Immobilier neuf : Yvivre lance une solution digitale d’habitat collaboratif

Inverser le système de promotion immobilière et réinventer la copropriété, en permettant aux acquéreurs d’un appartement neuf en collectif de concevoir et personnaliser leur futur logement. Telle est l’ambition de la start-up montpelliérain Yvivre, via une solution digitale.
Cécile Chaigneau
Yvivre a candidaté (avec Les Nouveaux Constructeurs, Fresh Architectes, Yvivre, Oasiis, R-Use) sur l’appel à projet Inventons la Métropole du Grand Paris 2 : son opération L'art de la Mode, sur le site de Pantin-Méhul, figurait parmi les finalistes.
Yvivre a candidaté (avec Les Nouveaux Constructeurs, Fresh Architectes, Yvivre, Oasiis, R-Use) sur l’appel à projet "Inventons la Métropole du Grand Paris 2" : son opération "L'art de la Mode", sur le site de Pantin-Méhul, figurait parmi les finalistes. (Crédits : DR)

L'ambition est haute : « Révolutionner les modèles de production du logement pour proposer une manière plus vertueuse et responsable d'habiter ». Elle est portée par deux jeunes architectes montpelliérains, Thomas Landemaine (gérant du cabinet d'architecture TLA) et Olivia Frapolli, qui, observant le marché de l'immobilier neuf, la nécessité de densifier, la montée des prix et l'uniformisation et la réduction en superficie des logements, viennent de mettre au point un outil digital de co-matching entre acquéreurs et de co-programmation des espaces d'un futur ensemble de logements collectifs.

Baptisée Yvivre, cette solution propose aux acquéreurs d'un appartement neuf d'être actifs dans la démarche en personnalisant leur logement mais aussi en choisissant avec leurs futurs voisins les espaces de copropriété.

« Je travaille beaucoup pour promoteurs privés, constate Thomas Landemaine. A Montpellier, la grande majorité des logements neufs sont vendus à des investisseurs qui loueront leur bien, ce qui amène à créer des immeubles hors sols, les propriétaires n'étant pas impliqués dans l'immeuble. Nous proposons de produire de l'habitat collaboratif, avec une programmation inclusive. On définit le programme sur mesure pour 100 % de propriétaires occupant, ce qui revient à réinventer la copropriété. »

Habitat collaboratif

En développement depuis un an, l'entreprise a été créée en juillet 2018 par Thomas Landemaine, Olivia Frapolli mais aussi Jérémie Guillaume, cofondateur de Snapkin (modélisation 2D/3D pour les professionnels du bâtiment et de l'architecture) et Fabien Leprovost, fondateur de l'agence de communication Oxynel. Yvivre est incubée au BIC depuis février 2019.

Comment ça marche ? Les fondateurs revendiquent les valeurs de l'habitat participatif dans une démarche « d'habitat collaboratif ».

« Yvivre a développé une application qui permet aux gens de se regrouper, explique Thomas Landemaine. On inverse système de promotion actuelle : le terrain a été choisi par un promoteur et est présenté aux futurs acquéreurs avec toutes ses caractéristiques (nombre de m2 constructibles, espaces verts, services de proximité, etc. - NDLR). Les gens intéressés s'inscrivent sur le projet et entrent leurs différents critères et besoins. Ils s'inscrivent dans un groupe pour rencontrer les autres potentiels acquéreurs et affiner le programme, notamment en matière d'espaces partagés. Enfin, la sélection se fait, avec un groupe homogène. L'application accompagne l'acquéreur dans la définition des espaces privés et partagés et la mise au point d'une charte de copropriété. »

Économies promises pour le promoteur et pour l'acquéreur

C'est ensuite le promoteur qui prend en charge la construction de l'immeuble, suivant la formule classique de la VEFA (vente en l'état de futur achèvement) jusqu'à la livraison.

« L'avantage pour les promoteurs, c'est qu'ils diminuent leurs frais financiers et suppriment les frais de commercialisation, l'opération ayant déjà trouvé ses acquéreurs. Il n'existe pas de base légale sur ce type de format, on doit tout inventer. On est vraiment dans un village vertical, avec l'ambition de ramener des propriétaires occupant en cœur de ville, dans des logements personnalisés, pourquoi pas un T2 de 70 m2 par exemple, ou un T3 très compact. »

Quant aux acquéreurs, Yvivre leur fait la promesse d'un logement sur-mesure au prix du standard et d'une réduction de l'investissement grâce aux espaces partagés financés par plusieurs copropriétaires.

Autre innovation visée par les architectes : changer le mode de construction en rendant les façades porteuses (et non les murs intérieurs), afin de sortir de structures figées et de permettre l'évolution des plateaux à l'intérieur de l'immeuble.

Une 1e opération à Montpellier

Selon Thomas Landemaine, cette solution est « observée attentivement par les pouvoirs publics ». Et a déjà séduit des promoteurs.

« Certains candidatent avec nous. Par exemple, le Montpelliérain Kalelithos Promotion, avec qui nous menons une première opération dans le quartier des Aubes à Montpellier, sur un foncier privé. Il sera lancé en septembre, pour un immeuble de 900 m2 de surface de plancher, en R+6. Nous avons déjà enregistré entre 15 et 20 demandes. »

Les fondateurs d'Yvivre ambitionnent aussi de lancer une opération-test sur un foncier emblématique de la ville de Montpellier, avec un bâtiment 100 % énergie renouvelable.

« Nous voulons proposer une opération vertueuse idéale, libérée de toute contraintes d'urbanisme, pour innover. L'objectif étant de montrer que ça marche et de créer une communauté. »

Yvivre a aussi candidaté un peu partout en France, « notamment sur des fonciers d'aménageurs publics. A Paris réinventer le Grand Paris, on est arrivé 2e sur 5 en juin dernier », souligne Thomas Landemaine. En attendant de se lancer sur le marché de la réhabilitation ou celui des bureaux.

Cécile Chaigneau

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