Post-Covid : « Les enseignes commerciales comprennent qu’investir dans la logistique est incontournable »

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Le commerce de centre-ville (ici Montpellier) va devoir adapter ses pratiques aux nouveaux comportements des consommateurs.
Le commerce de centre-ville (ici Montpellier) va devoir adapter ses pratiques aux nouveaux comportements des consommateurs. (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Alors que tous les commerces rouvrent leurs portes depuis trois jours, quels changements a généré la crise sanitaire ? Comment doivent-ils réagir pour s’adapter aux nouveaux comportements et modes de consommations ? Analyse de Philippe Abrard, professeur agrégé en économie et marketing à l’Institut Montpellier Management (Université de Montpellier).

Qu'est-ce que la crise du Covid-19 nous apprend sur le commerce ?

Philippe Abrard : « Il est difficile de ne pas avoir une vision globale du commerce. Nous assistons à une révolution de nature silencieuse depuis le début des années 2000, qui touche les modèles standards de la distribution, principalement les supermarchés. Les causes principales sont le e-commerce et le retour à la proximité. Résultat : les parts de marché des supermarchés s'érodent au profit des formats de proximité. C'est une fragmentation du commerce classique connu ces cinquante dernières années, un mouvement de fond que le grand public semble découvrir depuis deux ou trois ans mais qui est connu des spécialistes. La crise agit comme un accélérateur de ces tendances : augmentation du commerce électronique alimentaire - c'était la dernière frontière, or les drive superforment et sont à saturation -, augmentation du panier moyen, y compris dans les commerces de proximité, et baisse de la fréquentation des grandes surfaces de - 20 % voire - 50 % dans la semaine du 16 mars... Certains formats de proximité, comme les boucheries par exemple, ont retrouvé des chiffres d'affaires qu'ils n'avaient plus rencontrés depuis longtemps, certains ont développé la livraison à domicile. »

Que peuvent faire les commerces non alimentaires, qui ont dû fermer entre le 16 mars et le 11 mai, pour se sortir de la crise économique dans laquelle les a plongé le Covid-19 ?

« La crise peut durer quelques mois encore, et les turbulences peuvent générer des perturbateurs importants. Il y a probablement des commerces qui resteront sur le bord du chemin... Mais la crise génère aussi des opportunités et va rebattre le jeu. La difficulté a consisté à tenir pendant la période de confinement en réduisant les charges variables, les charges fixes devenant surdimensionnées. Il faut tirer des enseignements pour préparer le rebond. Ça oblige à arbitrer entre le court terme, c'est à dire la survie, et le rebond, c'est à dire la résilience. »

L'omnicanal (reposant sur une double distribution, physique en point de vente et e-commerce) est-il désormais le seul modèle envisageable pour un commerce ?

« L'omnicanal, aussi appelé phygital ou digitalisation des points de vente, est un modèle en train d'émerger. Il aura de plus en plus de sens. Les magasins ne disparaitront pas, mais ils ont intérêt à se doter d'outil digitaux, de...

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