Alimentation : la Région fait "une étude de marché géante"

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La Région a lancé, le 2 avril, une concertation citoyenne autour de l'alimentation, 1e étape d'un plan visant à réorienter vers la filière agricole une partie de la commande publique pour les restaurants scolaires des lycées. Un surcoût de 15 centimes par repas, que la Région prend à sa charge.

Du 2 avril au 30 juin, le Conseil régional Occitanie organise une concertation citoyenne pour mieux sonder les attentes et les habitudes de la population en matière d'alimentation, fléchée "grande cause régionale" dans le budget 2018. Les habitants d'Occitanie pourront s'exprimer (via questionnaire papier ou disponible en ligne) sur l'image de la région, leurs habitudes de consommation et d'achats, leurs attentes, etc. sur le sujet.

Un "accès privilégié" réservé aux productions locales

Sur la base des résultats (la barre des 20 000 ou 30 000 questionnaires remplis est espérée), la Région déterminera les grands axes du plan alimentation qui sera voté d'ici la fin 2018, avec une action dans la restauration collective dès la rentrée prochaine. L'objectif est notamment de servir 40 % de produits locaux (dont la moitié en bio) d'ici 2021 dans les 193 restaurants scolaires des lycées régionaux : cette part s'élève à 16 % à ce jour.

Après un appel à candidatures lancé ces dernières semaines, un tiers des lycées régionaux (50 établissements) a déjà été choisi par la Région pour participer à cette politique de commande publique favorable à la production régionale. Elle se traduira par un surcoût de 15 ou 16 centimes par repas, pris en charge en totalité par la Région, et financé dans le cadre d'une enveloppe de 2,2 M€ débloquée pour ce plan la 1e année.

La Région assure que sa démarche est conforme au code des marchés publics, en vertu d'un "cahier des charges type" en faveur de la restauration collective, censé réserver un accès privilégié aux producteurs locaux. Ce texte, imaginé par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture du gouvernement Valls, serait applicable depuis 2015 mais "peu diffusé jusqu'ici", selon la présidente de Région, Carole Delga.

"Pour cette raison, ce plan se doublera d'un effort de formation de nos gestionnaires afin de lancer les marchés locaux, explique-t-elle. De même, nous allons former les cuisiniers afin de limiter le gaspillage alimentaire et favoriser l'éducation à l'alimentation des enfants."

Une nouvelle plate-forme régionale

Globalement, cette stratégie vise aussi à conforter la filière agri-agroalimentaire régionale : le vice-président de Région délégué à l'agroalimentaire, Jean-Louis Cazaubon, présente ce plan comme "une étude de marché géante", qui devrait notamment inciter les productions insuffisamment présentes sur ces marchés à l'être davantage, et ainsi limiter l'apport de productions exogènes. "80 à 85 % de la viande consommée en Occitanie vient de l'extérieur de la région", plaide-t-il.

"Nous voulons favoriser un nouveau pacte entre producteurs et consommateurs, poursuit-il. C'est une initiative à la fois locavore et qualivore pour laquelle, avec 250 produits sous signes de qualité et un rang de première région pour le bio, l'Occitanie a de grands atouts. La restauration collective a la volonté de s'approvisionner au plus prêt, mais il faut lui amener des produits prêts à l'emploi, ce qui suppose de nouveaux outils comme la plate-forme d'approvisionnement régionale que nous allons créer dans le cadre de ce plan pour les lycées."

Cet outil prendra d'abord la forme d'une plate-forme dématérialisée, qui sera ensuite "déconcentrée" dans les départements dans des lieux physiques. Les MIN (marchés d'intérêt national) devraient en faire partie, "car ce sont déjà physiquement des points de regroupement", selon Jean-Louis Cazaubon.

En Occitanie, 25 millions de repas sont servis chaque année dans les lycées régionaux, soit 56 M€ d'achats. La région compte près de 2 000 entreprises agri-agroalimentaires, le 1er employeur régional : 165 000 emplois (14 % des emplois d'Occitanie).

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Commentaires
a écrit le 06/04/2018 à 17:21 :
SVP :
Quel est l'opérateur qui a réalisé cette étude de marché ?
a écrit le 04/04/2018 à 8:48 :
Merci pour cet article.

Bien manger à l'école est prioritaire, il serait temps de retirer le marché à sodexo qui ne fait qu'empoisonner nos gamins avec de la bouffe empoisonnée agro-indutrielle.

Nous habitons à la compagne et ce que mangent mes enfants au collège et au lycée est tout simplement insipide quand ce n'est pas mauvais et ils adorent les légumes aussi hein mais ceux avec du gout par contre.

ET mes enfants qui vivent donc à la campagne voient leurs cousins parisiens, du 94, manger de la nourriture bio préparée par des vrais cuisiniers et se régaler grâce à un plan du département pour mieux faire manger nos enfants; bravo à eux et honte à nous !

Marre de la dictature de l'agro-indutrie qui ferait mieux se de réorienter à alimenter les robots et non les humains, on en a plein les bottes de mourir de cancers, merci.

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