Les exploitants agricoles s’inquiètent de la difficulté à trouver de la main d’œuvre

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La cueillette des fraises va démarrer dans le sud de la France, et les exploitants agricoles manquent de main d'oeuvre.
La cueillette des fraises va démarrer dans le sud de la France, et les exploitants agricoles manquent de main d'oeuvre. (Crédits : DR)
Le printemps est là et avec lui, les premiers travaux des champs et les premières récoltes. Mais la fermeture des frontières mise en place dans le contexte de Covid-19 prive les exploitants agricoles d’une partie de la main d’œuvre habituelle en provenance d’Espagne ou du Maroc. Jérôme Despey, le président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault (également secrétaire général de la FNSEA) s’inquiète et cherche des solutions.

Les travaux des champs et les premières récoltes démarrent... Après avoir échangé avec le ministère de l'Agriculture, la FNSEA « a confirmé que les activités agricoles ne sont pas concernées par les restrictions d'activité », la fourniture de produits agricoles et alimentaires étant une priorité absolue.

Dans l'Hérault, le recrutement pour la récolte des asperges avait déjà été fait. Mais pour la cueillette des fraises qui va bientôt débuter, les exploitants agricoles se heurtent à un problème : habituellement, ils font appel à une main d'œuvre majoritairement espagnole ou marocaine. Sauf qu'aujourd'hui, les frontières sont fermées et les travailleurs ne pourront répondre à l'appel.

« A l'heure des fermetures de frontières, des mesures d'incitation à l'emploi et des assouplissements administratifs en agriculture sont nécessaires et urgente », estime le syndicat au niveau national.

A Montpellier, une réunion a été organisée par le préfet de l'Hérault le 19 mars pour faire un état de la situation.

« Nous avons compté une quarantaine d'entreprises agricoles, en dehors des coopératives, qui vont avoir besoin de 300 saisonniers pour mars-avril, essentiellement pour la cueillette fraises qui démarre, déclare Jérôme Despey, le président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault (également secrétaire général de la FNSEA). Or on ne peut pas mobiliser les étudiants qui ne sont pas en vacances. Pour l'instant, en réponse, un dispositif est créé entre la Chambre d'agriculture de l'Hérault et Pôle Emploi pour pourvoir au recrutement. J'ai toutefois des doutes sur l'efficacité de ce dispositif, ça va être difficile de trouver des personnes sur lesquelles les exploitants agricoles pourront compter durablement. Nous étudions d'autres possibilités : les stagiaires de la formation professionnelle qui ne sont aujourd'hui plus en stage et la création d'une plate-forme de mise en relation pour lancer un appel à recrutement. »

Inquiétudes sur la logistique

La filière agricole pointe un autre problème qui pourrait avoir d'importantes répercussions : l'arrivée massive de produits agricoles en provenance d'Espagne « à des prix prédateurs », s'inquiète Jérôme Despey.

« La CCI de l'Hérault a envoyé cet après-midi (le 19 mars donc, NDLR) un message aux acteurs des grandes et moyennes surfaces pour qu'ils jouent la solidarité et favorisent l'approvisionnement de proximité », annonce-t-il.

Par ailleurs, le président de la chambre d'agriculture évoque une problématique majeure qui monte en puissance : la capacité des entreprises de logistique (transport, emballage, etc.) à poursuivre leur activité.

« On observe de plus en plus d'entreprises qui font jouer les dispositifs de chômage partiel et tournent à régime réduit ou qui ferment, ce qui commence à poser problème pour emballer et acheminer nos marchandises, explique Jérôme Despey. Par exemple, des producteurs laitiers utilisent des moules à fromages fabriqués à Villefranche-sur-Saône et n'ont pas de solution de transport pour les récupérer... C'est pour ça que le ministre Bruno Le Maire martèle qu'il faut tout faire pour continuer l'activité économique. Des contacts ont été pris avec la Fédération nationale des transports. Une réunion portant sur cette problématique est prévue avec le préfet... »

Perte sèche pour l'horticulture

Enfin, un autre secteur agricole, non alimentaire celui-ci, est d'ores et déjà lourdement pénalisé par la crise du Covid-19 : le secteur horticole (fleurs, pépinières).

« L'horticulture est totalement à l'arrêt alors que les deux mois à venir sont capitaux, parce que les circuits de distribution, les magasins type Truffaut ou Jardiland, qui ne vendent pas de marchandises de première nécessité, ont fermé, explique Jérôme Despey.  La marchandise est perdue, ce qui représente une perte nette et sèche d'activité. »

Quant à trouver d'éventuels marchés de substitution, le président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault précise avoir demandé s'ils pouvaient vendre en direct : « La réponse est négative », regrette-t-il.

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Commentaires
a écrit le 20/03/2020 à 11:50 :
Ben qu'ils payent plus les gens autour de chez eux pour les attirer tout simplement hein, rien de plus simple.

Faut sortir le pognon de sous les matelas les gars hein !

Mieux ils paierons et plus ils trouveront.
Réponse de le 23/03/2020 à 10:32 :
Oui. Baisser les prélèvements sur les entreprises et augmenter les salaires...

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