Comment Firmus recycle les eaux grises de la base Concordia en Antarctique

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L'entreprise héraultaise Firmus recycle les eaux grises, notamment pour la base antarctique Concordia.
L'entreprise héraultaise Firmus recycle les eaux grises, notamment pour la base antarctique Concordia. (Crédits : Firmus)
L’entreprise héraultaise Firmus est spécialisée dans le recyclage des eaux grises. C’est elle qui traite les eaux grises de la station antarctique Concordia. En vue de l’hivernage qui va démarrer, Firmus vient d’accueillir les techniciens de la base pour les former à sa technologie, qui leur offrira l’autonomie en eau.

Le procédé utilisé par l'entreprise héraultaise Firmus, c'est le traitement d'eaux et effluents à partir de techniques membranaires. Cette technologie a été conçue par Jean-Christophe Lasserre, aujourd'hui directeur technique de Firmus, dans le cadre de travaux de recherche conduits pour l'Agence spatiale européenne (ESA) sur le recyclage des eaux de douche et de condensation des vols spatiaux de longue durée.

C'est cette technologie membranaire qui est utilisée, depuis 2005, pour recycler les eaux grises (salle de bain et cuisine) et les rendre potables sur la base antarctique Concordia, station de recherche franco-italienne située à 1 600 km du Pôle Sud.

« Au début des années 2000, quand la France et l'Italie décident de construire la station Concordia, l'Institut polaire français, qui a construit la base, s'est tourné vers l'ESA pour adapter cette technologie, explique Pierre Magnes, le dirigeant de Firmus à Clermont-l'Hérault. Des essais ont été faits, le procédé a été testé au lycée de La Canourgue par Jean-Christophe Lasserre et le GIE Techno Membrane, puis mis en service en 2005 sur la station. Depuis le GIE a été dissout et avec Jean-Christophe Lasserre, nous avons repris cette technologie et créé Firmus. »

Autonomie et eau rare

La base polaire fonctionne toute l'année. Pendant six mois, d'octobre à février, elle est en totale autonomie et l'eau devient rare et précieuse. Les membres de la station, une quinzaine, doivent alors apprendre à vivre en réutilisant les grises, recyclées à plus de 80 %, dans les mêmes conditions que celles d'un équipage de vol spatial. Raison pour laquelle le système intéresse l'Agence spatiale européenne qui suit donc de près à ce qui se passe à la base Concordia.

Du 7 au 10 octobre, Firmus a accueilli des techniciens français de la base Concordia à Clermont-L'Hérault afin de les former, dans leurs locaux, au procédé de recyclage utilisé par la base.

« L'an dernier, nous avons décidé de remettre la technologie à niveau, avec notamment une nouvelle armoire électrique, précise Pierre Magnes. Jean-Christophe Lasserre va donc rejoindre la base Concordia en novembre et décembre afin de mettre le nouveau procédé en service. »

Un démonstrateur à Monaco

Forte de son expérience, l'entreprise (plus d'1 M€ de chiffre d'affaires en 2018), qui travaille essentiellement aujourd'hui pour des PME, des traiteurs d'eau et des grands groupes chimiques, souhaite désormais étendre le recyclage des eaux grises au grand public.

« C'est vraiment de l'économie circulaire il faut préserver l'eau potable, souligne Pierre Magnes. Je souhaite dupliquer cette technologie de recyclage des eaux grises dans d'autres secteurs comme l'hôtellerie ou les bâtiments d'habitation. Par ailleurs, nous réfléchissons aussi à comment optimiser l'ensemble du procédé en récupérant l'énergie des eaux grises traitées pour faire de l'eau chaudeNous avons créé un consortium avec des entreprises comme Dalkia Smart Building. »

Pour développer cette technologie, le dirigeant a créé en 2017 la société FGWRS, basée à Monaco, et construit un démonstrateur dans un hôtel. Connecté à quatre chambres, il renvoie les eaux grises sanitaires vers un condensateur de vapeur de la buanderie.

« Nous avons intégré l'incubateur MonacoTech et nous travaillons sur des projets de rénovation d'hôtels en France et des projets de construction d'hôtel à Monaco », ajoute Pierre Magnes.

FGWRS a obtenu le label Solar Impulse Efficient Solution, qui vise « à combler le fossé entre l'écologie et l'économie, en associant protection de l'environnement et viabilité financière ».

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