L’UIMM LR veut devenir "centre d’accélération de l’industrie du futur"

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L'UIMM Occitanie LR, basée à Baillargues, accueillait une nouvelle étape du French Fab Tour le 4 juin à Baillargues
L'UIMM Occitanie LR, basée à Baillargues, accueillait une nouvelle étape du French Fab Tour le 4 juin à Baillargues (Crédits : UIMM Occitanie LR)
A l’occasion du French Fab Tour, qui faisait une étape le 4 juin à l’UIMM Occitanie LR, cette dernière a annoncé des investissements d’envergure et une ambition : faire du site l'un des 15 centres d’accélération de l’industrie du futur, annoncés par le gouvernement en 2018.

L'UIMM Occitanie LR veut être le catalyseur des énergies industrielles. Elle s'appuie notamment sur son centre de ressources et centre de formation de Baillargues (34), baptisée Station M, et dont elle veut faire une vitrine de l'industrie sur le territoire.

C'est justement à la Station M qu'avait choisi de s'arrêter, le 4 juin, le French Fab Tour, une tournée à travers toute la France, destinée à promouvoir l'industrie, à susciter des vocations chez les jeunes, à proposer des offres d'emploi et à co-construire l'industrie de demain.

« Nous sommes fiers, dans l'industrie : la région Occitanie compte plus de 200 000 emplois dans ce secteur et c'est la seule région de France en croissance positive en termes de création de postes, souligne Luc Martin, président de l'UIMM Occitanie LR, et dirigeant d'Optitec à Vendargues. Aujourd'hui, on est dans une phase de mutation, on parle enfin un peu plus de l'industrie ! Nous avons un grand projet pour la Station M de Baillargues : nous allons faire un investissement de presque 8 M€ à Baillargues. L'objectif est de former plus 600 apprentis par an, contre 500 aujourd'hui, et d'être plus agiles dans l'accompagnement des entreprises. »

Un lieu totem de l'industrie

Le projet portera sur « une refonte du site de l'UIMM à Baillargues », avec une extension, c'est-à-dire la construction d'un nouveau bâtiment qui accueillera notamment un espace dédié à l'industrie du futur.

« Nous voulons être un lieu totem de l'industrie, un endroit où les entreprises industrielles peuvent se retrouver, s'informer, s'acculturer, innover, explique Simon Philibert, secrétaire général de l'UIMM Occitanie LR. Nous voulons faire de la Station M, en lien avec la Cité de l'économie et des métiers de demain*, un centre de ressources industrielles et une sorte de show-room où installer des démonstrateurs de l'industrie du futur mais aussi un endroit où les entreprises industrielles régionales pourront montrer ce qu'elles font. Nous voulons héberger, d'ici 2020, un fab-lab pour accompagner les projets. »

Le permis de construire devrait être déposé d'ici la fin de l'année. Et l'UIMM régionale voit loin : « Nous sommes ambitieux et nous postulons pour être labellisés "centre d'accélération de l'industrie du futur" (annoncés par le gouvernement en décembre 2018, 15 à 20 centres devraient être créés à terme en France - NDLR) », lance Luc Martin.

Les mentalités ont évolué

Le French Fab Tour était notamment l'occasion de plusieurs tables rondes portant sur le renforcement de l'industrie du futur dans la région mais aussi sur les besoins en compétences.

« Le but du jeu du pôle Formation de l'UIMM, c'est de répondre aux besoins en compétences des entreprises, autant dans le numérique que dans la production, souligne Simon Philibert. Les formations s'adaptent donc en permanence. Nous formons 600 alternants par an et l'objectif est d'augmenter ce chiffre de 50 % en cinq ans. En formation initiale, le taux d'insertion est de 85 % dans les six mois. »

L'une des problématiques majeures du secteur de l'industrie reste pourtant la difficulté à recruter.

Simon Philibert confirme : « Le besoin existe dans tous les corps de métiers, qui sont peu connus, des ingénieurs aux opérateurs de production. Le besoin en recrutements dans l'industrie est estimé à 150 000 personnes par an au niveau national. Pourtant, c'est un secteur qui bouge et où la mobilité sociale existe vraiment... Heureusement, les mentalités ont évolué depuis deux ans et aujourd'hui, on s'accorde à dire que l'industrie est un secteur d'avenir. Les candidats sont donc plus motivés, avec projets plus matures ».

« Les futurs salariés choisissent leur entreprise »

« Le paradoxe dans le département, c'est un taux de chômage élevé, 12,5 %, une croissance forte et une dynamique de l'emploi, et pourtant des difficultés de recrutement de plus en plus importantes, observe Joseph Sanfilippo, directeur départemental Pôle Emploi Hérault. Il y a peut-être un manque de qualification sur le marché du travail, que l'on essaie de compenser en recourant aux différents outils et dispositifs existant. Un autre facteur est la mobilité géographique et il faudra peut-être, par exemple, trouver des solutions de logement pour les gens qui viennent de loin. Enfin, il y a une mutation sur le marché du travail : les futurs salariés ont des exigences et choisissent leur entreprise. Il y a donc un sujet autour de la marque employeur à construire pour attirer les talents... La clé d'entrée, c'est le conseiller entreprise. »

Agnès Jullian, dirigeante de Technilum à Béziers, confirme : « Aujourd'hui, quand on recherche un candidat, on doit se vendre ! ». Et Christian Curel, président de l'entreprise montpelliéraine I2A, d'ajouter : « Le climat est certes attractif, mais les salaires parisiens sont bien plus élevés. On se heurte donc à cette problématique de rémunération ».

Pourtant, selon Simon Philibert, « les salaires sont 12 % plus élevés que dans d'autres secteurs »...

* Espace de prospective porté par le Conseil régional Occitanie, dont la mission sera d'aider les acteurs économiques à transformer leurs métiers et à mieux identifier les emplois de demain face aux mutations technologiques.

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