Une année record à l’export pour les vins du Languedoc-Roussillon

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(Crédits : Mikaël Lozano)
En 2018, les ventes à l’export des vins du Languedoc Roussillon ont franchi un nouveau record en valeur. Les volumes sont en revanche en léger retrait, mais la région fait mieux que l’ensemble des vins français.

Même si les volumes sont en léger retrait (- 1 %), les professionnels sont confiants : cette année, les ventes de vins régionaux à l'exportation atteignent un niveau record en valeur, soit 850 M€, en hausse de 3 % par rapport à l'an dernier. Une progression supérieure à celle de l'ensemble des vins français.

Par conséquent, la part des vins du Languedoc-Roussillon dans les exportations de vins français s'accroît, passant de 25 à 27 %. Les vins de pays d'Oc représentent la plus grosse part du gâteau : à eux seuls, avec 2,4 millions d'hectolitres exportés, ils représentent 20 % des volumes de vins français exportés.

« Cette année, nos volumes sont restés stables alors que les vins français sont en recul de - 4,6 %. Nous résistons plutôt bien dans un contexte difficile, lié à la petite récolte 2017 », souligne-t-on à Inter Oc, l'interprofession des vins de Pays d'Oc.

Les baisses enregistrées sur certains pays comme l'Allemagne (- 3 % en volume, - 1,8 % en valeur), premier client export des pays d'Oc, sont compensées par les belles progressions en Belgique (+ 8 % en volume, + 7,5 % en valeur) et les États-Unis (+ 7 % et + 5,6 %). Les ventes restent stables en Chine alors que celles des vins français s'effondrent (- 35 % en volume, - 20 % en valeur).

Recul des AOC en Chine

Les AOC du Languedoc accusent un net recul des volumes : avec 470 000 hl exportés, les ventes chutent de 8 % en volume, mais progressent de 2 % en valeur, à 211 M€.

Selon Jérôme Villaret, secrétaire général du CIVL, ces résultats sont la conjonction de deux phénomènes : « L'essentiel de nos pertes en volume provient de la Chine. Il semblerait que les importateurs chinois se soient très largement couverts en 2017, ce qui a généré des stocks en 2018, qui sont maintenant résorbés. Les ventes devraient reprendre en 2019 ».

L'Allemagne est également un marché sur lesquelles les AOC languedociennes sont en fort recul : - 15 % en volume, - 11 % en valeur.

Poursuite de la stratégie de valorisation

« En Allemagne, nous perdons des volumes sur le marché des entrées de gamme, observe Jérôme Villaret. C'est dans la logique de la stratégie de l'interprofession qui vise la valorisation de nos vins. Le prix moyen (départ cave HT, ndlr) de la bouteille exportée en Allemagne est aujourd'hui de 2,9 € contre 1,45 € en 2010, soit une hausse de 100 %. Nous allons poursuivre cette année notre plan d'action dans la grande distribution en Allemagne, pour accompagner ces changements de gamme et positionner les AOC du Languedoc à plus de 5 € la bouteille pour le consommateur. »

En revanche, les AOC du Languedoc réalisent de belles performances aux États-Unis, grâce au succès du rosé (+ 3 % en volume, + 11 % en valeur), au Canada grâce au développement des ventes en Ontario et Colombie britannique (+ 15 % en volume, + 22 % en valeur), et même au Royaume-Uni où le Picpoul de Pinet rencontre un joli succès.

Les vins IGP autres que les pays d'OC, sont dans une bonne dynamique à l'export : les volumes sont en progression de 4 % et le chiffre d'affaires bondit de 10 %.

Retournement de tendance à mi-année

Pour la maison Badet Clément, qui réalise 70 % de son chiffre d'affaires à l'export, 2018 a été une bonne année, puisque ses ventes à l'export pour sa gamme de vins du Languedoc progressent de 9,5 % en volume comme en valeur.

« Sur les six premiers mois de 2018, les ventes ont été très dynamiques et à partir de juillet, nous avons observé un retournement de tendance et notre progression s'est érodée, analyse Frédéric Pacaut, DG et directeur commercial de l'entreprise. La répercussion, pourtant partielle, des hausses de prix liées à la petite récolte 2017, explique sans doute ce tassement des ventes. »

Les vins de Badet Clément ont connu une belle croissance sur les USA, premier marché de l'entreprise, mais les ventes sont effritées en Europe (Allemagne, Belgique,...), à l'exception du Royaume-Uni, où l'entreprise récolte cette année les fruits de ses investissements commerciaux.

A Hong Kong et en Chine, les chiffres sont à la baisse. En 2018, Badet Clément, a exporté 12 millions de cols de vins du Languedoc pour un chiffre d'affaires de 37 M€. L'entreprise, dont le siège est à Nuits-Saint-Georges (21), est implantée dans l'Aude (11), où elle est propriétaire de deux domaines viticoles et d'un centre de vinification dans l'ancienne cave coopérative de Monze, qu'elle a remis à neuf.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2019 à 5:11 :
De la piquette bourree de phosphates. A Eviter.
a écrit le 02/04/2019 à 9:25 :
Dommage qu'il n'y est pas de différenciation entre les vins conventionnels et les bios voir les vins naturels.

Dans le Bergerac depuis qu'ils se sont mis au bio, beaucoup, nous retrouvons une véritable saveur de terroir faisant que nos vins qui avant voulaient imiter le bordeaux de ce fait tanisés jusqu'à la nausée sans aucun intérêt, commencent à devenir grandioses.

Et je suis plus amateur de vin que chauvin !

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