Synergie industrielle à Limoux : une usine d’embouteillage pour 2 coopératives

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La nouvelle usine s'étend sur 7 000 m2, dont 4 000 m2 pour la partie conditionnement
La nouvelle usine s'étend sur 7 000 m2, dont 4 000 m2 pour la partie conditionnement (Crédits : DR)
Les deux caves coopératives de Limoux (11) ont investi conjointement 11,7 M€ dans une nouvelle usine d’embouteillage. Le chantier est en phase finale, et les premières mises en bouteilles vont démarrer début décembre.

C'est un chantier qui a été rondement mené. Lancé début octobre 2018, les travaux de la nouvelle usine d'embouteillage Limoux Conditionnement sont sur le point de s'achever. Ce projet industriel est porté par les deux caves coopératives limouxines : Anne de Joyeuse et Sieur d'Arques.

"Nous n'avions pas de ligne d'embouteillage et Sieur d'Arques disposait d'un outil obsolète. Les planètes étaient alignées pour travailler de concert sur ce besoin commun. Nous avons engagé une réflexion commune pour mutualiser cette activité de conditionnement", rappelle Guy Andrieu, le directeur d'Anne de Joyeuse.

Une capacité de 8000 cols/h

Deux ans d'études ont été nécessaires pour définir le projet industriel, boucler le financement et créer la structure juridique de la future usine. Le cabinet d'ingénierie Ingévin (Montpellier) a été mandaté pour la conception de ce site industriel, qui s'étend sur 7 000 m2 : 4 000 m2 pour la partie conditionnement avec une ligne d'embouteillage de 8 000 cols/h et une ligne de conditionnement en Bag in Box, 3 000 m2 pour le stockage et l'expédition.

La SAS Limoux Conditionnement, détenue à parts égales par les deux coopératives, a été créée : un comité de direction regroupant les présidents, vice-présidents et directeurs des deux caves, a été mis en place.

Un investissement de 11,7 M€

Le projet représente un investissement de 11,7 M€, dont 28 % ont été pris en charge par l'Europe, la Région Occitanie et la Communauté de communes du Limouxin. Les coopératives ont fait un emprunt auprès d'un pool bancaire pour financer le reste.

Ce site sera exclusivement dédié au conditionnement des vins tranquilles. Pour Anne de Joyeuse, cette activité représente aujourd'hui 6 millions de cols par an, vendus essentiellement dans les réseau traditionnel en France (cavistes et CHR) et à l'export.

"Nous avons renforcé nos équipes marketing et commercial. Nous espérons atteindre les 8 millions de cols très prochainement", annonce Guy Andrieu. De son côté Sieur d'Arques commercialise 3 millions de cols par an en vins tranquilles.

Prête à démarrer, l'usine compte 20 salariés, dont 6 créations de poste et 14 emplois transférés des deux caves. Les premières mises en bouteilles sont programmées début décembre.

"C'est une grande satisfaction d'avoir mené à bien ce projet de synergie industrielle entre nos deux caves. Cet outil mutualisé va nous permettre d'être performants sur nos marchés. Nous avons un matériel à la pointe, qui nous permettra d'être beaucoup plus innovants, notamment en matière d'habillage", se réjouit Pierre-Louis Farges, le président de Sieur d'Arques.

D'autres projets en commun

Après ce premier essai de projet mutualisé, les deux caves travaillent sur une charte vignoble commune, avec pour objectif la certification environnementale HVE3. "Cette charte est en cours de validation. Elle intègre des règles de production plus contraignantes que le référentiel HVE3 puisque nous nous interdisons les produits CMR (Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques, ndlr)", précise Pierre Louis Farges. Le chantier est déjà bien engagé : Anne de Joyeuse vise la certification pour la quasi-totalité de son vignoble dès les prochaines vendanges, Sieur d'Arques d'ici deux ans.

Des synergies se mettent également en place pour les vinifications : cette année Sieur d'Arques a confié la vinification d'une partie de ses vins rouges à Anne de Joyeuse et inversement, Sieur d'Arques a assuré l'élaboration des vins effervescents de certains adhérents d'Anne de Joyeuse. "Ces rapprochements visent un seul objectif : assurer une meilleure rémunération à nos adhérents afin de développer l'activité viticole sur notre terroir", insiste Pierre-Louis Farges.

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