French PropTech Tour : quand l’immobilier se digitalise à tous les étages

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Le French PropTech Tour est passé par Montpellier les 29 et 30 octobre 2019.
Le French PropTech Tour est passé par Montpellier les 29 et 30 octobre 2019. (Crédits : Cécile Chaigneau)
Les entrepreneurs de la French PropTech se donnent de la visibilité. Ce mouvement, né en juin 2018 à Montpellier et Nantes avant de s’étendre au niveau national, a initié un tour de France dont l’objectif est de diffuser les nouvelles pratiques digitales des métiers de l’immobilier. Cette tournée faisait une halte à Montpellier les 29 et 30 octobre.

Les start-ups de la PropTech révolutionnent le secteur de l'immobilier et du bâtiment. La formule est désormais ultra-consacrée et il est admis que ce secteur, resté longtemps sur ses acquis traditionnels, fait sa mue numérique.

Le « French PropTech Tour », initié par le mouvement d'entrepreneurs French PropTech (né à Montpellier et Nantes en juin 2018), fait étape à Montpellier les 29 et 30 octobre. Pour l'occasion, les organisateurs ont colonisé l'immense scène de l'Opéra Comédie, pour y aménager plusieurs mini-salons de discussion, le studio technique de Radio Immo, ainsi que deux studios fermés destinés à accueillir les « démonstrateurs de la French PropTech ».

« Aujourd'hui, l'association French PropTech compte plus de 140 entrepreneurs (une quinzaine à Montpellier, NDLR) qui innovent dans l'immobilier et le bâtiment, souligne d'emblée Pierre Leroy, cofondateur de EP à Nantes et président de la French PropTech. Le secteur fait face à des problèmes de défiance de ses acteurs, d'efficience - on enregistre 10 Mds € de malfaçons sur des chantiers en France ou 90 jours de délai moyen de transaction - ou encore d'une concurrence importante des géants du numérique... Il faut mettre de la technologie au service du vivre ensemble ! »

Le syndrome de la porte close

Les acteurs de l'acte de bâtir la ville ne peuvent faire l'économie de s'adapter aux évolutions sociétales et aux besoins des populations. Le vice-président de la French PropTech, Michaël Lalande, cofondateur d'Idealys à Montpellier, développe des services innovants pour l'habitat dans cet esprit : « On met des services dans les logements pour permettre aux gens de se connecter entre eux. On observe le syndrome de la porte close : des milliers d'amis sur les réseaux sociaux mais des gens qui ne connaissent pas leurs voisins ! Concernant la mobilité, aujourd'hui, les jeunes générations prennent le tram, un vélo, et louent leur véhicule au lieu de l'acheter, le rapport à la propriété a changé. Le principe du parking mutualisé est basé là-dessus : il y a 5 ans, on enregistrait encore 80 % d'utilisation de la voiture pour aller travailler, seulement 54 % pour les personnes vivant à Port Marianne. Et d'ici 2030, on tombera à 34 %. Quand on fabrique la ville, on doit l'imaginer à 100 ans... ».

Les métiers de l'immobilier sont donc en pleine double transition, écologique et numérique, et explorent les solutions mises sur le marché. Une quarantaine de start-ups françaises ont ainsi fait le déplacement à Montpellier pour se présenter au sein des « démonstrateurs » : cinq thématiques (« montage et conception », « commercialisation du neuf », « gestion de l'actif tertiaire », « nouveaux usages dans l'habitat », et « transactions dans l'ancien ») pour cinq démonstrateurs, présentant des solutions numériques pour chacune des différentes étapes métiers.

Règles d'urbanisme, maquette numérique, luminosité

Entre le montage et la conception d'une opération immobilière, de la prospection foncière à son financement, les outils se multiplient.

