Les acteurs de la sécurité alimentaire se mobilisent pour la plate-forme Origo

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Le premier colloque Food Risk a permis aux acteurs régionaux de la sécurité alimentaire de dévoiler le projet Origo
Le premier colloque Food Risk a permis aux acteurs régionaux de la sécurité alimentaire de dévoiler le projet Origo (Crédits : Valentine Ducrot)
La fraude et la sécurité alimentaire sont au cœur du premier colloque Food Risk organisé, les 30 et 31 janvier, par le groupe Phytocontrol et l’Université de Nîmes. Réunissant des acteurs internationaux, ces rencontres inédites ouvrent sur la perspective du projet de la future plate-forme technologique Origo, dédiée à la sécurité et à l’authenticité des produits agroalimentaires.

Institutionnels, professionnels, entrepreneurs, associatifs, producteurs, distributeurs, universitaires, chercheurs, start-ups du secteur de l'agroalimentaire... Ils sont près de 300 à participer au colloque Food Risk qui se tient les 30 et 31 janvier 2020 au Novotel Atria de Nîmes (30).

"Phytocontrol étant acteur majeur sur les thèmes de la food safe, organiser cet événement avec les leaders d'opinions qui sont parties prenantes de cette chaîne, fait sens avec notre stratégie de développement, souligne Mickael Bresson, président fondateur de Phytocontrol, groupe spécialisé dans la sécurité sanitaire des eaux et des aliments. C'est avec fierté que le groupe gardois et l'université de Nîmes portent ce projet international."

Une plate-forme technologique dédiée pour 10 M€

Si le colloque permet de fédérer tous les acteurs de l'écosystème, il entre surtout dans la logique du projet Origo, plate-forme technologique dédiée à la sécurité et à l'authenticité des produits agroalimentaires.

"Grâce à des équipements de pointe et des partenariats académiques, Origo bénéficiera d'une visibilité forte à l'échelle européenne concernant l'analyse, le conseil, la formation et la recherche en matière d'adultération et de qualité des productions agricoles", projette Mickael Bresson.

Impulsée par Phytocontrol et l'Université de Nîmes, soutenue par Nîmes Métropole et la Région Occitanie, cette plate-forme partagée d'analyses (900 m2), représentant un investissement de 10 M€, devrait voir le jour en 2022 sur la zone d'activité Magna Porta entourant la nouvelle gare TGV Nîmes-Pont-du-Gard.

"Au sein de notre département Chrome (50 salariés, ndlr), nos thématiques de recherche phares portent sur les risques sanitaires pour les populations et nos équipes travaillent en convergence avec celles de Phytocontrol sur les techniques analytiques, rappelle Benoit Roig, président de l'Université de Nîmes. Mais au-delà de la collaboration entre une entreprise et un établissement d'enseignement supérieur, le projet de création d'Origo, soutenu par les acteurs régionaux, s'inscrit comme une vraie marque de fabrique du territoire. C'est en mutualisant tous nos talents que nous pourrons avancer. Entre Montpellier et Toulouse, deux pôles d'activité majeurs, Nîmes a son rôle à jouer."

Fraude et sécurité alimentaire

Animé par Jérôme Bonaldi et réservé aux professionnels, le colloque Food Risk accueille près de 40 intervenants venus débattre, d'un point de vue scientifique, technique et technologique, sur des thématiques majeures : traçabilité, authenticité, digitalisation, réglementation, blockchain, innovation, etc.

"L'agroalimentaire fait partie des premières ressources de nos 13 départements - la première ressource du Gard - et l'Occitanie est aussi la première région bio de France, a rappelé, en ouverture du colloque, Françoise Bons, conseillère régionale, représentante de Carole Delga. L'alimentation est un sujet de vie quotidienne pour nos concitoyens et nous avons tous besoin de traçabilité."

Alors que le secteur alimentaire est de plus en plus confronté aux risques liés à la fraude et à la sécurité alimentaire, ces deux jours de conférences interactives et tables rondes visent à déterminer les mesures ou stratégies pour relever les défis actuels et futurs.

Europol, polices et douanes veillent

Officier de renseignement criminel Interpol, Francesco de Angelis dresse un état des lieux international assez édifiant sur le "food crime" qui, selon lui, ne cesse d'étendre son activité.

En lutte contre ce fléau, Interpol et Europol, en coopération avec polices et douanes, renouvèlent régulièrement l'opération Opson qui a pour mission de retirer du marché les denrées alimentaires et boissons contrefaites non conformes. En 2019, l'opération, qui a réuni 78 pays, a permis de saisir 16 000 tonnes de denrées alimentaires et 33 millions de litres de boissons. En tête des aliments identifiés à risque : l'huile d'olive et le miel, deux produits-phares qui résonnent en Occitanie.

"La thématique de l'authenticité des aliments nous tient particulièrement à cœur, affirme Eric Capodanno, directeur scientifique de Phytocontrol. Avec les techniques analytiques actuelles, on a la capacité d'avoir des biomarqueurs permettant d'identifier la nature de l'échantillon, son origine et la façon dont il a été fabriqué. Ces outils sont nouveaux et les normes européennes se mettent peu à peu en place."

Ainsi, le laboratoire nîmois a-t-il investi dans un séquenceur ADN qui permet de faire un screening de toutes les espèces animales et végétales. En une seule analyse, il est possible de balayer plus de 4 000 espèces. De quoi être plus réactif face aux scandales de type lasagnes de cheval.

De la traçabilité à la blockchain

Analyse par spectrométrie de masse (société Shimadju) pour savoir par exemple si une huile de palme est adultérée avec du lard ou si la mozarella est bien di bufala. Tests immuno-chromatographiques (groupe allemand R Biopharm) pour détecter des protéines d'œufs dans les aliments... Les leaders mondiaux de l'instrumentation font bouger les lignes.

Dans un contexte de défiance grandissante des consommateurs envers les industriels, la traçabilité 4.0 est un axe fort. Ainsi, la société Tilkal utilise les technologies blockchain et big data pour assurer la traçabilité et la transparence des supply chains dans l'industrie.

"Notre plate-forme permet de collecter et d'analyser les données du cycle de vie des produits en temps réel, chez tous les intervenants de la filière", affirme Matthieu Hug, cofondateur de Tilkal.

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Commentaires
a écrit le 31/01/2020 à 12:58 :
Encore une "couillonade" qui coûte un "pognon fou" et qui ne sert... à rien. Tout cet d'argent dépensé pour faire tourner le système economico financier pourrait être bien mieux employé dans l'éducation à se nourrir sainement.
En clair, inciter les gens à consommer local, de saison, bio.

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