Immobilier : les notaires livrent la photographie d’un marché dynamique

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Les données des transactions immobilières moulinées par les notaires révèlent des marchés contrastés selon où l’on se trouve dans la région. Globalement, le territoire reste dynamique, même si le neuf marque le pas. Les prix, eux, continuent leur progression…

Partout en France, du 30 septembre au 5 octobre, les notaires organisent la 1e édition de la Semaine de l'immobilier, l'occasion pour eux, réglementairement interdits de publicité à titre individuel, de communiquer sur leur profession auprès du grand public. C'est dans ce cadre que le Conseil régional des notaires de la Cour d'appel de Montpellier (départements de l'Hérault, l'Aude, l'Aveyron et les Pyrénées-Orientales) a présenté les statistiques immobilières de leur territoire.

« Les chiffres de juillet 2018 à juin 2019 que nous communiquons sont issus de la base Perval, nourrie de 20 millions de références immobilières. Ils sont donc le reflet réel du marché », assure en préambule Arnaud Rasigade, notaire à Pézenas (34) et président depuis juin 2019 du Conseil régional des notaires de la région de Montpellier.

Tous biens confondus, l'évolution annuelle du volume de ventes affiche une croissance de 2 %, avec une hausse de 5 % et 4 % pour les appartements anciens et maisons anciennes, une baisse de 10 % et 5 % pour les appartements neufs et les terrains à bâtir. Un « rattrapage de + 8 % » a été enregistré dans l'Aveyron, moins touché par la crise que le marché héraultais.

Stabilité sur le marché ancien

Sur le marché héraultais, c'est la baisse des volumes de ventes d'appartements neufs qui est la plus prégnante, - 16,4 %, confirmant les tendances observées par le bureau d'études montpelliérain Adéquation. Dans le même temps, les ventes ont augmenté de 6,4 % et 2,9 % pour les appartements et maisons dans l'ancien, et diminué de 1,8 % sur les terrains à bâtir.

« Le marché de l'ancien se maintient globalement, commente Arnaud Rasigade. Le plus gros volume de transactions en neuf se fait sur la métropole de Montpellier. Le PLUI (Plan local d'urbanisme intercommunal, NDLR) est en cours et en attendant, les communes ont ralenti le nombre de terrains à bâtir mis sur le marché. Sur le logement neuf, le ralentissement se poursuivra probablement jusqu'à la sortie du PLUI, annoncé en 2021, mais qui sortira sûrement au mieux en 2022. »

Prix : Montpellier dans le Top 3 des préfectures du sud

Sur le marché de l'ancien, les prix sont en augmentation sur l'Occitanie de 3,2 % sur les appartements et de 2,9 % sur les maisons, contre 4,3 et 2,4 % dans toute la France. La hausse est la plus marquée sur l'Hérault (+ 2,6 %), et la moins forte sur l'Aveyron (+ 1,4 %).

Le prix au m2 médian des appartements anciens est de 2 260 € (+ 1,1 %) sur le territoire de la Cour d'appel de Montpellier, en dessous donc du prix médian en province (le reste de la France, hors Ile-de-France) qui se situe à 2 300 €. C'est l'Hérault, avec un prix au m2 de 2 590 € (revenu au niveau de 2009) qui fait grimper la moyenne (1 850 € dans l'Aude, 1 760 € dans les Pyrénées-Orientales, 1 280 € dans l'Aveyron).

Montpellier se situe en 2nde position du Top 3 des préfectures : 2 680 €/m2 à Toulouse, 2 610 € à Montpellier, 2 330 € à Marseille. Et sur le littoral languedocien, les prix montent : 3 160 € en moyenne (jusqu'à 4 090 € à Palavas-les-Flots), à l'exception du marché sétois où les prix chutent légèrement, de 0,8 % (2 410 €/m2).

Maison ancienne : bientôt un luxe...

Sur le marché des maisons anciennes, les prix sont tirés vers le haut par la région de Montpellier : le prix de vente médian est de 175 000 € (+ 2,9 %) sur les 4 départements de la Cour d'appel (contre 161 800 € en province), de 216 800 € (+ 3,2 %) sur l'Hérault et de 296 500 € (+ 2,3 %) sur la métropole de Montpellier.

« Dans l'Hérault, et notamment à Montpellier et sur sa couronne, ça va devenir un luxe d'avoir une maison individuelle tellement il y a nécessité de construire à la verticale, souligne Me Isabelle Perrein, notaire à Montpellier et déléguée à la communication du conseil régional. Comme les prix de maisons individuelles augmentent sur la région de Montpellier, les gens achètent plus loin. »

Selon la projection à partir des avant-contrats à fin octobre 2019, les prix devraient légèrement baisser (- 0,3 %) pour les appartements anciens, et augmenter (+ 1,6 %) pour les maisons anciennes.

Logement neuf : les prix caracolent dans l'Hérault

Les appartements neufs affichent, eux, un prix médian au m2 de 3 670 € (- 1,1 %) sur le territoire de la Cour d'appel de Montpellier, contre 3 760 € en province.

« Avec un prix médian au m2 de 3 870 €, l'Hérault se maintient au-dessus du prix moyen en province depuis plus de dix ans, ajoute Me Rasigade. Il est de 4 400 € sur Montpellier, 4 020 € sur la périphérie de Montpellier, et de 3 110 €, en baisse, sur Béziers. »

Enfin, sur les terrains à bâtir, la région affiche un prix de vente médian de 82 500 € (+ 3,2 %) - « en hausse permanente sans accros », affirme Arnaud Rasigade - contre 58 500 € en France. L'Hérault à lui seul a enregistré une hausse de 9 % du prix (à 109 000 €) du fait « d'un produit très recherché, spécialement depuis 2016 », et même 10,4 % en périphérie montpelliéraine (à 139 900 €) et les Pyrénées-Orientales une baisse de 4,7 % (à 76 400 €).

« Concernant le profil des acheteurs, les chiffres révèlent que la région accueille plus de population extérieure au département qu'ailleurs en France, venant pour les études, le travail, la retraite, la qualité de vie, conclut Me Rasigade. 64 % sont originaires du même département contre 75 % ailleurs. »

Les acquéreurs de moins de 40 ans représentent 33 % des acquéreurs (45 % en province), de 40 à 60 ans 42 % (38 % en province), et de 60 ans et plus 25 % (17 % en province).

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