La Région Occitanie lance l’offensive sur la filière de l’éolien en mer flottant

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Le projet des Eoliennes flottantes du Golfe du Lion (EFGL), au large de Leucate, a opté pour les éoliennes de MHI Vestas Offshore Wind, d'une capacité de 10 MW.
Le projet des Eoliennes flottantes du Golfe du Lion (EFGL), au large de Leucate, a opté pour les éoliennes de MHI Vestas Offshore Wind, d'une capacité de 10 MW. (Crédits : MHI Vestas Offshore Wind)
À deux ans de la mise en service des fermes-pilotes et de la désignation des lauréats des futurs parcs commerciaux d’éolien flottant en Méditerranée, la Région Occitanie mobilise les forces en présence sur le territoire. Tout le monde est dans les starting-blocks pour activer le développement d’une filière dédiée.

« Nous souhaitons maintenant créer le collectif régional de l'éolien en mer en Occitanie », clame Pierre Benaïm, secrétaire général à la stratégie régionale de l'innovation de la Région Occitanie, le 30 janvier, devant une assemblée d'acteurs de cette filière naissante.

La collectivité, le Parlement de la mer et l'agence de développement économique Ad'Occ ont organisé une journée sur le thème « Quelle stratégie pour une filière éolien en mer flottant en région Occitanie ? », en partenariat avec le Pôle mer et Cemater.

L'ambition politique est de développer une filière régionale de l'éolien en mer flottant et des énergies marines renouvelables (EMR).

In fine, deux hubs de 750 MW en Méditerranée

En juin 2019, le gouvernement français annonçait une accélération du déploiement de l'éolien en mer et l'augmentation des objectifs des énergies marines renouvelables fixés dans le Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) : ce ne sont pas deux mais trois appels d'offres pour des parcs éoliens flottants commerciaux qui seront lancés, dont deux en Méditerranée (et non un seul) de 250 MW chacun, en régions Occitanie et PACA.

Les deux fermes commerciales auront vocation à être étendues de 500 MW supplémentaires permettant de profiter de raccordements électriques mutualisés (que RTE dimensionnera dès le départ dans cette optique). Les attributions de ces compléments pourraient intervenir dans le cadre d'appels d'offres vers 2025 pour former in fine deux hubs de 750 W.

En Occitanie, deux projets de fermes-pilotes sont en cours au large de Gruissan (projet EolMed, porté par Quadran Énergies Marines) et de Leucate (projet Éoliennes flottantes du Golfe du Lion-EFGL porté par Engie Green). Elles devraient être mises en service en 2022.

Le port de Port-la-Nouvelle (11) sera la base arrière et avant des deux futures fermes-pilotes, situées juste en face, au large. La Région Occitanie, propriétaire de l'infrastructure, y a prévu de gros investissements (230 M€) pour booster le trafic existant mais aussi pour accueillir les futurs projets EMR (comme le site industriel de production des flotteurs d'assemblage des éoliennes).

Désignation des lauréats en 2022

Quatre zones à potentiel ont été déterminées en juin 2018, situées entre 16 et 18 km au large du littoral. Le calendrier prévoit que les échanges entre les parties prenantes sur la définition des zones propices interviennent au 1e semestre 2020, avec une consultation du public fin 2020.

« Le lancement de la procédure de mise en concurrence se fera en 2021 pour une désignation des lauréats fin 2022 », précise Marie Barbat, à la Direction interrégionale de la Mer Méditerranée.

Matthieu Monnier, chez France Énergie Éolienne, explique pourquoi le choix du lauréat interviendra la même année que la mise en service des fermes-pilotes : « Le lauréat, retenu notamment sur des critères de prix, d'impact environnemental ou de capacité future à produire, se verra attribuer un permis-enveloppe avec l'exclusivité sur le développement d'un projet mais à ce moment-là, tout ne sera pas fixé, notamment les technologies utilisées ».

Les choix technologiques (fondations flottantes, turbines, etc.) et les autorisations administratives seront en effet effectués et accordées environ trois ans avant la mise en service des fermes commerciales, c'est-à-dire à horizon 2025-2026, pour une mise en service des parcs en 2028-2030. Soit un retour d'expérience de 6 à 7 ans.

Reste, d'ici là, à travailler sur la compétitivité des projets. Car le prix de sortie de l'électricité sera un critère majeur dans le choix des lauréats. Aujourd'hui de 240 € le MWh, il devra descendre de moitié pour attendre le prix-cible de 110 € le MWh...

De l'éolien terrestre à l'éolien offshore

« L'Occitanie fut le berceau de l'éolien terrestre en France », rappelle Matthieu Monnier, et on reconnait au territoire aujourd'hui une spécialisation sur les études environnementales mais aussi des compétences qui pourront être adaptées et déployées au service de l'éolien en mer.

Les premiers projets d'éolien en mer (posé) dans les régions Bretagne, Normandie et Pays de la Loire ont été accompagnés de plans industriels, et ont généré plus de 15 000 emplois directs et indirects. En Occitanie, selon l'Observatoire des énergies renouvelables, la filière naissante de l'éolien en mer (flottant) compte 71 ETP, a réalisé 2 M€ de chiffre d'affaires en 2018 et a investi 18,9 M€.

Les activités associées aux parcs éoliens iront de la construction à terre (fourniture d'accessoires et équipements, production et construction des flotteurs ou turbines, assemblage, production de câbles, logistique portuaire, logistique à terre et en mer pour le stockage et acheminement des outils et pièces détachées, etc.) à l'installation en mer (construction de navires spécialisés pour le transfert de personnels, installation des flotteurs et câbles sous-marins, création de bases de maintenance, services d'inspection sous-marines, ateliers de réparation, etc.). Autant de métiers et expertises requérant des compétences qui peuvent venir des secteur l'oil & gas, du génie civil ou de la mécanique.

« Ad'Occ a rencontré, depuis 2018, plus de 120 entreprises positionnées sur la chaîne de valeur de l'éolien en mer flottant, de tous secteurs d'activités et installées partout en Occitanie, pour échanger sur la stratégie énergies marines renouvelables, souligne Julien Ciglar, chargé de mission Énergies marines renouvelables chez Ad'Occ. Sur ces 120, 30 sont déjà positionnées sur les EMR. »

Outre un travail sur le volet formation, savoir-faire en présence et besoins des entreprises (piloté par la Région Occitanie), l'agence Ad'Occ annonce qu'elle va favoriser des partenariats avec des pays en pointe comme la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark ou la Norvège, afin de permettre des transferts de compétences et des partenariats d'entreprises.

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Commentaires
a écrit le 31/01/2020 à 9:01 :
C'est très intelligent au sein du pays qui comporte le plus vaste domaine maritime au monde, cela permettra de vous préparer quand nous aurons des hommes politiques ambitieux et dynamiques voyant l'opportunité immense de cet espace maritime. Générer des PME spécialistes dans le domaine et-c... dont nous pourrons profiter quand nous n'aurons plus de politiciens comptables et donc improductifs

C'est le moment de tout essayer, de tout roder, technologie, logistique, administratif, afin de pouvoir se déployer par la suite rapidement et efficacement, le seul problème étant qu'à part Ruffin, qui ne sera jamais président de la république car effrayant bien trop la finance européenne, je ne vois pas quel personnage politique aurait suffisamment d'intelligence et de puissance à savoir une absence de servilité vis à vis des riches, pour se lancer dans un tel projet.

Mais parfois avancer permet de faire avancer les autres.

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