Mercadis, premier MIN doté d’un pôle de transformation alimentaire

Mercadis, le Marché d'Intérêt National de Montpellier, a inauguré le 28 février un pôle de transformation alimentaire composé de six entreprises. Un investissement de 1,5 M€ destiné à valoriser la production agricole locale et en lien avec la politique agroécologique et alimentaire de la Métropole, signataire du Pacte de Milan.

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La légumerie Agriviva est destinée à transformer 80 % de produits agricoles locaux mais travaille également des produits exotiques pour la GMS et la restauration collective du territoire métropolitaine et du département héraultais.
La légumerie Agriviva est destinée à transformer 80 % de produits agricoles locaux mais travaille également des produits exotiques pour la GMS et la restauration collective du territoire métropolitaine et du département héraultais. (Crédits : M.C.)

« Il n'est pas possible de manger « local » s'il n'y a pas un outil de transformation des produits agricoles locaux », résume Olivier Lauro, le directeur général de Mercadis, le Marché d'Intérêt National (MIN) de Montpellier Méditerranée Métropole, à l'occasion de l'inauguration du Pôle de transformation alimentaire de son établissement, le 28 février.

La création d'un tel outil est une première dans l'univers des MIN, ces marchés de gros bénéficiant du statut de service public et destinés à favoriser le commerce de proximité en regroupant sur un même lieu l'offre en produits alimentaires (producteurs, grossistes) et la demande (acheteurs).

Politique agricole métropolitaine

« C'est la première fois en France qu'un Pôle de transformation alimentaire est créé sur un schéma aussi innovant, lié aux habitudes de mutualisation véhiculées par le MIN depuis 55 ans, déclare Philippe Saurel, le maire et président de Montpellier Métropole. Cette innovation s'intègre dans notre politique agro-écologique  et  alimentaire destinée notamment à offrir une alimentation saine et locale au plus grand nombre ainsi qu'à soutenir l'économie et l'emploi agricole et agro-alimentaire. »

Dans cette logique agricole et alimentaire, la Métropole a intégré le réseau des villes signataires du Pacte de Milan qui s'engagent à travailler « au développement des systèmes alimentaires durables, inclusifs, résistants, sûrs et diversifiés, qui fournissent des aliments sains et abordables à tous ».

Six entreprises et 40 emplois

Composé aujourd'hui de six entreprises (*) de transformation de produits agricoles, ce pôle a nécessité un investissement de 1,5 M€ financé pour moitié par des entreprises et pour moitié par des fonds publics (34 % par la Somimon, la Société d'économie mixte du MIN de Montpellier et 20 % de subventions diverses dont la Région et le Feader).

« Les professionnels s'engagent dans cette nouvelle politique, témoigne Jackie Galabrun-Boulbes, présidente de la Somimon et vice-présidente de Montpellier Métropole. C'est un outil qui manquait et qui a nécessité deux ans d'investissement. Aujourd'hui, le Pôle transformation a déjà permis la création de 40 emplois. Nous avons une perspective de croissance de 37 % d'ici à la fin 2017 avec la création de vingt emplois supplémentaires. »

Parmi les entreprises les plus pourvoyeuses de main d'œuvre de ce pôle figure Il était un fruit (13 emplois), spécialisée dans la production et la commercialisation de fruits séchés. En forte croissance, elle devrait quadrupler sa capacité de production d'ici à l'été prochain, passer à une organisation en 3x8  et embaucher cinq personnes. Elle vient de lever 1,2 M€ pour « financer cette croissance », indique Annabelle Borghini, l'une des associés de Laure Vidal, la créatrice de l'entreprise en 2014.

Synergies

Plus récemment arrivée au MIN, la légumerie Agriviva était la pièce manquante du puzzle pour constituer un Pôle transformation, selon Olivier Lauro.

« Agriviva lance son activité de transformation de légumes locaux à destination de la restauration collective le 1er mars, indique le directeur général de Mercadis, indique-t-il. Nous ne pouvions pas imaginer la création d'un Pôle sans cette activité. Elle est structurante à double titre : au niveau de l'activité de valorisation de la production locale mais aussi au niveau de la sous-traitance avec les autres entreprises du Pôle. Elle renforce ainsi la cohésion de l'ensemble.»

Agriviva devrait notamment assurer une prestation pour une autre entreprise du MIN, Label d'Oc, une conserverie destinée à transformer les produits agricoles languedociens.

« Les producteurs nous apportent leur production qui est transformée et mise en conserve à façon ou valorisée au travers de notre marque 7/e, résume Sylvain Goineau, producteur et gérant de Label d'Oc. Aujourd'hui, nous sommes sept personnes mais en passant dans une organisation 2 x 8, notre ambition est de recruter pour atteindre un effectif de vingt salariés. »

Projets d'innovations

Prochain défi du MIN: « sa numérisation dans les prochaines années», indique Pierre Pouëssel, Préfet de l'Hérault, et de « nouveaux projets innovants en lien avec la politique agro-écologique de la Métropole », ajoute Jackie Galabrun-Boulbes.

Les 220 entreprises regroupées au sein du MIN de Montpellier génèrent 500 emplois directs et un chiffre d'affaires de 120 M€ dans leurs relations avec quelques 3 000 acheteurs. Cet « écosystème » d'entreprises exploite un espace de 9,5 ha doté de 40 000 m2 de locaux et de 8 000 m3 d'entreposage en température contrôlée.

(*) Les six entreprises regroupées au sein du Pôle de transformation du MIN de Montpellier sont Agriviva, Clarelia, Il était un fruit, Label d'Oc, Le Détour, Le Goût du Bœuf.

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