Montpellier crée un Conseil métropolitain de "l'industrie positive"

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Synia, qui a construit une nouvelle usine à Lavérune, va s'engager dans la nouvelle instance industrielle que lance la Métropole
Synia, qui a construit une nouvelle usine à Lavérune, va s'engager dans la nouvelle instance industrielle que lance la Métropole (Crédits : Synia)
"L'industrie positive" : tel est le nouvel axe stratégique de la Métropole montpelliéraine dévoilé, le 11 juillet, par son président Philippe Saurel. La feuille de route 2020-2040 prévoit de réunir les industriels dans une instance ad hoc et de porter une nouvelle image autour de secteurs différenciants.

Peut-on combler un déficit d'activité vieux de plusieurs siècles ? Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la Métropole, n'en doute pas : il dévoile, le 11 juillet, un nouvel axe stratégique autour de l"industrie positive", destiné à créer et diffuser une nouvelle image du tissu et du potentiel industriels montpelliérains alors que "le numérique et l'industrie 4.0 ont effacé les frontières entre l'industrie et les services".

"Depuis le Moyen-Âge, Montpellier a connu plusieurs phases industrielles autour de la chimie - à travers la production de vert-de-gris ou le traitement de matériaux comme le bois ou la faïence -, autour de métiers peu connus - tels que la briqueterie, la tannerie ou la ferblanterie -, ainsi que du chemin de fer et des dérivés viticoles. Seulement, la ville s'est tertiarisée à partir du XVIe siècle, autour de la fonction publique et de l'éducation, et elle n'a pas su développer de grandes industries comme Airbus et ses sous-traitants. Mais nous avons des atouts dans les nouvelles industries comme le numérique, les industries culturelles et créatives, ou la santé. Nous pouvons réunir ces énergies positives en travaillant par écosystème, qui associe les experts et les entreprises à la prise de décision, pour envisager un nouvel avenir industriel", justifie Philippe Saurel.

L'idée d'"industrie positive"

Première brique de cette démarche : la constitution d'un think tank placé sous la responsabilité de Gérard Lannelongue, conseiller métropolitain délégué à l'industrie. Dans l'optique de porter "une nouvelle image auprès des acteurs économiques", ce groupe de travail a d'abord dressé un panorama des bases industrielles existantes sur le territoire montpelliérain. Les points forts en sont le BTP, la construction et la métallurgie (4 Mds € de CA cumulé, 20 000 emplois), le commerce et la distribution (5,3 Mds €, 7 500 emplois), les transports et la mobilité (1 Md€, 6 000 emplois), la viticulture et l'agro-agri (800 M€, 7 000 emplois), ainsi que le tourisme, les sports et les loisirs (1 Md€, 6 500 emplois).

Surtout, ce virage stratégique se traduit par une approche centrée autour d'une idée-clef, déclinée avec son slogan et son propre logo : "l'industrie positive". Tout en réunissant divers secteurs industriels, cette signature doit être porteuse, selon Gérard Lannelongue, de nouvelles valeurs.

"La Métropole doit être pionnière dans les nouvelles technologies et l'innovation, responsable pour répondre aux enjeux et aux défis des générations futures, et engagée afin de développer l'innovation sociale et l'emploi", cite-t-il.

Naissance d'une nouvelle instance

La nouvelle stratégie métropolitaine ciblera en priorité trois nouvelles industries : les TIC (2,5 Mds €, 10 000 emplois), la santé et la pharmaceutique (2,5 Mds €, 50 000 emplois, dont 20 000 dans le secteur public), ainsi que l'énergie et l'environnement (3,4 Mds € hors CA du pétrolier Dyneff, 7 000 emplois). Pour la coordonner, Philippe Saurel annonce la création d'un Conseil métropolitain de l'industrie positive, qui associera des industriels, PME, start-ups et acteurs économiques divers.

Cette nouvelle instance, à compter du mois de septembre 2019, sera chargée de co-construire la nouvelle feuille de route industrielle de la Métropole pour la période 2020-2040. "Nous allons changer d'image en valorisant le "made in Montpellier", en accompagnant collectivement le développement économique, en optimisant l'offre foncière pour attirer de nouvelles entreprises, et en favorisant l'intelligence collective autour de nouveaux outils financiers et plates-formes technologiques", égrène encore Gérard Lannelongue.

Parmi les projets à dimension industrielle qui marqueraient le démarrage de cette nouvelle démarche, la Métropole met en avant le nouveau site d'EDF Renouvelables en préparation à Montpellier, la future usine (10 M€ d'investissement) de l'entreprise Main Gauche, le cluster privé autour de la radio que développe Radio Act et baptisé Caudio (ex-CoRadio), ou encore le projet de fablab et de centre d'accélération de l'industrie de demain que porte l'UIMM.

Lors de ces annonces, plusieurs groupes et entreprises appelés à participer à ce Conseil de l'industrie positive étaient présents et ont apporté leur caution à la démarche de la Métropole : EDF, Netia (logiciels pour l'automation radio, filiale de Radio Act), Synia (production d'étiquettes en relief) ou Seclab (solutions électroniques de cybersécurité).

"Les valeurs de l'industrie positive correspondent à notre approche : en tant qu'industriels, non seulement nous répondons aux besoins de nos clients, mais notre ambition dans l'industrie textile est de nous développer en marquant notre responsabilité sociétale et environnementale, en même temps que notre engagement pour l'emploi", affirme Kevin Bresson, marketing communication manager de Main Gauche (personnalisation de textiles pour les professionnels), qui prévoit de passer de 60 à 180 salariés d'ici 2020 après la livraison de son usine.

Enfin, la mise en route de cette nouvelle stratégie autour de l'industrie positive devrait aussi de traduire par l'organisation d'un événement thématique, à une date non précisée.

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