Vinadeis s’associe à Château Maris pour bousculer le marché du bio

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(Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Le 1er groupe coopératif français s’associe à un précurseur des vins bio en Languedoc, Château Maris, via la structure Les Artisans Bio. Lancée le 15 février lors du salon Vinisud, cette marque-ombrelle vise une forte internationalisation des deux partenaires en Amérique et en Asie, avec un objectif de 10 M€ d’ici 2020.

Si mon premier (Vinadeis, ex Val d'Orbieu-Uccoar, 310 M€ de CA) réalise plus de 70 % de son chiffre d'affaires en France, mon second (Château Maris, 1,6 M€ de CA) aurait bien besoin d'aborder les marchés français et asiatiques, avec 95 % de son CA réalisé à l'export principalement vers les marchés américains, canadiens, anglais et scandinaves.

Un nouveau pôle de référence ?

C'est pour une plus forte internationalisation de leurs gammes de vins bios respectives, que le géant coopératif Vinadeis (17 000 hectares de vignes) s'associe au vigneron Robert Eden, propriétaire de Château Maris en Minervois cru La Livinière (45 ha). Le premier au titre de sa nouvelle filiale Vinadeis Bio créée il y a six mois, le second en qualité de précurseur du bio et de la biodynamie en Languedoc.

Avec l'ambition de créer un pôle viticole bio languedocien de référence, l'artisan et l'industriel ont officialisé, lundi 15 février lors du salon Vinisud, cette nouvelle structure commerciale commune baptisée « Les Artisans Bio ».

« Notre objectif commun est de produire des vins bios de qualité en Languedoc-Roussillon et de structurer notre offre à l'international, en nous appuyant sur la lisibilité d'une marque-ombrelle et d'une seule structure de distribution », explique Robert Eden, qui apporte dans la corbeille des « Artisans Bio » 500 000 bouteilles en vins bios et biodynamie.

Un industriel et un artisan associés

Ces bouteilles seront commercialisées sous la signature « Robert Eden » (7-8 € la bouteille), aux côtés des deux gammes de Vinadeis Bio : « Domaines et châteaux » (5 €) et « Terre de sens » (6,50 €). Ces deux dernières marques totalisent entre 6 000 et 7 000 hectolitres de production du groupe coopératif audois qui dispose de 180 ha en bio (150 ha en domaines et châteaux, 20-30 ha en coopérative), ainsi que de 100 ha en conversion. Pour Vinadeis, l'ambition et d'atteindre sur ce segment 10 M€ de CA en 2020 (sur un total de 500 M€).

« Le Languedoc-Roussillon est en position de leader sur un marché du bio qui grandit à l'échelle internationale, commente Bertrand Girard, président du directoire de Vinadeis. Aujourd'hui le marché est assez mature pour accueillir une offre structurée et marketée issue de notre terroir, l'ambition étant de produire un bio ultra-qualitatif avec Robert Eden qui sera là pour superviser et nous accompagner dans le développement de ces marques ».

De la même manière, Robert Eden trouve dans ce partenariat toute la puissance de feu d'un groupement coopératif fort de 17 000 ha en production.

« Parmi eux il y a des bijoux extraordinaires qui sont déjà en agriculture raisonnée, de vieilles vignes sur des terroirs exceptionnels, un outil de production extrêmement qualitatif qui va nous permettre de répondre à cette demande croissante en vin bio », confie le vigneron.

C'est donc un rapprochement gagnant/gagnant pour l'industriel et l'artisan, Château Maris venant s'appuyer sur la puissance d'un groupe pour aborder les marchés sur lesquels il est absent (la France et l'Asie), Vinadeis développant la même stratégie sur les marchés anglo-saxons encore difficiles d'abord.

Bertrand Girard a été élu Décideur de l'année lors des Grands Prix Objectif 2015.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2016 à 13:13 :
On voit mal comment produire en grosse quantité de la qualité véritablement bio, espérons qu'ils ne vont pas acheter ces engrais bios chinois validés par l'état chinois (facile donc, c'est l'avantage d'une non démocratie au sein d'un système néolibérale, le renard dans le poulailler...) mais comportant autant de produits chimiques dangereux que les autres.

A l'image du cellier des dauphins bio encore plus mauvais que le non bio...

Productivité et qualité ne font jamais bon ménage à moins de changer en profondeur de mentalité mais vu le sale exemple permanent de notre agro-industrie on ne peut être que méfiant.

Maintenant il est évident qu'il y a une demande croissante de vin bio parce que tout simplement bien meilleur que nombreux non bios (attention pas tous quand même notamment en Bourgogne où ils sont encore nombreux à respecter le vin).

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