Covid-19 : « On veut une directive claire » (B. Dumas, FFB Occitanie)

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Bruno Dumas, président de la FFB Occitanie.
Bruno Dumas, président de la FFB Occitanie. (Crédits : DR)
Le président de la FFB Occitanie est sur le pont. En pleine crise du Coronavirus, les entreprises attendent un mot d’ordre clair du gouvernement concernant la poursuite de l’activité ou non… Tour d’horizon des inquiétudes du secteur avec Bruno Dumas.

Quel est le mot d'ordre de la FFB à ce jour concernant la poursuite ou non des activités ?

« Tout comme la Capeb, notre position c'est de conseiller à nos adhérents de cesser toute activité et de ne pas exposer leurs salariés durant au moins les 15 jours décrétés par le gouvernement. D'ailleurs, les maîtres d'ouvrage ont, en général, relayé cette même directive. N'empêche que nous avons des interventions sur des chantiers qui le nécessitent, notamment pour des mises en sécurité, et nos salariés rencontrent des difficultés parfois car les gendarmes les contrôlent et les verbalisent suivant les consignes de la préfecture. Et ce malgré l'attestation de déplacement professionnel qu'ils présentent. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de directives gouvernementales. C'est ça que nous attendons ! La demande au niveau national, c'est un décret d'arrêt des chantiers pour nous mettre dans une situation claire et nette car aujourd'hui, cela représente trop de responsabilité de choix pour les entreprises, et cela crée de la confusion. »

Quelles sont les demandes qui vous remontent des chefs d'entreprises du BTP aujourd'hui ?

« Ils veulent des mots d'ordre, de la clarification. Et ils ont bien sûr des questions sur le chômage partiel et les risques encourus par les salariés en cas de continuation du travail. Et très vite arrivera le problème de la trésorerie... »

Les différents dispositifs d'aides mis en œuvre par le gouvernement, la Région, les banques, etc., sont-ils suffisamment clairs et accessibles pour les entreprises ?

« Toutes les fédérations départementales sont ouvertes et disponibles pour répondre aux adhérents. On a demandé mardi au Préfet de région de faire partie de la cellule de crise dans les préfectures départementales et ainsi être au plus près des entreprises... La plate-forme sur laquelle faire les déclarations de chômage partiel a été saturée, et c'était prévisible que ça arrive, mais on a 30 jours rétroactifs pour faire les déclarations donc ça va. Concernant les mesures de soutien de prêts, il semblerait que les banques aient prévenu sur les reports de crédit donc cela semble bien pris en compte. Les Urssaf et autres organismes ont bien prévenu qu'il n'y aurait pas de prélèvement de cotisations sociales. Aujourd'hui, on n'observe pas d'affolement. »

A Toulouse, le maire avait annoncé vouloir profiter de la fermeture des écoles pour engager des travaux qui étaient prévus mais pas forcément urgents, avec l'idée de remplir le plan de charge des entreprises du bâtiment. Qu'en pensez-vous ?

« Si le gouvernement décrète l'arrêt des chantiers, ce ne sera pas possible... Mais je préfère que les maîtres d'ouvrage publics soient présents dès la levée du confinement pour faire en sorte que la machine reparte très vite, qu'ils forcent la commande publique pour que notre activité soit sauvée pour 2020. »

Quelles sont vos inquiétudes majeures pour les prochains mois ?

« La trésorerie. Il faut vérifier qu'il n'y a pas d'entreprises qui seraient mises en défaillance. D'autant qu'on était dans une activité qui se portait bien jusqu'à présent, qu'il y a du travail, et des carnets de commandes bien pleins... »

Quel est votre recommandation aujourd'hui ?

« Il faut s'en remettre au gouvernement et obéir aux mesures, faire preuve de civisme et de solidarité, et se ternir prêt à repartir quand tout sera derrière nous. »

MAJ - 19 mars 2020 18 h 15 : Dans un courrier adressé au Préfet de la région Occitanie, le président de la FFB Occitanie Bruno Dumas s'inquiète et interroge le représentant de l'Etat : « Depuis ce matin, on porte à notre connaissance que l'on reprocherait à notre secteur d'activité d'avoir arrêté le travail (y compris nos fournisseurs), en expliquant que nous aurions réagi de façon exagérée et que nos entreprises n'étaient pas concernées par les fermetures. [...] Cette position est incompréhensible, inacceptable pour les entreprises, incohérente au regard des déclarations du Président de la République. Monsieur le Préfet, on ne peut pas demander aux entreprises et aux citoyens tout et son contraire, le confinement et la poursuite d'activité, des vertus citoyennes et une absence de moyens de protection individuelle disponible. [...] Nous ne voulons pas que, demain, les chefs d'entreprises s'entendent dire, en cas de contamination aggravée, que c'est de leur faute parce qu'ils auraient forcé leurs salariés à aller au contact d'autres personnes sur leurs chantiers. [...] Dès lors, [...] nous souhaitons avoir quelques précisions sur l'application des mesures annoncées dans la mesure ou nos activités ne mettent pas en présence de manière simultanée plus de 100 personnes dans un milieu clos ou ouvert et ne relèvent pas dans ces conditions de l'interdiction prévue à l'article 2 de l'arrêté du 14 mars 2020. [...] Les entreprises du Bâtiment et des Travaux publics ne peuvent être les variables d'ajustement de mesures sanitaires et d'un semblant de poursuite d'activité économique ».

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