Le Château de Flaugergues investit 1,6 M€ dans le coworking

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Sous l'impulsion de Pierre de Colbert, le château prévoit de bâtir 600 m2 d'espaces de co-working et 200 m2 d'espaces réceptifs
Sous l'impulsion de Pierre de Colbert, le château prévoit de bâtir 600 m2 d'espaces de co-working et 200 m2 d'espaces réceptifs (Crédits : DR)
Situé aux portes de Montpellier, le château de Flaugergues a su faire de cette contrainte un atout, en engageant une diversification de ses activités tout en maintenant l’exploitation de ses 28 ha de vignes. Il vient de déposer le permis de construire pour de nouveaux espaces collaboratifs.

La partie n'était pas gagnée d'avance. Pris en tenaille par l'urbanisation grandissante de la ville de Montpellier, le domaine viticole du Château de Flaugergues résiste et déploie de nouvelles activités. Le vignoble qui s'étendait sur 50 ha à son apogée dans les années 80, compte aujourd'hui 28 ha aujourd'hui.

Les spécificités d'une localisation urbaine

Pierre de Colbert qui, en 2002, a pris le relais de son père à la tête de l'exploitation, a astucieusement su tirer profit de sa localisation en milieu urbain. Dès 2010, conscient que la proximité du quartier d'affaires le Millénaire lui offrait une possibilité d'élargir sa clientèle, le jeune vigneron a ouvert un restaurant, le Folia, qui propose tous les midis une cuisine du marché à laquelle sont associés les vins du domaine (20 000 couverts par an).

Le vigneron organise régulièrement des Afterworks et ainsi qu'une série d'événements festifs ciblant cette clientèle des urbains actifs. Cette activité, couplée à la location de salles du château pour accueillir des séminaires et réunions d'entreprises, permet de commercialiser 30 000 bouteilles par an.

Pierre de Colbert n'oublie pas pour autant son activité première : en 2016, il investit 1,8 M€ dans la construction d'un nouveau chai, en remplacement de la cave historique du château devenue obsolète. Un bâtiment à l'esthétique résolument moderne, signé par l'agence montpelliéraine Matte Deveaux Rousseau (MDR) et réalisée par le spécialiste d'ingénierie vinicole Ingevin, qui s'intègre aux vignes et à la garrigue alentours et respecte l'ensemble classé de cette folie montpelliéraine. L'aspect environnemental a été particulièrement travaillé pour en faire une cave durable : gestion des effluents, économie d'énergie, climatisation naturelle, économie d'eau...

De même au niveau du vignoble, Pierre de Colbert s'est engagé des démarches environnementales : en 2015, le domaine obtient la certification ISO 2014, norme qui valide une démarche environnementale par la prévention des pollutions et la gestion des risques, en étant transparent vis-à-vis des tiers. Depuis cet été, le vignoble est certifié HVE 3 (Haute Valeur Environnementales) et agréé Terra Vitis, référentiel de la viticulture raisonnée.

"Notre localisation en milieu urbain nous impose d'être particulièrement rigoureux dans la gestion de la protection du vignoble. Nous veillons à être parfaitement transparents vis-à-vis de la population alentour", indique Pierre de Colbert.

Le château mise sur le co-working

Autre diversification, initiée en 2018 : une parcelle a été mise à disposition de la ferme collaborative Oasis Citadine, qui propose aux citadins de participer aux travaux d'un potager en permaculture. Les récoltes sont partagées chaque semaine entre tous les membres. Cette initiative originale attire un public encore différent sur les terres du château.

Enfin cette année, nouvel épisode dans la diversification de Flaugergues : Pierre de Colbert projette de rénover l'ancienne cave pour y ouvrir, en 2021, 600 m2 d'espaces de co-working et 200 m2 d'espaces réceptifs. Le permis de construire vient d'être déposé pour ce nouveau projet qui représente un investissement de 1,6 M€.

"C'est une nouvelle occasion d'ouvrir notre château et de ne pas rester dans les schémas traditionnels. Après tout, Flaugergues est un cas quasi unique, nous ne sommes que deux propriétaires récoltants à faire leur déclaration de récolte sur le code Insee de la ville de Montpellier", défend l'inventif vigneron.

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