Millésime bio : les vins bio toujours en pleine forme

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Le mondial du vin bio compte 1 300 exposants, soit 100 de plus qu'en 2019
Le mondial du vin bio compte 1 300 exposants, soit 100 de plus qu'en 2019 (Crédits : Muriel Chêne)
Porté par la dynamique du marché des vins bio, le salon Millésime bio, qui se déroule du 27 au 29 janvier, affiche une belle affluence dès le premier jour d’ouverture. Les perspectives sont au beau fixe, au moins pour les trois prochaines années.

Belle affluence dès ce lundi 27 janvier au salon Millésime bio, qui a ouvert ses portes pour trois jours au parc des expositions de Montpellier. Pour sa 27eme édition, ce mondial du vin bio compte 1 300 exposants, soit 100 de plus qu'en 2019, de plus de 20 nationalités différentes.

"Avec 3 900 visiteurs dès le premier jour, nous enregistrons une hausse de 9% par rapport à la première journée de l'an dernier", se réjouit Olivier Goué, chef de projet Millésime bio au sein de Sudvinbio, l'association interprofessionnelle des vignerons bio d'Occitanie qui organise ce salon.

La dynamique du bio se confirme

Dans un contexte très compliqué pour la filière vin française, fragilisée par la taxe américaine sur les vins français, l'incertitude autour du Brexit, la baisse des importations de vins français en Chine et la baisse des ventes dans la grande distribution en France, le marché des vins bio reste très dynamique. En France, sur la période 2012-2019, les ventes de vin bio ont progressé, en valeur, de 28% en moyenne par an. Et d'après l'étude prospective réalisée ISWR, les prévisions sont au beau fixe pour les trois prochaines année : avec une croissance de 71% sur la période 2018-2023, la France serait de loin le premier consommateur mondial de vins bio en 2023, représentant alors 20% de la consommation mondiale.

Sur le salon, cette belle dynamique se ressent chez les exposants. "Nous sommes présents sur ce salon comme chaque année, mais nous n'avons plus rien à vendre. Nous avons eu une très petite récolte cette année avec une production de seulement 60 000 hl contre 80 000 hl en année moyenne", confie Jean-Fred Coste, président de la cave des Vignerons d'Héraclès, premier producteur français de vins bio.

Les tensions du marché s'amenuisent

Au domaine de Caylus à Béziers (34), Louis Andrieu a été plus chanceux, cette année, il a fait le plein. "J'ai déjà vendu la moitié de ma récolte en vrac. Je garde le reste pour mes ventes en bouteilles. Nous n'avons pas de mal à trouver des acheteurs. Mais l'Espagne reste un concurrent très sérieux avec des prix très inférieurs aux nôtres. Cette année j'ai perdu un marché à l'export, qui a été pris par des Espagnols". Producteur et négociant à Pinet, Olivier Azam est également confiant. Avec 900 000 bouteilles commercialisées cette année, il enregistre une hausse de 10 % de son chiffre d'affaires. "Le marché reste porteur avec une demande encore supérieure à l'offre. Le marché français poursuit sa croissance, mais j'ai plus progressé à l'export", indique-t-il.

"Le déséquilibre entre l'offre et la demande que nous avons connu ces trois dernières années a conduit à une forte augmentation des prix : +45 à 50% en trois ans. Les difficultés d'approvisionnement ont bridé notre croissance. Cette tension va progressivement s'atténuer avec la certification progressive des surfaces qui sont en conversion. Sur la récolte 2019 en Occitanie, nous avons déjà gagné 100 000 hl, on devrait produire 200 000 hl de plus en 2020 et 2021. Cette augmentation de l'offre va nous permettre de repartir à la conquête de nouveaux marchés et sans doute de limiter certains prix qui étaient devenus excessifs", analyse Jacques Frelin, négociant spécialiste des vins bio depuis 1983.

Autre indicateur positif pour la filière vin régionale, pour la première fois cette année, le monopole des vins suédois a lancé un appel d'offre pour des vins bio en spécifiant très précisément les AOP recherchées : Fitou (40 000 bouteilles), Minervois (60 000 bouteilles), et Faugères (15 000 bouteilles). "Jusqu'à présent, ces appels d'offre étaient globaux pour les vins de tout le sud de la France, sans indication d'AOP précises. C'est le résultat du travail mené depuis deux ans par le CIVL auprès du monopole suédois", souligne Jérôme Villaret, délégué général du CIVL.

L'horizon semble bien dégagé pour la montée en puissance du vignoble bio d'Occitanie.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2020 à 14:58 :
Dynamisant aussi toutes ces médailles que l'on a vu apparaître il y a une vingtaine d'année et autres amphores qui commençaient à prendre de la bouteille (désolé) avec les vins bourrés de chimie industrielle, tandis que là les médailles d'or bio sont bien souvent intéressantes et à des prix attractifs.

Comment font les gens pour ne pas faire de différence entre un vin traditionnelle sulfaté et un bio beaucoup moins acide de ce fait ???

Plus que le bio et la santé qui ne parlent pas aux gens, c'est le goût, qui ne parle pas beaucoup plus je suis d'accord mais quand même, qu'il faut mettre en avant avec moins de chimie industrielle dedans.

Ces andouilles d'agro-industriels, s'ils avaient été capables de ne pas anéantir le goût des vins auraient pu continuer tranquillement mais comme faut toujours plus de marge bénéficiaire à l'actionnaire il faut toujours plus de produits chimiques industriels dans les produits, alimentaires ou non.

On part de tellement loin et as sûr qu'on soit encore parti.

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