En Languedoc-Roussillon, 33 villes sont en carence de logements sociaux

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Le gouvernement a publié le 15 avril la liste des 218 communes en France qui ne respectent pas le quota de logements sociaux imposés par la loi SRU. La région Languedoc-Roussillon se place en 3e position derrière PACA et l’Île-de-France. Décomptes.

Le 15 avril en Conseil des ministres, la ministre du Logement et de l'Égalité des territoires, Sylvia Pinel, a détaillé les 20 actions pour améliorer la mixité sociale dans les quartiers, visant une meilleure répartition des logements sociaux dans tous les quartiers et le renforcement de l'efficacité de la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU), obligeant les communes des agglomérations de plus de 50 000 habitants à se doter de 25 % de logements sociaux d'ici 2025.

Sont donc pointées du doigt dans une liste rendue publique les 218 communes dites « carencées », c'est à dire celles qui n'ont pas réalisé l'objectif qui leur était assigné de créer des logements sociaux durant la période 2011-2013.

La région PACA est en tête de palmarès, avec 86 communes qui ne respectent pas le quota imposé par la loi SRU. Puis vient l'Île-de-France, avec 40 communes carencées.

Le Languedoc-Roussillon monte sur la 3e marche du podium, avec 33 communes hors des clous.

La palme revient à Saint-Georges-d'Orques (34) qui n'a construit aucun des 46 logements sociaux qui lui étaient demandés sur la période 2011-2013, et voit donc ses pénalités multipliées par 3.

Parmi les mauvais élèves également : Gruissan (11), Les Angles (30), Saint-Privat-des-Vieux (30), Sérignan (34), Villeneuve-les-Béziers (34), Vias (34) et Vendargues (34) qui voient leurs pénalités multipliées par 2,5.

Les pénalités de carence sont multipliées par 2,2 pour Rochefort-du-Gard (30). Et par 2 pour Marguerittes (30), Poulx (30), Balaruc-les-Bains (34), Valras-Plage (34) ou Canet-en-Roussillon (66).

Dans ces 33 communes aujourd'hui prises en défaut, l'objectif de logements sociaux à construire était de 2 549 sur la période 2011-2013 : 1 006 ont été réalisés.

En Midi-Pyrénées, seules trois communes sont en situation de carence de logements sociaux.

« Il y a de grandes similitude entre le Languedoc-Roussillon et PACA, qu'on ne retrouve pas en Midi-Pyrénées, commente Denis Rey,  directeur d'URO Habitat. Nos deux régions comptent des zones contraintes  plus qu'ailleurs : si on enlève la loi Littoral, les infrastructures ferroviaires et routières, les contraintes géographiques, le reste à construire en PACA et Languedoc-Roussillon devient plus compliqué à mobiliser. Les deux régions ont des fonciers hors de prix qui rendent difficile l'équilibre des opérations en logement social, car on ne peut pas augmenter les loyers indéfiniment. L'important, c'est de comprendre pourquoi le travail n'est pas fait. Les villes ne sont pas forcément blâmables. »

Prenant l'exemple de Gruissan (qui n'a réalisé aucun des 18 logements sociaux prescrits entre 2011 et 2013), il rappelle une opération récente mais très complexe de logements sociaux que le maire Didier Codorniou a eu toutes les peines à monter (quatre ans).

« De plus, Gruissan fait partie depuis peu des villes contraintes par la loi SRU, ajoute Didier Rey. Et une multitude de communes sont dans ce cas. Le troisième point délicat et dont on parle rarement, c'est la crainte, dans nos régions plus qu'ailleurs, que suscite l'arrivée de certaines populations dans les logements sociaux. Et qui contribue à noircir la carte politique, le Front National nourrissant son discours de ces difficultés. »

Pour accélérer le développement du parc social dans les communes qui ne respectent pas leurs obligations de production, la ministre invite les préfets à recourir aux outils prévus par la loi SRU, comme le droit de préemption, la reprise de l'instruction du permis de construire, la limitation de la création de logements sociaux dans les quartiers où il y en a déjà plus de 50 %, et la cession du foncier public.

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