  • PROSPECTER ? Le moteur de recherche d'informations immobilières Joyom (Nantes) facilite la recherche de terrain et de bien immobilier pour les agents immobiliers, les constructeurs et promoteurs. L'outil propose des informations ciblées pour chaque bien : réglementation d'urbanisme, prix estimé, points d'intérêt, historique des transactions, biens similaires vendus à proximité, contact du propriétaire. A Lyon, Promolead développe un outil de gestion et d'optimisation de la prospection foncière, qui cible des terrains sur le cadastre, visualise le PLU, gère le suivi des actions de prospection, donne accès aux contacts des propriétaires, et facilite le management des équipes de prospecteurs. Depuis Valbonne - Sophia-Antipolis, les 80 urbanistes (sur 160 salariés) du cabinet d'urbanisme Preventimmo fournissent des notes de renseignements d'urbanisme réglementaires en ligne, à même de sécuriser les opérations et à rassurer les opérateurs, puis des études de constructibilité
  • CONCEVOIR ? Bloc in Bloc (Nantes) propose d'ajouter de la réalité virtuelle à la maquette numérique en amont et en aval d'un projet immobilier. Elle permet de superposer cette maquette numérique sur la réalité afin notamment de visualiser le bâtiment dans son environnement, mais permet aussi de partager les informations entre les différents acteurs du projet, et de valoriser le patrimoine en l'utilisant en exploitation d'un immeuble. La start-up parisienne Smart Hab se présente comme la plate-forme de logements intelligents et connectés par intégration de domotique nativement dans les projets. Chez Solen (Paris), on promet de rendre les logements plus lumineux « sans impact sur le coût de construction » grâce un algorithme qui calcule l'ensoleillement et la luminosité des logements à partir des plans, de la modélisation de l'immeuble et de l'impact du soleil sur chaque logement.
  • FINANCER ? La plate-forme de crowdfunding Fundimmo (Paris) propose de compléter le montage financier d'une opération.
  • CONSTRUIRE ? La start-up de Saint-Ouen AOS (Appel d'Offre Simplifié) propose aux promoteurs immobiliers, entreprises générales, entreprises du bâtiment ou encore maîtres d'œuvre, un logiciel qui facilite leurs procédures d'appels d'offres. L'outil centralise les éléments nécessaires à la consultation d'entreprises, offre un pilotage à distance de ces consultations et une visibilité en temps réel des différents lots.
  • SECURISER LA COPROPRIETE ? A Vincennes, MeilleureCopro propose d'analyse les dépenses de la copropriété́, de négocier (ou renégocier) l'ensemble des contrats avec les prestataires (en place ou avec de nouveaux), et de superviser la mise en place de mesures destinées à engendrer des économies.

Moderniser la transaction dans l'immobilier ancien

Métier traditionnel s'il en est, la transaction dans l'immobilier ancien fait elle aussi sa révolution digitale.

  • PROSPECTER ? Le moteur de recherche d'informations immobilières Joyom (Nantes) dispense ses solutions de la même manière qu'en prospection foncière (voir ci-dessus).
  • COMMERCIALISER ? La start-up nantaise Kadran met à disposition en ligne des professionnels de l'immobilier des salles de vente virtuelles pour des enchères interactives (dégressives ou progressives). Et promet aux agents immobiliers dans l'ancien de se démarquer en augmentant leur taux de mandats exclusifs. Mais comment s'assurer de la réalité financière des acheteurs ? A Montpellier, Switfi s'engage à vérifier la capacité d'emprunt de futurs acquéreurs d'un bien immobilier grâce à un nouveau modèle de courtage immobilier (estimation rapide, dossier de prêt totalement dématérialisé...) en simplifiant les démarches pour les particuliers et les professionnels de l'immobilier et réduisant les délais. L'outil de CityScan (Valbonne - Sophia Antipolis) propose d'évaluer l'emplacement d'un bien immobilier et d'en valoriser les points forts. Enfin, la plate-forme collaborative MyNotary (Paris) assure un suivi administratif efficient des démarches commerciales entre les différents acteurs impliqués dans la vente (acquéreurs, vendeurs, notaires, banques, assurances et agents).
  • SOIGNER SA E-REPUTATION ? Parce qu'il n'y a pas de raison que l'immobilier s'exonère de soigner sa réputation en ligne, la start-up nantaise Immodvisor s'est spécialisée dans les avis sécurisés des clients immobiliers, assurant qu'un professionnel bien noté rassurera le futur client.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2019 à 9:43 :
Toutes mes félicitations pour cette nouvelle initiative. Il est vraiment regrettable que vous n'ayiez pas informé vos lecteurs de la tenue de cette manifestation. Cécile (Chaigneau), il faut vous tirer les oreilles. Pour être plus sérieux, merci à La Tribune d'être à la pointe du débat économique en Occitanie. Jean-Claude (Gallo), sachez que depuis plusieurs années, je me régale d'être présent à vos conférences. Les derniers Wine Awards à Nîmes ont été une très grande réussite. On y a appris beaucoup de choses.

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