.

« Aujourd'hui notre stratégie évolue, explique Xavier de Volontat. Nous ne courrons plus derrière un objectif de notoriété, nous la consolidons. Désormais, nous allons être jugés sur nos grands vins. Nous devons montrer aux consommateurs et aux prescripteurs que les vins premiums existent dans ce vignoble. Ils représentent 10 à 20 % des volumes et doivent être une locomotive pour le reste. »

Le président du CIVL a annoncé la tenue d'actions de promotion et de communication allant dans ce sens. Elles auront notamment lieu sur les marchés à l'export, « des marchés d'avenir » pour la filière compte-tenu « de l'érosion de la consommation de vin en France ».

IGP du Midi

En complément à cette stratégie premium figure celle dessinée pour les IGP de département.

« Il manque une IGP socle dans le vignoble languedocien, analyse René Moreno. À l'heure actuelle, nous avons trois IGP de département (Aude, Gard, Hérault) qui ne permettent pas de créer une offre régionale de vins d'assemblage qui soit complémentaire avec celle de l'IGP Pays d'Oc majoritairement mono-cépage. »

Cette IGP socle a déjà trouvé son nom : il s'agira de l'IGP Terres du Midi. Son cahier des charges est en cours de rédaction. Les professionnels ont rencontré la délégation territoriale de l'Inao qui « a été très séduite par le projet », indique René Moreno. Le cahier des charges leur sera déposé en février.

« Pour nous metteurs en marché, l'avantage de créer cette IGP est d'avoir suffisamment de volumes pour répondre à certains marché qui aujourd'hui nous échappent, témoigne Frédéric Jeanjean, le représentant des négociants au CIVL. On va amorcer un courant affaire supplémentaire et augmenter les exportations grâce à cette refonte des IGPC'est vital pour la région. »

L'objectif actuel est de regrouper l'offre des trois IGP de département, à savoir 1,5 M hl. Mais les professionnels n'excluent pas l'arrivée de nouveaux volumes, notamment ceux issus des Pyrénées-Orientales et du vignoble de Midi-Pyrénées.

L'objectif est de valoriser cette nouvelle IGP dès les vendanges de 2016. Si le calendrier administratif ne le permet pas, un « plan B » est prévu puisque le CIVL a déposé la marque Terres du Midi.

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