Jeu vidéo : la Région Occitanie annonce un nouveau dispositif d’aides

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(Crédits : Objectif 3D)
La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a confirmé le 6 juin, la création d’un nouveau dispositif d’aides aux entreprises de la filière du jeu vidéo. Des subventions plafonnées à 20 000 € chacune qui pourraient être insuffisantes, selon certains spécialistes du secteur.

Après plusieurs mois de concertation avec les professionnels du secteur, la Région Occitanie devrait entériner, le 17 juillet prochain, l'extension du "Pass Occitanie" (soutien financier de projets pour les entreprises de moins de 50 salariés) vers les industries culturelles et créatives (ICC) spécialistes du jeu vidéo.

Au "Pass Occitanie" viendrait s'ajouter une déclinaison spécifique pour la création dans ce secteur.

« Nous voulons prendre en compte la spécificité de cette partie créative sur les jeux vidéo, détaille Carole Delga. Ce sera un soutien à une démarche originale ou tournée vers des techniques nouvelles. Nos entreprises avaient fait des demandes mais nous n'avions pas d'aides publiques régionales adaptées. »

Le principe du dispositif pourrait rester une subvention rapide sur un montant plafonné à 20 000 €, rappelle-t-on à la Région. Le montant total de l'enveloppe attribuée aux "Pass Occitanie" en 2019 est de 20 M€. La collectivité n'a pour le moment pas de visibilité concernant le montant qui pourrait être réservé au secteur des ICC.

La 4e Région à déployer le dispositif

Le secteur représente plus d'une centaine d'entreprises, pour 600 emplois et une croissance de 10 % en un an.

Avec ce dispositif, l'Occitanie deviendrait la 4e Région de France à proposer une aide spécifique pour la filière, après l'Ile-de-France (dont l'enveloppe dédiée au secteur est de 1 M€), les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine.

« Cette annonce est un bon début, plaide Benjamin Dimanche, président de Push Start, l'association des professionnels du jeu vidéo du territoire. On espère une enveloppe d'au moins 1 M€ pour aider l'écosystème à grossir et se structurer. »

1,9 M€ pour Ubisoft

Chercheur à l'institut Digiworld Idate et spécialistes des ICC, Laurent Michaud est également le président de la commission d'attribution des aides au jeu vidéo pour la Région des Hauts-de-France. Il examine ainsi des dossiers de pré-production et de création, et peut attribuer des enveloppes allant jusqu'à 150 000 €, pour un budget total de 600 000 €.

« Développer un jeu mobile peut coûter près de 2 M€, et entre 200 à 300 000 € pour un jeu d'entrée de gamme, résume-t-il. Pour les plates-formes fixes comme les consoles ou le PC, les budgets peuvent varier entre 500 000 € et plus de 10 M€ pour les blockbusters. Les 20 000 € du Pass seraient intéressants pour une aide au premier jeu mais insuffisants. »

D'autant que Carole Delga annonce également une aide à la recherche et à la création pour le poids lourd Ubisoft (350 salariés à Castelnau-le-Lez) : d'un montant d'1,9 M€, elle aurait pour objectif d'aider le groupe à la création de 75 emplois supplémentaires. Ubisoft inaugurera ses nouveaux locaux de 4 500 m2 (toujours à Castelnau-le-Lez) le 17 septembre prochain.

2nde édition pour Occitanie ESPORTS

Cette volonté de pérenniser les emplois et la dynamique de cette filière se retrouve dans le soutien de la Région à l'E-sport et notamment à la seconde édition d'Occitanie ESPORTS 2019, qui se tiendra du 21 au 23 mai prochain, à la Sud de France Arena de Montpellier.

Cet événement réalisé en co-production par ESL, groupe international de divertissement digital, l'association FuturoLAN (organisatrice du plus grand rassemblement français de joueurs en réseau à Poitiers) et SPL Occitanie Events (dont la Région est gestionnaire), va réunir plus de 800 gamers à Montpellier, et 16 des meilleures équipes de Counter Strike au monde.

L'événement ambitionne de devenir la référence en E-sport dans les cinq ans à venir.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2019 à 8:36 :
On se doute que c'est insuffisant mais les investisseurs privés sont bien trop aliénés pour investir, préférant planquer leur pognon dans les paradis fiscaux tout en pillant les caisses publiques.

Hé les gars, dans un contexte de pillage d'argent public via des politiciens corrompus par la finance, dans lequel même la santé des dangers est directement menacée comprenez bien qu'elles ne peuvent plus grand chose les finances publiques...

Mais c'est vrai qu'à un moment tout ces gens bien placés aux bonnes intentions feraient mieux de dénoncer ce système plutôt que de faire semblant qu'il tourne encore correctement.

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